Pourquoi avez-vous souhaité participer à Top Chef ?
Clotaire : Je regarde Top Chef depuis toujours. Je n’ai jamais loupé une seule saison, même quand je vivais à l’étranger, je regardais sur Youtube. Vous l’aurez compris, je suis assez fan de l’émission. Tu t’y vois quand t’es gosse. J’étais au lycée hôtelier, je regardais ça, et je me disais que ça serait peut-être moi un jour. La production m’a contacté l’année dernière, à peu près à la même période. J’ai d’abord hésité parce que je pense que j’avais un petit peu peur de me ridiculiser. C’est pas du tout ma zone de confort. Je suis quelqu’un d’assez cérébral, je prends beaucoup de temps tout le temps pour créer un plat. Il faut que je l’imagine déjà très longtemps dans ma tête avant même de me mettre en cuisine donc là c’était un gros challenge. J’ai mis trois semaines avant d’accepter et ce qui m’a motivé c’est surtout la visibilité et le gros tremplin que ça peut être.
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Vous êtes-vous entraîné avant d’entrer dans l’aventure ?
Ce que j’ai fait, c’est qu’avant de commencer Top Chef, je suis parti travailler pendant deux semaines dans un restaurant en France. Juste un petit peu, parce que là où je travaille, on utilise énormément de produits qu’on va cueillir nous-mêmes. C’est vraiment un restaurant particulier, et du coup, j’avais l’impression d’être un petit peu sorti justement de ces trucs là où en fait t’as une heure et demie pour faire un truc avec des produits qui sont entre guillemets pas déjà transformés. Nous on fait beaucoup de fermentation et des choses comme ça, donc je voulais un petit peu réapprendre à retravailler on va dire "à la française".
Outre la visibilité, aviez-vous un autre objectif dans Top Chef ?
J’ai jamais été vraiment chef, j’ai toujours été sous-chef, parce que je bouge beaucoup et du coup, je suis peut-être venu chercher un peu de reconnaissance, quand même, un petit quelque chose pour mon égo puisque dans Top Chef c’est ma tête qui est sur les plats et ce n’est pas moi qui construis les plats dans l’ombre comme j’ai l’habitude de faire.
Vous avez été en binôme avec Paul Pairet, comment ça s’est passé ?
Paul Pairet, déjà c’était le chef que je souhaitais avoir. Donc j’étais déjà très content qu’il ait aussi souhaité m’avoir. C’était une belle rencontre et je pense que ça s’est un petit peu vu le fait que je ne suis pas très compète. C’est la première fois que je fais une compétition et c’est vrai que j’ai tendance à un petit peu gérer la pression à ma manière, c’est-à-dire en le prenant avec beaucoup de légèreté. Et on va dire qu’il m’a un petit peu aidé à me mettre dedans. Ce que j’ai beaucoup apprécié avec le chef, c’est qu’on a eu des discussions off où il me disait : "Bon voilà, je vois où t’en es, je vois que t’es mature, je vais clairement pas commencer à essayer de faire genre je te recadre". Donc voilà, il me laissait beaucoup de liberté et plutôt que d’essayer de me contenir dans quelque chose, il me laissait aller au bout de mes idées.
"J’avais du mal à prendre du plaisir"
L’épreuve vegan de ce soir, ça vous a inspiré quoi ?
Pour être honnête, je crois que durant toutes les épreuves, je n’ai jamais été dans une zone de confort, sauf peut-être lors de la première épreuve où on était assez libre de notre création. Ensuite, il y a eu l’épreuve de la guerre des Restos, je me suis senti hyper à l’aise aussi parce que libre un peu de pouvoir proposer un univers entier. Et sinon, toutes les autres épreuves, franchement, je les ai vécues en me disant : "Comment je vais me démerder avec ce truc ?". Donc l’épreuve de ce soir n’était pas plus flippante que les autres, c’était juste encore une petite galère.
Vous vous retrouvez en épreuve éliminatoire, et vous choisissez de faire équipe avec Valentin. Ça s’est passé comment ?
Avec Val, en fait, ce qui s’est passé, c’est que déjà, bon, ça ne se voit pas trop à l’écran, mais en fait, on était comme cul et chemise pendant tout le tournage de Top Chef, parce qu’à l’hôtel, on était tout le temps ensemble. Il y avait une vraie complicité. On a parlé beaucoup de nos boulots, et je pense que ça l’a mis dans une confiance, une confiance mutuelle même. Du coup, je pense qu’il n’avait pas forcément besoin de prendre le lead non plus, parce qu’il savait qu’il pouvait compter sur moi.
Vous vous retrouvez face à face au moment de l’élimination. C’est triste de partir face à lui ?
J’étais content que ce soit lui qui passe et pas moi. Parce que ça faisait déjà plusieurs semaines où ça commençait à me peser. J’avais du mal à prendre du plaisir, en fait, et je commençais à en avoir un petit peu marre, honnêtement. C’était beaucoup plus important pour lui d’aller plus loin que pour moi. Il avait beaucoup plus de choses à se prouver. J’étais presque soulagé parce que j’avais aussi ma copine qui était enceinte à Copenhague. On s’appelait beaucoup mais c’était pas facile à gérer. Je culpabilisais un petit peu, même si elle, elle me déculpabilisait. J’y pensais beaucoup et plus ça allait, plus je me disais, mais qu’est-ce que je fais là ? Je devrais être avec elle, à la soutenir. Et je crois que ça a commencé à me peser sur la fin…
En allant aussi loin dans la compétition avez-vous trouvé ce que vous étiez venu chercher ?
Non, honnêtement, je n’ai pas eu l’impression d’avoir trouvé ce que j’étais venu chercher… Pourquoi ? Parce que j’ai eu l’impression vraiment de ramer tout le long… Franchement, ça n’a pas été forcément une grosse partie de plaisir, on va dire. Mais en tout cas, quand je suis parti, je n’avais vraiment zéro regret. Et puis, j’ai quand même passé une bonne aventure, j’ai rencontré des personnes vraiment trop cool. C’est vraiment ce que je retiens. J’ai vu Top Chef de l’intérieur, c’était cool, j’ai passé du temps avec des gens cools, je me suis amusé, j’ai galéré. Mais voilà, je n’ai pas eu l’impression d’avoir eu beaucoup de réussite en tout cas, ça a été laborieux, on va dire (rires).
Le mot de la fin ?
Je ne souhaite retenir que du positif. Les candidats, les rencontres avec les chefs… Et puis ouais, tous nos échanges sur notre boulot, sur l’avenir de notre boulot parce que c’est vrai que moi je ne suis pas trop entouré par des chefs français, donc je ne suis pas trop au courant de ce qui se passe vraiment dans les cuisines en France. J’ai été agréablement surpris en fait de voir que les profils avaient quand même pas mal changé et que maintenant on était sur des gens qui réfléchissaient beaucoup et qui se posaient des bonnes questions, surtout en termes de management, etc. C’est important.