L’humoriste Marie S’infiltre prise à partie dans un café parce qu’elle était juive : « Une situation qui dégénère »

Publié le 29 juillet 2025 à 5:18
Berzane Nasser/ABACA
Dans un long témoignage, la comédienne raconte avoir été "chassée" d'un café du Vieux-Port à Marseille par trois individus ce week-end à cause de sa religion. 

"Sous le choc" après avoir été contrainte de quitter un café au Vieux-Port de Marseille ce dimanche 27 juillet, Marie S’infiltre a fait une "insomnie". L’humoriste a décidé de raconter sa mésaventure qui l’a profondément remuée. Sur Instagram, la comédienne a publié son témoignage ce lundi.

Marie s’infiltre "tremblante" face à trois personnes hostiles dans un café

"Est-ce que j’ai été chassée de ce café parce que j’étais juive ? C’est impossible, et pourtant je crois bien que c’est le cas", a-t-elle d’abord écrit, avant de restituer le contexte. "Seulement trois personnes en terrasse : deux jeunes femmes et un jeune homme. J’entends mon nom plusieurs fois : ‘C’est Marie S’Infiltre’. Je souris de loin en regardant le menu, mais je comprends (…) qu’on me désigne pour indiquer ma présence pour m’invectiver. Je dois être parano. (…)J’entends crier très fort derrière moi, en tapant du pied : ‘VIVE LA LUTTE DU PEUPLE PALESTINIEN !’, et ce de plus en plus fort, jusqu’à ce que cela devienne assourdissant. Un slogan légitime, libertaire, mais qui est crié de manière hostile, menaçante. Et je n’ai alors aucun doute qu’il est crié à mon encontre. On crie trop fort, on tape des pieds, et les rires sont moqueurs. Je sens tout de suite que c’est très grave. J’interromps ma commande au serveur, tremblante", raconte Marie S’infiltre qui a alors choisi de discuter avec les trois perturbateurs.

Une "agression" déguisée en soutien à la Palestine ? Marie s’infiltre dénonce

"Je me retourne et m’approche d’eux, les mains ouvertes vers eux, souriante, je leur dis : ‘Oui, bien sûr, vive la lutte du peuple palestinien, mais pourquoi me le crier là, tout de suite ?’. Je vois à leur réaction qu’il n’y a aucun doute : ils ne sont là que pour en découdre. Qu’ils ne sont attisés que par la haine et m’ont choisie comme leur ennemie. Les propos sont totalement incohérents, ils crient, n’arrêtent pas de demander si j’ai un problème", déplore l’humoriste – qui a récemment perdu sa meilleure amie – , qui a ensuite demandé au trio d’amis si elle était la cible de leur manifestation. "Une sur trois avoue, les autres n’arrivent même pas à assumer ce qu’ils sont en train de faire. Je sens (…) que ça peut vite mal tourner. Une situation qui dégénère par la bêtise et surtout par la soif de violence. (…) Je ne dois surtout pas partir et il faut que je parte. Ils ne sont pas prêts de s’arrêter, ils n’ont envie que de ça. Je pars donc, alors que je m’étais promis de ne jamais partir. Est-ce que c’était une agression ? Et merde, je comprends que j’ai peur. (…) Je ne me sens pas totalement en sécurité", explique la comédienne, qui a finalement décidé de retourner prendre un café sur cette terrasse. "Quoi qu’il se passe à Gaza, en Israël, en Chine, en Afghanistan, au Mali ou sur Tataouine, personne ne me chassera d’un café en France", conclut celle qui a participé à Fort Boyard avec Stéphane Bern le 19 juillet dernier.

Par
Hugo Mallais