Top Chef (M6) : « Je partais perdant dès le premier épisode », Quentin revient sur sa victoire très serrée

Publié le 2 juillet 2025 à 21:45
Julien Theuil/ M6
Grand gagnant de la saison 16 de Top Chef, Quentin a vécu une aventure qu’il qualifie de bouleversante sur le plan humain. Entouré de ses proches en finale, il revient sur son parcours semé de doutes mais aussi d’émotions fortes. S’il confie être "parti perdant dès le premier épisode", le jeune chef s’est imposé grâce à sa sincérité, sa technique, et sa détermination. 

Dans quel état d’esprit étais-tu en arrivant en finale ?

Quentin : Beaucoup de stress. Ça fait trois mois qu’on attend, donc forcément, l’étape de la finale est ultra-importante. On ne se rend pas vraiment compte.

Tu as été aidé par Grégoire, Philippine et Charles. Comment ça s’est passé ? 

Je crois que j’avais la meilleure équipe possible. Avoir vraiment Philippine, Charles et Greg, c’est des potes avant tout. Donc c’est toujours un peu plus facile en termes de management.

Est-ce que tu pensais aller aussi loin dans l’aventure au départ ?

Non, je ne pensais pas pouvoir… Pour moi, je partais perdant dès le premier épisode. Donc c’est assez marrant.

Quel bilan tires-tu de cette aventure ?

Le bilan, il est surtout humain. Le nombre de personnes qu’on rencontre est fou. Il faut savoir qu’il y a 150 personnes qui bossent sur le tournage tous les jours. Et puis les candidats, c’est tous des potes, on se voit toujours encore maintenant. Tu gagnes deux ans de cuisine en deux mois.

Et avec Glenn Viel, quel lien s’est tissé ?

Il m’appelle Frérot, ce n’est pas pour rien (rires). Moi, je l’appelle toujours chef, mais c’est ouf. C’est un chef ultra-humain et son côté simplicité dans l’âme a apporté beaucoup à mon groupe.

Une épreuve marquante, peut-être celle en hommage à ta maman ?

Celle-là était très forte en émotions. Mais en termes de cuisine pure et dure, c’était la sauce avec Arnaud Donckele. J’avais envie de la faire depuis très longtemps. Un énorme honneur.

Lors de la finale, quand tu découvres les pourcentages serrés, as-tu eu un doute ?

Je pars perdant depuis le début, donc oui (rires).

"Charlie, c’est un très bon copain avant d’être un adversaire"

Pourquoi cette posture ?

Ce n’est pas du défaitisme, c’est un côté réaliste. Tu pars défaitiste pour être surpris à la fin.

Tu as été très élogieux envers Charlie. Quel est ton lien avec lui ?

Charlie, c’est un très bon copain avant d’être un adversaire. Il n’y a aucune adversité entre nous. On a énormément de similitudes culinaires. On se comprend sur beaucoup de points. On voulait gagner l’un pour l’autre, c’est beau. Après avoir tiré le couteau, j’ai pensé à lui. Il aurait aussi très bien pu gagner.

Tu as remporté une belle cagnotte. Est-ce que cette perspective t’a motivé pendant l’aventure ?

L’argent, ce n’est pas trop mon moteur. Dans mon métier, on ne bosse pas pour l’argent, sinon on a choisi le mauvais métier (rires). Mais bien sûr, c’est impressionnant. On ne le savait pas à l’avance. On a tous besoin d’économies, alors on ne crache pas dessus.

Tu sais ce que tu vas en faire ?

Pas forcément, mais il y a des projets qui vont venir… On va placer ça intelligemment. C’est quand même deux ans de salaire d’un cuisinier. Ce n’est pas rien.

Tu disais que c’était un rêve de gosse. Tu regardais Top Chef enfant ?

Je regardais quand j’étais gamin. Puis après, quand tu bosses en cuisine, tu n’as plus trop le temps… Mais ça berce le métier, c’est super important pour nous.

Le débat de l’étoile Michelin a animé la saison. Tu en penses quoi ?

C’est une opportunité en or. On ne peut pas cracher sur le Michelin. C’est eux qui donnent la lumière au métier, mais ce ne sont pas eux qui nourrissent les restaurateurs, c’est les clients. Le Michelin, c’est une récompense, mais il ne faut pas oublier son histoire : à la base, c’est un guide routier. Il y a des gens qui se sont suicidés pour ça… Il faut rester mesuré. Alors, oui, certains trouvent ça injuste, mais on a travaillé dur aussi.

Demain s’ouvrira ton resto éphémère. Comment t’es-tu préparé ?

Tu ne sais pas vraiment comment t’y préparer (rires). Il va falloir se remettre en cuisine et proposer quelque chose qui me ressemble. C’est une très grande fierté. Mais comme m’a dit Glenn, ce n’est pas une finalité, juste une grosse étape dans ta vie qui doit t’ouvrir des portes.

Qu’est-ce qu’il t’a dit après ta victoire ? 

J’étais très content de remporter cette victoire avec lui. C’est sa première, on l’a créée ensemble. Et il y avait une vraie compétition derrière, humaine autant que culinaire donc c’est que du bonheur.

Par
Kahina Boudjidj