Top Chef (M6) : « J’étais persuadé qu’il n’y avait pas de Brigade cachée », Bryan de retour dans la compétition !

Publié le 9 mai 2024 à 10:11
Capture d'écran M6
Hier soir, mercredi 8 mai, Bryan est parvenu à sauver sa peau en gagnant une place au sein de la Brigade cachée de Pierre Gagnaire. Le cuisinier, chimiste de formation, s'est confié sur sa joie de rester encore un peu dans l'aventure de Top Chef. 

Contrairement à vos camarades qui ont eu la surprise par téléphone, vous avez rencontré Pierre Gagnaire "en vrai". Vous vous y attendiez ? 

Bryan : À aucun moment ! En plus, le truc, c’est que quand j’ai appris la nouvelle, je venais d’être éliminé il y a peu donc je n’étais même pas encore retourné chez moi. J’étais encore dans les studios et ils ont essayé de m’appeler le matin. J’ai un iPhone 6, c’est une saloperie (rires), il n’y a plus rien qui va. Et c’était impossible de faire un appel vidéo donc au début ils me disent qu’il faut que je vienne sur le plateau pour M6 Talents. J’arrive totalement détendu, j’ai fait mon parcours. En fait, j’étais persuadé et tous les autres candidats aussi, qu’il n’y avait pas de brigade cachée cette année. On s’est dit qu’il y en avait eu une l’année dernière où Hélène Darose était là et qu’ils n’allaient pas la faire deux fois d’affilée. En plus, avec la saison 15, ils n’arrêtaient pas de nous en mettre plein les yeux depuis le début avec des épreuves de fou furieux donc je n’y croyais pas du tout. 

Comment s’est passée la rencontre avec Pierre Gagnaire ? 

Il y avait des caméras et je commençais à parler aux caméramans parce que ça fait quand même un petit moment que je les connais maintenant (rires). Pour la petite anecdote, ils ont commencé à faire entrer Pierre Gagnaire, mais moi, j’étais encore en train de discuter avec les caméramans, ça n’allait pas du tout (rires). Ils m’ont demandé de me taire et là, ils l’ont fait entrer. J’ai eu la goutte (rires), j’étais là : "Pierre Gagnaire ?". J’étais tellement choqué. J’ai bégayé… En plus, c’est curieux parce que physiquement, il ressemble un petit peu à mon grand-père, alors du coup, le voir… ce poète de la cuisine ! 

Il a quand même 15 étoiles, le mec, et une humilité comme je n’en ai jamais vue, même en dehors de la cuisine. C’est un personnage, c’est quelqu’un… J’ai écouté tous ces podcasts, je le suis énormément. C’est quand même quelqu’un qui à 45 ans a fait faillite. Trois ans plus tard, il refait un restaurant à Paris, il a trois étoiles. C’est quelqu’un, mais d’une force, d’une abnégation. Quand il nous parlait après de travail, il nous disait : "Les petits, il faut que vous travaillez, que vous vous en mettiez plein la tronche. Il n’y a que le travail qui compte. Il faut continuer". Je buvais ses paroles. Je pars un peu en live là (rires), mais le voir en vrai, c’était hyper inspirant. 

Je sens que c’est quelqu’un qui vous inspire…

Oui et énormément ! Ça peut être vu comme de la prétention, alors que pas du tout, mais moi, j’avais envie de m’identifier à lui, à ce gars qui a en plus travaillé avec des gens comme Hervé This, qui est un peu le père de la cuisine moléculaire. Même si je ne suis pas dans cuisine moléculaire, c’est quand même un scientifique qui essaye de comprendre les principes chimiques et alimentaires. Il a travaillé avec, donc il comprend cette dimension de la technicité de la cuisine qui est assez récente. Voir tout ça d’un coup, j’ai pris une autre claque. Je lui ai dit : "P*tain, en fait, c’est bon, ce n’est pas fini, je peux encore tourner. C’est bon, j’étais reparti comme en 40 (rires). Je voulais rendre fier le chef Gagnaire.

"Je dois saisir cette deuxième chance et aller jusqu’au bout"

Vous étiez dans quel état d’esprit quand vous retournez sur lez plateau ? 

Quand je suis arrivé sur le plateau, j’étais en mode je n’en ai rien à faire de qui est en face de moi, je dois tout arracher (rires). J’ai remis le bandeau de pirate et d’ailleurs Pierre Gagnaire m’appelait "pirate" (rires). Il n’aimait pas qu’on l’appelle chef et ça me faisait rire alors je l’appelais monsieur. Je ne sais pas, on se connaissait pas, mais au bout d’une heure, j’ai eu l’impression que je le connaissais depuis toujours. Le feeling est passé. Ça m’a fait du bien cette brigade cachée. On sentait qu’on n’était plus dans Top Chef, il y avait plus de légèreté. C’est devenu tellement plus simple d’un coup, parce qu’il n’y a même plus la pression de se dire : "Je ne veux pas être éliminé". On est déjà éliminé (rires) donc on se dit que maintenant, ce n’est que du plus. 

Vous avez préféré Top Chef ou La Brigade cachée ?

Ce ne sont pas les mêmes expériences. Du coup, je ne peux pas dire que j’ai préféré l’un ou l’autre. Top Chef, ça m’a vraiment repoussé dans mes retranchements. J’ai gagné au moins six ans dans ma cuisine. Les plats que je fais au tout début de Top Chef et puis les plats que je sors maintenant pour mes résidences, je sais que ça n’a rien à voir, parce que j’ai fait un boom en avant. C’est une infinie rétrospection sur soi-même, sur sa cuisine, sur comment lui donner une lisibilité, sur comment transférer sa personnalité dans la cuisine, sur comment raconter une histoire, faire attention à sa texture, qu’est-ce qui est faisable, essayer de transférer une émotion. Parce qu’aujourd’hui, la cuisine, ce n’est pas que nourrir en calories, c’est aussi nourrir l’âme… Et en soi, la brigade cachée, je la vois comme une manière de me dire que maintenant que j’ai appris, maintenant que je suis sorti de l’école Top Chef, je vais travailler davantage dans la Brigade cachée.

Soulagé de continuer au moins pour une émission supplémentaire ?

Oui, très content ! Maintenant, mon objectif c’est de ré-intégrer Top Chef en quart de finale. Je dois saisir cette deuxième chance et aller jusqu’au bout. 

Par
Kahina Boudjidj