Vous attendiez-vous à gagner ?
Au départ, je me suis embarqué dans l’aventure sans vraiment penser à la gagner. Mais au fil des semaines, on a envie d’aller plus loin, de continuer à s’éclater. Arrivé à la moitié de la compétition, je me suis dit : "Il faut que je gagne". Mon ancien producteur (Franck Saurat, ndlr) est décédé au mois de décembre, et il m’avait dit : "Si tu fais Mask Singer, il faut que tu gagnes". Je me suis aussi battu pour lui. Il souhaitait également qu’un jour je sois numéro 1 du Top Album en France. Il est parti en décembre, et j’ai été numéro 1 des ventes physiques en mars dernier avec mon album Opéra Celte. J’en rêvais, c’était hyper important pour moi qu’il fasse un très bon démarrage. Malheureusement, mon producteur n’était plus là, mais j’ai exaucé ses voeux. J’étais content pour lui.
C’est la première fois que Mask Singer vous contactait pour participer ?
Non, ça faisait plusieurs saisons qu’on me proposait de le faire. Mais c’est compliqué de libérer dix semaines dans son emploi du temps. Il y a un bon moment pour tout. Cette année, les étoiles se sont alignées. J’avais du temps, j’étais en deuil… J’avais besoin d’une récréation, de quitter le Canada et de rentrer en France. Je voulais faire des choses dont je n’ai pas l’habitude. M’embarquer dans ce programme me permettait de ne pas réfléchir, de ne pas être confronté à cette dure réalité. Je voulais démarrer cette nouvelle vie dans la peau d’une autre personne.
Vous avez fini en beauté en faisant pleurer Jeff Panacloc en reprenant Diego…
Jeff m’a fait chialer, mais l’avantage du costume, c’est que ça ne se voyait pas ! Michèle Bernier et Camille Combal étaient très émus aussi. Il s’est passé quelque chose. Avec Jeff, on se connaît bien, on a une grande complicité. Il me casse énormément dans tous ses spectacles. Comme on dit, qui aime bien châtie bien. Je suis un peu son porte-bonheur, sa mascotte. Il a même un mug à mon effigie dans lequel il boit avant chaque entrée en scène. C’est un truc de fou ! Il connaissait bien mon producteur aussi, c’est pour ça qu’il a beaucoup pleuré. Il savait ce que je vivais.
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En studio, vous avez également fait pleurer le directeur artistique Pierre Billon.
Pierre Billon, je lui dois beaucoup. C’est lui qui m’a coaché pour travailler une voix plus rock, plus éraillée, un peu plus sale. Il a travaillé pendant des années avec Johnny. Chanter Diego devant lui, c’était très impressionnant pour moi. Il avait la référence du boss ! Il a versé une larme, il était vraiment bouleversé. Je n’ai pas compris… Je me suis dit "wow"… Et pendant les répétitions, c’est comme si je ressortais tout ce que je vivais à ce moment-là. J’ai vraiment mis mes tripes dehors, c’était comme un cri de détresse et je pense que ça s’est ressenti. D’ailleurs, la mise en scène de la prison était un message subliminal. J’étais prisonnier de mon propre corps qui me faisait souffrir. Grâce à ce Husky, j’ai pu tout faire éclater.
Comme Jeff, certains internautes vous ont reconnu dès la première émission.
Garder le secret, ça a été très dur. Les gens qui me connaissent m’ont identifié dès le premier prime, ce qui est compliqué car je suis en tournée. Je rencontre du public tout le temps, j’étais même en promo en Belgique, au Canada et tout le monde m’en parlait. Du coup, j’ai trouvé une parade, j’ai dit que c’était un imitateur canadien, et ça a brouillé les pistes ! Mais il y avait aussi beaucoup de gens dubitatifs, car je n’avais pas du tout la même attitude. Danser sur du Britney Spears ou du David Guetta… Ils ont dit : "Ça ne peut pas être lui". J’ai même lu : "Ça doit être un danseur qui chante bien" !
