Top Chef (M6) – Jorick, grand gagnant de la saison 15 ! « J’ai besoin de voir dans les yeux de mes proches qu’ils sont fiers »

Publié le 19 juin 2024 à 21:32
Capture d'écran M6
Clotaire et Jorick avaient un défi pour la finale de la saison 15 de Top Chef : réaliser un menu d'exception pour régaler cent bénévoles de la Croix-Rouge. C'est Jorick qui y est parvenu et le chef cuisinier victorieux a accepté de se confier sur sa belle aventure à Télé 7 jours.  

Pourquoi as-tu souhaité participer à Top Chef ?

Jorick : Top Chef, c’était une "étape" un peu dans ma vie, dans ma carrière. J’avais besoin de me rechallenger, d’essayer de me remettre en danger. Ça fait six ans et demi que je suis avec Guillaume Sanchez et qu’on a une étoile Michelin. J’avais besoin de prendre du recul, de savoir où j’en étais, de repartir un peu dans la compétition (rires).

Quel était ton objectif en entrant dans la compétition ?

Je n’avais pas vraiment d’objectif parce que c’est un parcours tellement long, c’est un peu un marathon Top Chef (rires). Donc, j’avais plutôt l’objectif de rester moi-même, d’être fidèle à ce que je suis et de ne pas avoir de regrets. Et au pire, si je partais, de me dire : "OK, tu es parti sur un plat qui te ressemble".

Tu pensais pouvoir aller aussi loin ?

C’est compliqué à dire… Je pense que quand on accepte Top Chef, en tout cas j’imagine, que chacun se dit : "Je pense que j’ai les armes pour pouvoir aller jusqu’au bout". Alors après, de le matérialiser, etc, c’est plus difficile. Mais oui, je croyais en ce que je pouvais faire.

C’était comment de faire équipe avec Stéphanie Le Quellec ? 

Je crois qu’il n’y a pas beaucoup de mots pour expliquer la relation qu’on a eue et qu’on a aujourd’hui (rires). La cheffe Le Quellec, c’est une vraie rencontre, pas seulement dans Top Chef, c’est une vraie rencontre de vie ! Je crois qu’il n’y a pas beaucoup de mots pour définir la façon dont on s’est trouvés, l’osmose et la compréhension. C’est quelqu’un que j’admire beaucoup, qui m’a aidé à m’élever. C’était mon premier choix et du début à la fin, j’ai voulu le respecter.

Pendant toute la compétition, tu étais donné grand favori, souvent des sans faute, des coups de cœur. Je me demandais si ça n’avait pas été une pression supplémentaire pour toi ?

En fait, la position de favori, si on se décide de ne pas se la donner, on ne se la donne pas. Moi, quand j’ai vu à la deuxième semaine que j’étais en épreuve éliminatoire, je me suis dit : "Finalement, qu’on te pose en favori ou pas, il y a des gens de grande qualité face à toi". Je pense que c’est un statut qu’on a aussi voulu me donner parce que Guillaume Sanchez a fait Top Chef, parce qu’on a une étoile au guide et qu’on a un restaurant qui est relativement visible, mais le rôle de favori ou pas sur un concours, c’est juste être bon à un certain moment et peut-être que le lendemain, on perdra. J’ai décidé de le prendre avec beaucoup de distance.

Justement, concernant la finale. Ça représente quoi pour toi d’être arrivé aussi loin dans l’aventure ?

C’est une fierté d’arriver en finale parce que forcément, on a envie d’aller jusqu’au bout. J’imagine que quand on commence un concours, on a l’objectif de pouvoir le gagner. C’est une fierté, mais c’est une fierté pour mes proches pour leur dire un peu merci, merci pour tout ça. Parce que moi, je sais que j’ai besoin de mes proches pour avancer, que jusqu’à aujourd’hui, sans eux, je ne ferais pas grand-chose. Donc, c’est un joli cadeau que j’ai l’impression de leur faire.

