Willy Rovelli (Fort Boyard) : « J’ai tellement envie de montrer ce dont je suis capable »

Publié le 8 août 2025 à 7:57
LAURENT VU/ALP/FTV
Depuis 13 ans, Willy Rovelli "régale" de ses "bons" petits plats les participants à Fort Boyard (France 2). Taquin et généreux, l’humoriste rêve aussi à d’autres horizons.

Vous avez toujours autant de plaisir à "torturer" les participants ?

Dès que les gens détestent venir me voir ou sont malades, ce ne sont que de bons souvenirs pour moi ! (Rires.) Je suis le seul restaurateur au monde qui est satisfait quand les clients repartent mécontents. Je fais 1m63. La cuisine, c’est le seul endroit au monde où les gens me craignent un peu. Sinon, je ne fais pas peur à grand monde. Je me venge, sur les malheureux candidats, de toutes les frustrations que j’ai en dehors du Fort.

Vous n’êtes jamais dégoûté par ce que vous servez ?

Je rentre vraiment dans la peau de mon personnage, je suis anesthésié par l’odeur, je n’ai pas le temps d’être dégoûté. Une fois qu’ils sont partis et que je vois dans quel état ils ont laissé la cuisine, je me dis : "OK, j’y suis peut-être allé un peu fort." Mais je rassure les téléspectateurs : personne ne repart malade, juste le ventre un peu secoué par une digestion difficile.

Fort Boyard : Willy Rovelli évoque son évolution physique

Y a-t-il un goûteur officiel sur le Fort pour tester les mets avant le tournage de l’émission ?

Moi ! J’ai quasiment tout goûté. Une bouchée, hein ! Parce que je suis quelqu’un de généreux, je laisse la plus grosse part aux candidats. Je suis bien obligé de m’assurer que ce ne soit vraiment pas bon. Le pire mets ? Le surströmming, un hareng fermenté. Les téléspectateurs n’ont pas l’odeur, mais nous, oui ! Elle dépasse tout ce que vous pouvez imaginer… Il vaut mieux ouvrir les boîtes de conserve à l’air libre. Si vous avez la moindre goutte sur vous, vous aurez beau frotter, vous la sentirez pendant 3 ou 4 jours. Pour moi, c’est le plus jouissif à servir !

Vous êtes plus musclé que jamais. C’est le Père Fouras qui a exigé de vous cette transformation physique ?

Non, pour être franc, j’avais envie, cette année, que mon personnage change. Je craignais que les gens se lassent… Guillaume Ramain, le producteur de l’émission, sait que j’ai un corps formidable et qu’il fallait le mettre en avant (rires). Je lui ai dit : "Tant mieux, je suis célibataire, il faut que je me case." J’avais envie de ressembler à Axel Bauer dans le clip Cargo de nuit.

Fort Boyard : Willy Rovelli se confie sur le départ d’Olivier Minne

Vous êtes l’un des personnages les plus appréciés, notamment par les enfants. Cela vous rend heureux ?

Oui, parce que l’amour des enfants, c’est pour la vie. C’est un attachement qui me touche beaucoup. Et en même temps, comme cela fait 13 ans que je suis sur le Fort, de jeunes adultes viennent me voir dans la rue pour me dire : « Je vous adore depuis que je suis tout petit ! » Forcément, ça met un petit coup derrière la tête…

Comment vivez-vous le départ d’Olivier Minne ?

Avec beaucoup d’émotion… Nous étions tous très touchés, et moi particulièrement. Quand je suis arrivé dans l’émission, il m’a accueilli avec beaucoup de bienveillance et d’amitié. C’est quelqu’un de sympa avec tout le monde. Du coup, cette saison, on s’est beaucoup parlé, on a passé du temps à discuter : de sa carrière, de la mienne, de la vie. C’était très touchant, mais je comprends ses raisons.

Est-ce vrai que depuis votre arrivée au Fort en 2013, vous êtes aussi resté dans l’émission pour lui ?

Oui. Il a été un grand frère pour moi. Forcément, je me pose des questions : est-ce qu’il faut que je continue ? Qu’est-ce que moi, je dois faire ?

Et vous avez trouvé des réponses ?

Non. La production va forcément réfléchir à la suite. Et j’espère faire partie de l’histoire, peut-être dans un autre rôle ? J’ai tellement envie de montrer ce dont je suis capable.

Selon vous, pourquoi de nouvelles opportunités ne se présentent-elles pas à vous ?

Je suis quelqu’un de trop gentil. Et la gentillesse ne paye pas beaucoup dans la vie, comme dans ce métier. Peut-être que je ne suis pas assez opportuniste, je n’ai pas envie de pousser mes camarades pour avancer. C’est très difficile pour moi de décrocher mon téléphone, de réclamer des choses. Je sais que la chaîne m’apprécie, mais peut-être que ce personnage fort m’empêche d’évoluer. J’ai quand même la chance de m’exprimer autrement : je présente Willy vient déjeuner chez vous sur Ici (anciennement France Bleu), je suis en tournée avec mon one-man-show Heureux. Je n’ai aucune frustration. Mais c’est vrai qu’en télé, j’aimerais offrir autre chose aux gens. J’essaye d’être patient.

Par
Amandine Scherer