En effet, vos talents de danseurs ne sont pas passés inaperçus. Avoir participé à Danse avec les stars, ça vous a aidé ?
Oui ! Danse avec les stars, c’est la première fois dans mon parcours où j’ai fait pété les verrous. Les producteurs m’avaient prévenu que les gens me découvriraient différemment, et que j’allais beaucoup apprendre sur moi. Et c’est vrai que sur scène, grâce à DALS, je suis beaucoup plus libéré physiquement. Et Mask Singer, ça a fini le travail. Aujourd’hui, je me sens complètement à l’aise sur scène et désinhibé. Je n’ai pas peur de m’exprimer avec mon corps.
Vous avez pris encore plus de plaisir à faire Mask Singer que DALS ?
Ah oui. Vraiment ! Si c’était à refaire, je le referai direct. Même si c’est un gros investissement d’être dans un personnage pendant deux mois et demi. J’ai vécu ça dans la bonne humeur, et il y a des moyens techniques incroyables qui sont très rares. J’étais un gosse dans un magasin de jouets.
Comment avez-vous vécu le protocole organisé pour garder votre identité secrète pendant le tournage ?
Au début, ça fait bizarre. J’avais l’impression d’être enlevé ! On vient vous chercher loin de chez vous, vous ne devez pas parler, vous avez un masque, le chauffeur aussi. Vous tapez sur la vitre et il vous emmène au studio… J’avais l’impression d’être dans une secte ! Mais après, on s’y fait.
Comment s’est opéré le choix du costume du Husky ?
Quand on m’a proposé Mask Singer, je n’ai pas donné ma réponse tout de suite. J’ai dit que cela dépendrait du costume. Le producteur Anthony Meunier m’a dit : "T’as de la chance, t’as certainement un des plus beaux costumes des cinq saisons". Il m’a envoyé la photo et j’ai adoré tout de suite le personnage. D’ailleurs, je pense qu’il y est pour beaucoup dans ma victoire. Je ne dénigre pas mes performances, j’ai essayé de donner le meilleur, mais j’ai vu tout de suite que le costume attirait l’attention. Que ça soit auprès des enfants ou même l’équipe de l’émission sur le plateau. Eux qui ont vu passer tous les costumes, ils étaient impressionnés en le découvrant lors des répétitions. Ils sont même venus me caresser ! Il faut le voir en vrai, c’est encore plus impressionnant, on est attiré par lui.
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Vous vous êtes surpris vous-même. Vous pensez avoir aussi surpris le public ?
Oui, et si j’en crois tous les messages que j’ai reçus, les gens ont été surpris. Sur Twitter, d’habitude, il y a beaucoup de haters, donc j’étais halluciné de tous ces beaux messages que j’ai lu. L’émotion que j’ai ressentie est passée à travers le micro et la télé.
Vous avez découvert et exploré votre côté rockeur. Ce sera le thème de votre prochain album ?
(Rires) Je n’aime pas parler de mes albums avant qu’ils sortent, mais une chose est sûre, c’est que je sors complètement différent de cette expérience. Je sors grandi, j’a appris beaucoup sur moi-même, sur mon physique, sur ma voix. Ça m’a donné des idées et ça va avoir beaucoup d’influence sur mon prochain album.
Parlez-nous de votre album Opéra Celte, qui connaît un joli succès.
Il est encore numéro 5 au Canada, c’est incroyable ! Ça marche très fort. Il y a des très belles collaborations dessus, notamment avec Manau, Dan Ar Baz, Soldat Louis, le Bagad Kemper… C’est un univers que j’adorais mais que je n’avais jamais travaillé. J’aime me mettre en danger et j’en ressors enrichi artistiquement. Comme l’album marche bien, je vais sortir une réédition collector à la rentrée, avec trois titre inédits et des surprises.
Vous êtes également en pleine tournée…
Elle s’intitule "Récital" et se déroule dans toutes les églises et cathédrales de France. Je serai notamment à l’Église de la Madeleine à Paris le 20 juin, et je termine le 2 juillet à Nice.
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Propos recueillis par Jordan Landreau