Éric Dupond-Moretti va revenir sur le devant de la scène, non pas dans le nouveau gouvernement français mais bien pour un one man show à partir du 1er février prochain, au théâtre Marigny à Paris. Il y racontera son expérience au ministère de la Justice et a confié à nos confrères du Parisien-Aujourd’hui en France au sujet de son spectacle intitulé "J’ai dit oui !" : "Je me suis dit qu’il serait utile et intéressant de décrire ce que sont le travail d’un ministre et les difficultés auxquelles il est confronté. Le réflexe, comme citoyen, c’est de dire : Y’a qu’à, faut qu’on. Mais comme ministre, il y a ce qu’on veut faire et ce qu’on peut faire. Et puis, on appartient à une équipe, il faut prendre en compte les positions des uns et des autres".
Lorrain Sénéchal interroge Eric Dupond-Moretti qui monte au créneau
Invité ce mercredi 11 décembre sur le plateau de C à vous pour faire la promotion de son spectacle, Eric Dupond-Moretti a été invité par Lorrain Sénéchal à réagir aux affaires Gisèle Pélicot et Adèle Haenel. Le chroniqueur a d’abord lancé à l’avocat : "Quel regard vous portez sur ces deux affaires ? Vous, qui avez plusieurs fois exprimé, avec des mots qui ont d’ailleurs pu choquer parfois, que le mouvement #metoo était allé trop loin. Vous aviez par exemple parlé de ces femmes qui regrettent de ne plus se faire siffler. Vous aviez parlé aussi de ces folaces qui racontent des conneries et engagent l’honneur d’hommes qui ne peuvent plus se défendre. Quel regard vous portez sur ces affaires ?".
L’ex-ministre de la Justice se défend
Mécontent des citations du journaliste, le compagnon d’Isabelle Boulay a alors répondu : "Monsieur, vous dénaturez complètement les propos qui ont été les miens. La défense, c’est la défense. Le propos que j’ai tenu, et que vous avez dénaturé, c’est un propos que j’ai tenu en défendant un homme qui d’ailleurs a été acquitté, monsieur. Et j’avais dit qu’il était arrivé, effectivement, que des femmes accusent des innocents. Il faut l’entendre, ça arrive".
"Pour autant, j’ai fait, lorsque j’étais ministre, voter un texte d’initiative sénatoriale que j’ai porté avec enthousiasme pour dire qu’en deçà de 15 ans, on ne pouvait pas dire d’une victime de moins de 15 ans qu’elle était consentante. Ça, c’est une réalisation dont je suis fier", a-t-il poursuivi dans une tentative de se justifier. L’ex-ministre de Justice a ajouté : "Ensuite, je ne vais pas commenter. Vous avez madame Pélicot qui a souhaité que le huis clos ne soit pas ordonné. Elle avait le droit de le faire pour expliquer, au fond, non seulement ce qu’elle avait vécu, mais ce que pouvait être la soumission chimique. Et de ce point de vue-là, c’est une découverte. Il y a beaucoup de nos compatriotes qui la soutiennent".
"Vous avez dénaturé mes propos"
"Quant au mouvement #metoo, ce que j’ai dit, monsieur, là encore, vous avez dénaturé mes propos, – et c’est une difficulté quand on est ministre de voir ces propos dénaturés – j’ai dit ‘Me too, formidable en ce que la parole de la femme est enfin libérée’. Mais attention, une parole doit passer par le filtre de l’institution judiciaire. C’est ça que j’ai dit. Il ne suffit pas d’accuser pour avoir raison", a-t-il conclu quelque peu remonté face à un Lorrain Sénéchal qui ne s’est pas démonté.