Top Chef (M6) : Défaite pour Clotaire mais souvenirs savoureux… « Ça a été un parcours un petit peu semé d’embûches »

Publié le 19 juin 2024 à 21:43
Capture d'écran M6
Si Clotaire a gagné les votes des chefs ce soir, mercredi 19 juin, il n'a pas fait l'unanimité auprès des 100 bénévoles de la Croix-Rouge chargés de juger le dîner proposé par les deux candidats. Il est revenu pour Télé 7 jours sur son très beau parcours après avoir été éliminé puis avoir remporté la Brigade cachée de Pierre Gagnaire. 

Pourquoi avoir voulu participer à Top Chef ?

Clotaire : Déjà parce que j’ai toujours regardé Top Chef depuis la saison 1. Je n’ai jamais l’habitude d’émincer l’épisode. Aussi, tout simplement parce que ça fait des années que je bosse. Je bosse toujours un petit peu pour quelqu’un. Là, c’est une bonne manière de prendre un peu de lumière et d’avoir enfin des gens qui… Pas enfin, mais d’avoir des autour et qu’on me dise que ce que tu fais, c’est cool parce qu’on a beaucoup de cœur.

Quel était ton objectif en entrant dans Top Chef ?

Je dirais que c’était, comme d’hab dans la vie, de prendre du plaisir, de m’éclater. Après, vraiment concrètement, en termes de compétition, je me suis dit : "Si j’arrive huitième ou septième, c’est cool" (rires).

Tu es finalement éliminé, tu te retrouves dans la Brigade cachée avec Pierre Gagnaire. Comment vis-tu cette cette seconde chance ?

Déjà, j’étais assez soulagé d’être éliminé parce que ma vie privée, avec ma copine enceinte… J’avais un peu l’impression à un moment donné que je passais à côté d’un moment de vie hyper important et unique. Je commençais à ne plus trouver de sens dans tout ça, donc soulagé d’être éliminé. Et ensuite, la production m’appelle et je découvre qu’il y a une brigade cachée (rires). Je raccroche, j’ai la flemme et j’appelle Marylis qui me dit : "Écoute, mec, ça fait deux mois que je gère tout à la maison, je suis enceinte. Je suis seule pour que tu fasses Top Chef. Donc, tu y retournes et tu déchires tout".

Et justement, elle a été un moteur pour toi, j’imagine, dans cette aventure ?

Évidemment, oui, bien sûr. Super moteur, elle m’a beaucoup soutenu et elle a beaucoup pris sur elle aussi pour ne pas laisser paraître le fait qu’elle gère tout. Et surtout sur la fin, elle m’a mis un bon petit coup de pied au c*l (rires). 

Ça s’est passé comme avec Pierre Gagnaire ?

C’était magnifique ! Je pense qu’on s’est bien trouvés. On a pas mal de points en commun, j’ai l’impression. Ce côté un peu rêveur, de voir la cuisine d’une autre manière et à la fois, il fait preuve de beaucoup de pragmatisme. Je pense qu’on s’est bien trouvés et c’était un vrai plaisir de partager ces moments avec lui.

C’est toi qui as remporté la Brigade cachée, belle remontada ? 

J’étais ravi, vraiment ravi de pouvoir réintégrer la compétition, et très, très motivé. Je suis vraiment revenu dans cette brigade cachée en me disant : "Tu fais la brigade cachée, tu ni*ues le game, tu retournes tout" (rires). J’étais déterminé, j’avais envie de tout cartonner. 

Tu es devenu papa depuis la fin du tournage. Comment vis-tu ce nouveau rôle avec ton métier très prenant ?

C’est-à-dire que ça commence à faire beaucoup avec le bébé qui est arrivé (rires), parce que j’ai aussi des responsabilités au niveau de mon boulot. Donc, je dois gérer mon boulot, je dois gérer ma vie de famille, mon couple aussi. Et puis, à côté de ça, sur les longs congés, je fais beaucoup de cueillettes parce que j’ai prévu de partir du Danemark en septembre, de venir cuisiner en France. Donc, j’ai envie de faire découvrir, aux gens qui m’ont suivi et qui m’ont envoyé de l’amour, ma cuisine et un petit goût de ce que je fais là-bas, au Danemark. Et donc, ça demande beaucoup d’investissement et en plus de ça, la médiatisation de Top Chef… donc, je ne dors pas beaucoup, je t’avoue, parce que le bébé ne me laisse pas beaucoup dormir (rires). J’essaie vraiment d’assurer sur tous les points et je soutiens Marilys aussi.

Ce choix de revenir vivre en France, ça a quelque chose à voir avec Top Chef ? 

En fait, le retour en France, ça s’est fait surtout avec l’arrivée du bébé, parce que forcément, il a son père et sa mère partout où il sera, mais il n’a pas le reste de sa famille. En fait, je me voyais mal priver ma mère ou alors les parents de Marilys, ou même mes sœurs de mon fils. J’ai juste envie de revenir un peu aux sources après avoir bourlingué toutes ces années (rires). Et puis, recevoir tellement d’amour sur Insta, forcément, ça me donne envie de le rendre. Et la meilleure manière de le faire, c’est de cuisiner pour les gens. Donc, j’ai envie de faire à manger pour tous ces gens-là, pour les remercier.

Quelle a été ton épreuve préférée dans l’aventure ?

Il y en a eu plusieurs. Franchement, il y a eu la finale, évidemment, parce que la finale, c’était une épreuve où on avait carte blanche. Et donc, j’ai pu vraiment m’exprimer, j’ai pu vraiment cuisiner ce que je voulais cuisiner. Ça, c’était cool. Et puis, cuisiner en équipe, c’était vraiment trop cool d’avoir un petit peu tous les copains qui reviennent sur une épreuve. La guerre des restos aussi, j’ai adoré. Tu peux vraiment avoir un projet, le mener là où tu veux et aussi bosser en équipe, c’était cool aussi. 