Est-ce qu’il y a un souvenir dans la compétition, quelque chose dont tu te souviendras peut-être encore dans 10 ans ?

Je crois que c’est difficile de nommer un plus beau souvenir dans Top Chef parce que c’est vraiment une aventure déjà très intense et sur laquelle on ne peut pas mentir parce que pour le coup, on est vraiment immergé dans une bulle. Mais je crois que la chose que j’ai envie de retenir, c’est les rencontres, les rencontres que je n’attendais pas forcément, les rencontres avec tous les candidats, les gens qui sont derrière, la caméra, les journalistes, Stéphane, les chefs. Après, forcément, j’ai une relation particulière avec Stéphanie Le Quellec mais oui, les rencontres, j’ai envie de m’en souvenir et je pense que je m’en souviendrai très longtemps.

"Absolument tout le monde pleure sur le quai de la gare"

Quelle est l’épreuve qui t’a le plus marqué et pourquoi ?

À l’heure actuelle, je pense que l’épreuve qui m’a le plus marqué, c’est l’épreuve du train, parce que c’était une journée assez longue, intense, où ça n’a pas été facile, parce que forcément, je fais les trois épreuves et que je vais jusqu’au bout et je me dis : "Vraiment, si tu pars sur une Madeleine, quel gâchis". Ça a été un moment hyper dur et pour le petit inside, ce qu’on ne voit pas forcément à la télé, c’est que quand on descend de ce train et qu’il y a le verdict, absolument tout le monde pleure sur le quai de la gare, le journaliste, le caméraman inclus, etc (rires). On s’est dit : "Comment ça va être monté ?". Vraiment, c’était un moment de grande émotion parce qu’on avait vécu une journée très difficile.

Tu te retrouves donc en finale face à Clotaire. Est-ce que tu t’imaginais tomber face à lui alors que Valentin aussi a été donné comme favori ?

Je crois qu’on ne s’imagine pas vraiment la personne face à qui on va tomber. J’étais très heureux de pouvoir déjà être en demi-finale face à mes deux potes de l’aventure, vraiment. On ne se projette jamais de savoir qui sera en face de nous, déjà, on se projette difficilement sur le fait qu’on soit en finale (rires). Ça, je n’ai pas pu vraiment le matérialiser.

Quelle est la plus belle qualité, selon toi, de Clotaire ?

Aujourd’hui, on se connaît avec Clotaire et on se connaît quand même relativement bien. On a eu beaucoup de grandes discussions. Je crois qu’il ne faut pas se résumer à la cuisine. Aujourd’hui, il y a quelque chose que j’aime parmi tout chez Clotaire, c’est que c’est quelqu’un de solaire. Il a été clairement le lien et le vecteur de toute cette bonne humeur qu’on peut voir à l’écran. C’est un mec qui nous fait marrer, c’est un mec qui avait tout le temps le smile. Dans notre métier, c’est beau, mais dans la vie, en règle générale, c’est rare. Je crois que c’est sa plus grande qualité, c’est son côté solaire et le fait qu’il a toujours très bon goût.

Et est-ce que tu le redoutais ? 

Je crois que chaque candidat n’est pas là par hasard. Donc, est-ce que je redoutais Clotaire plus qu’un autre ? Non, mais pour le coup, je le connaissais un petit peu plus et je connaissais ses qualités. Donc, ça rajoute de la pression. Mais de toute façon, plus les semaines avancent et plus il y a un écrémage et plus le niveau se resserre donc forcément, on se craint les uns les autres. 

Tu remportes cette 15ème saison de Top Chef, qu’est-ce que ça représente pour toi ?

