Télématin : pourquoi la matinale de France 2 a-t-elle changé de studio ?

Publié le 24 mai 2024 à 8:31
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Depuis ce jeudi 23 mai, les animateurs et les chroniqueurs de "Télématin" sont filmés dans un décor minimaliste. Quelles sont les raisons de ce changement ?

Les fidèles téléspectateurs de Télématin l’ont bien remarqué : ce jeudi 23 mai et ce vendredi 24 mai, une rediffusion de l’émission a été proposée entre 6h30 et 7h00. La matinale de France 2 a donc démarré une demi-heure plus tard, à 7h du matin, et a changé de plateau. Ce dernier est beaucoup plus petit, au point de ne pas pouvoir accueillir les deux animateurs à la fois. Hier, Marie Portolano et Thomas Sotto se sont succédés. Il en était de même ce matin : Maya Lauqué a démarré seule avant de laisser son siège à son collègue Damien Thévenot à partir de 8h15. Sol et plafond noir, table verte, lumière désagréable… Mais que s’est-il passé ?

Une grève massive

"C’est en raison de la grève d’une partie des personnels de France Télévisions", a expliqué Thomas Sotto aux téléspectateurs. En effet, le projet de fusion de l’audiovisuel public est largement contesté. La matinale de Jean-Baptiste Marteau sur Franceinfo a été remplacée par des rediffusions, et le Syndicat national des journalistes (SNJ) a même comptabilisé 72% de grévistes à Radio France : "Il n’y a pas eu d’antenne à France Inter, France Info, France Culture et Mouv’", a-t-il écrit dans un communiqué. "À France Bleu, 26 des radios locales du réseau n’ont pas assuré leur antenne en matinale et 11 ont connu des perturbations".

Un projet de fusion très controversé

La ministre de la Culture a ressorti le projet de fusion de l’audiovisuel public des tiroirs et souhaite absolument regrouper France Télévisions, Radio France et l’INA avant la campagne de l’élection présidentielle de 2027. La machine a donc été lancée très vite, ce qui suscite la suspicion des salariés concernés, d’autant plus que les risques économiques et éditoriaux pourraient être conséquents. Les trois entités doivent devenir les filiales d’un seul groupe présidé par un dirigeant nommé pour cinq ans par l’Arcom, dont le président est nommé lui-même par le président de la République. "Placer les radios et télévisions publiques en situation de dépendance directe du pouvoir politique. (…) Nous craignons pour l’indépendance de vos médias de service public lorsque l’on nommera, pour cette superstructure, un ou une PDG unique, aux pleins pouvoirs", ont affirmé les dix syndicats qui ont fait appel à la grève dans un communiqué. Léa Salamé, Nagui ou encore Sonia Devilliers ont rejoint le mouvement. Cette dernière s’est expliquée sur le réseau social X : "Nous n’avons rien contre l’idée de changer, d’avancer, de réformer. Mais là, nous sommes face à une fusion de l’audiovisuel public faite à l’aveugle et dans une urgence inexpliquée. Le projet est vide, les arguments fumeux. La radio publique va morfler pour rien. JE SUIS GRÉVISTE".

Par
Hugo Mallais