Quel est ton plus beau souvenir dans la compétition ?

Je crois que c’est la finale (rires). Vraiment très beau souvenir en finale. À la fin, quand on a envoyé, c’est sorti comme on voulait, tout le monde a pris du plaisir, personne n’était stressé. Et d’avoir les anciens candidats avec qui j’ai bossé, qui viennent me voir, et qui me disent qu’ils ont pris du plaisir, ça, c’était vraiment cool.

Quel est la plus belle qualité de Jorick selon toi ? 

Sa plus belle qualité ? Humainement, c’est que c’est quelqu’un de très généreux, très humble. Il est hyper talentueux, mais il ne s’en rend même pas compte (rires). Et c’est vraiment un super humain. C’est vraiment une belle personne, mais profondément.

Tu n’as pas remporté cette saison 15 de Top Chef mais j’imagine que tu es quand même fier d’en être arrivé là ?

Oui, bien sûr que je suis fier. Franchement, je suis fier d’être arrivé en finale. Ça a été un parcours un petit peu semé d’embûches. Ça n’a pas été tous les jours facile, mais je ne garde que des bons souvenirs, vraiment. Des rencontres extraordinaires, des gens vraiment trop cool. Je crois que cette année, il y avait vraiment une belle cohésion entre les candidats. Ça a créé plein d’amitiés. Quentin, il va venir bosser avec moi au Danemark. On se voit souvent, on s’appelle souvent avec Val et Jorick, Marie aussi, je l’adore. Tous ces candidats, vraiment, j’ai envie de les garder dans ma vie.

"Dans sa tête, on gagnait, c’était plié"

Ta maman a eu des mots très touchants le jour de la finale notamment sur les sacrifices et le fait de vivre loin de toi…

C’est sûr que le fait de partir, ça veut aussi dire que je suis loin de tous ces gens-là… On ne se rend pas compte, mais si tu passes deux ans sans voir ta famille, sans voir tes potes, tu passes à côté de plein de moments de vie. Je crois que ma mère a toujours suivi mon parcours, mais sans vraiment savoir ce que je faisais. Là, je crois que ça l’a rendue fière parce qu’elle s’est rendue compte de quel genre de cuisine je fais (rires).

Tu sors la lame… et elle est orange, grosse déception ?

Évidemment, je tire cette lame… orange… en connaissant les votes des chefs. J’étais favori, donc c’est vrai que tu te dis que tu as quand même des chances, tu commences à y croire. Et puis, tu en rêves, aussi. Parce qu’il s’est quand même passé pas mal de temps entre la fin de la finale et la révélation du gagnant. Et à ce moment-là, je tire cette lame, je suis déçu et tout de suite, je pense à Jorick et je me dis qu’il doit vivre un truc de fou.

Pierre Gagnaire a eu des mots très touchants lui aussi. Vous avez discuté de la finale ensemble ?

Oui, on en a discuté après. Pour lui, il ne comprend toujours pas. Pour lui, vraiment, il n’y avait pas photo. Dans sa tête, on gagnait, c’était plié. Il n’a pas compris. Il m’a dit : "La prochaine fois, tu feras des patates avec du bœuf" (rires).

Et comment fait-on pour accepter d’être arrivé si près du but sans l’atteindre ? 

Je pense qu’au final, Top Chef, c’est une belle aventure, c’est une belle mise en lumière aussi. Je pense qu’à partir du moment où tu es en finale, tu as gagné, tout va bien. Après le tournage, j’avais réservé un resto pour qu’on se retrouve tous là-bas. On était 45, on a eu le temps de boire des verres et de célébrer tout ça parce que c’est une victoire pour tous les deux, au final, même si c’est Jojo qui l’a remportée. C’est que du positif.

Et Paul Pairet, ton chef initial, tu en as discuté avec lui de ta défaite ? 

Oui, on en a parlé. C’est un chef qui m’a aussi beaucoup aidé dans mon parcours, notamment avec des mots qu’il a eu pour moi et où il m’a dit qu’il pensait que je pouvais gagner Top Chef et qu’il serait peut-être bien que je me mette à penser la même chose parce qu’il m’a dit : "Je pense que tu penses que tu ne peux pas gagner". Et il avait raison… J’ai abordé Top Chef en me protégeant énormément, en me disant que si je ne donne pas mon maximum et que je perds, c’est parce que je n’ai pas donné mon maximum… 

Et du coup, est-ce que tu as des regrets par rapport à ça ?

Franchement ? Oui. Je me dis que c’est quand même dommage que je n’ai pas pris ça au sérieux plus tôt. Mais bon, après, c’est facile d’avoir des regrets. Je ne dirais pas que ce sont des regrets, mais je dirais que… En fait, c’est plutôt vis-à-vis des gens qui rêveraient d’être à ma place, surtout. Il y a des gens qui rêveraient d’être à ma place et moi j’étais là à parfois prendre les choses à la rigolade (rires). 

Que souhaites-tu retenir de cette aventure ? 

Que c’est avant tout une aventure humain. Que ce soient les candidats, les équipes aussi, plein de gens bienveillants et aussi en interview, on ne se rend pas compte, on aborde des sujets hyper perso. C’est comme une thérapie, en fait. C’est marrant, mais tu apprends quand même beaucoup et c’est cool. D’ailleurs merci pour la thérapie du jour (rires) ! 

Par
Kahina Boudjidj