Affaire Adèle Haenel : De la prison ferme requise pour Christophe Ruggia

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 15:47
Lafargue Raphael/ABACA
Ce mardi 10 décembre, le procès d'Adèle Haenel contre le réalisateur Christophe Ruggia, qu'elle accuse d'agressions sexuelles alors qu'elle était mineur, s'est poursuivi. Après avoir quitté la salle d'audience avec fracas, l'actrice a pu entendre les réquisitions du procureur à l'encontre du réalisateur. 

Après les accusations et le dépôt de plainte d’Adèle Haenel en novembre 2019, Christophe Ruggia avait été mis en examen en janvier 2020 pour "agressions sexuelles sur mineure de 15 ans par personne ayant autorité". En août 2024, une juge d’instruction avait ordonné que le réalisateur soit jugé les 9 et 10 décembre de cette même année devant le tribunal correctionnel de Paris pour des faits d’agressions sexuelles aggravées commises sur l’actrice. Le procès s’est donc bien ouvert lundi 9 décembre et s’est poursuivi ce jour, non sans fracas. Nos confrères du Parisien ont rapporté le déroulé du premier jour dont le récit de l’actrice sur les violences qu’elle affirme avoir subies.

Adèle Haenel raconte son calvaire

"Il m’embrasse d’un coup (…) Il met sa main sous mon tee-shirt, puis sous mon tee-shirt et sur mon ventre, puis sur mon sexe. Je me lève pour faire semblant de regarder par la fenêtre", s’est-elle souvenue. Et Christophe Ruggia de nier de but en blanc : "Ça n’est jamais arrivé ! Du pur mensonge. Je n’ai jamais fait ça". Outrée, la comédienne n’est pas passé par quatre chemins. "Mais vous êtes un gros menteur, monsieur Ruggia !", lui a-t-elle lancé. Ce mardi 10 décembre, le procès s’est poursuivi avec toujours autant de tumulte. Nos confrères de Libération ont rapporté qu’Adèle Haenel a quitté la salle d’audience hors d’elle. 

"Autant la défense de Christophe Ruggia, dont l’interrogatoire circonstancié s’étale sur quatre heures, surprend par sa confusion, comme si le cinéaste ne s’attendait pas du tout à un procès ni aux questions qu’on allait lui poser, et n’avait pas eu le temps d’y réfléchir, de se préparer ‘un alibi’, comme lui lanceront excédés les conseils d’Adèle Haenel, autant cette dernière réveille l’auditoire par sa clarté, sa simplicité, une émotion qu’elle ne cherche pas à masquer mais aussi sa colère", a détaillé l’envoyée spéciale du média au procès.

Cinq ans de prison requis contre Christophe Ruggia 

Très en colère, Adèle Haenel s’est lévée, a tapé des mains sur la table, puis a hurlé "Mais ferme ta gueule", avant de quitter la salle d’audience. En cette fin de journée, on a appris que le parquet de Paris a requis cinq ans de prison, dont trois ans avec sursis, contre le réalisateur de 59 ans, jugé pour agressions sexuelles sur mineure de moins de 15 ans. "Ça laisse une partie ferme de deux ans aménageable, sous la forme d’une détention à domicile sous surveillance électronique", a expliqué la procureure, comme l’ont rapporté nos confrères de Franceinfo.

Ces derniers ont précisé : "Le parquet a aussi requis une inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles, une interdiction d’entrée en contact avec la victime et une obligation de l’indemniser". La procureur a estimé qu’il existait bien "un lien de domination évident entre un réalisateur et son actrice" mais l’audience n’est pas encore terminée puisqu’elle doit désormais se poursuivre avec les plaidoiries de la défense. La décision du tribunal sera ensuite mise en délibéré avant que le verdict final ne soit annoncé.

Par
Kahina Boudjidj