Pour moi, cette victoire, c’est avant tout un cadeau que j’ai à offrir à mes proches parce que pour le coup, je le répète et ce n’est pas du faux, c’est que moi, je n’entrais vraiment pas là sans mon entourage. Ils ont toujours cru en moi, ils ont toujours été fiers de moi et je crois que j’ai besoin de ça dans la vie pour avancer. J’ai besoin de voir dans les yeux de mes proches qu’ils sont fiers, qu’ils sont contents du chemin que j’ai pris. C’est un moyen pour moi de leur dire merci pour tous les sacrifices, tous les moments où je n’ai pas été présent. Je veux leur dire : "Aujourd’hui, j’en suis là. Je vous en parle beaucoup depuis tant d’années, vous êtes venus dans mes restaurants, etc. Mais voilà où j’en suis et j’ai envie de vous la ramener cette victoire". C’est pour ça que c’est une vraie fierté pour eux.

Pour Stéphanie Le Quellec aussi, j’imagine ?

En fait, Stéphanie Le Quellec, pour moi, elle fait partie de mes proches, elle fait partie de ma famille aujourd’hui. Sincèrement, on est très, très proche, donc je la compte dedans. Je ne fais pas vraiment de distinction dans mes proches. Pour moi, ma famille, mes amis, Guillaume et Victor qui m’accompagne au quotidien et Stéphanie sont des gens que j’aime par-dessus tout. Donc en fait, pour moi, c’est bien de lui ramener aussi parce que pour le coup, là, on a été en binôme jusqu’au bout. Je n’aurais certainement pas fait ces belles épreuves sans elle. Elle m’a toujours aidé à me dépasser et a fait en sorte que je ne me change pas, que je ne me travestisse pas, que je reste moi-même et que je pousse vraiment ma cuisine au maximum. Donc pour ça, je la remercie.

J’ai eu la chance qu’elle vive ce concours avec moi de manière hyper intense. Et je sais aujourd’hui, en ayant rencontré ses proches, ses collaborateurs, son mari, qu’elle vivait ça très intensément et même en dehors. Donc c’est assez rigolo. Je sais qu’elle est très fière et qu’elle est aussi fière que moi de m’avoir rencontré parce que vraiment, on s’est trouvés, sincèrement, et on a trouvé une osmose. Donc, parfois, il ne faut pas forcément mettre trop de mots, mais vivre les choses.

Que comptes-tu faire de tes gains ? 

Sans mauvaise foi, aucune. Le gain de cette victoire, je ne l’ai jamais mis dans ma tête. Ça n’a jamais été ma motivation dans ce concours. Et même en finale, je me suis toujours dit : "Ne l’imagine pas parce que si tu ne l’as pas, c’est juste de la déception". Je me suis dit : "Si tu l’as, c’est génial et je ne vais pas cracher dessus, bien évidemment". Aujourd’hui, de là à dire que j’ai un projet avec cette somme, etc, non. Des projets, il y en a plein qui arrivent, comme on peut se douter (rires). Je prendrais le temps, comme je l’ai toujours fait dans ma vie, de bien prendre les bonnes décisions et de voir dans quelle direction je vais.

Après ta victoire, j’imagine que tu as discuté avec Clotaire ?

Bien sûr ! Avec Clotaire, on a beaucoup discuté et de toute façon, on est vraiment resté en très, très bons termes. On est très potes, très amis, on s’écrit beaucoup avec Valentin aussi. Je crois que Clotaire, c’est un mec qui est super bon joueur, qui accepte aussi cette défaite. Et c’est ça qui est cool aussi parce que quand tu es face à ton pote, c’est compliqué… On a bien fêté ça et c’était très cool !

Le mot de la fin ? 

Pour moi, Top Chef, c’est une belle surprise parce que je n’en attendais rien dans le sens où j’ai tendance à pas ne pas vouloir être déçu. Donc, je n’ai pas de regrets. Forcément, j’ai la bonne place, donc c’est plus facile de dire ça (rires), mais j’ai fait de superbes rencontres. Je me suis senti vraiment vivant dans cette aventure et je crois que ça a fait sortir beaucoup d’émotion, un peu plus de confiance en moi aussi. Ça m’a beaucoup apporté et je pense que plus les semaines, les mois et les années vont passer, plus je découvrirai aussi certaines choses que ça m’a appris. 

Par
Kahina Boudjidj