Sommes-nous tous sexistes ? (France 2) – Marie Portolano et Jamy Gourmaud décryptent l’origine des stéréotypes sexistes

Publié le 24 février 2026 à 9:12
© Benjamin DECOIN - France Télévisions
Comprendre les mécanismes inconscients à l’origine du sexisme pour mieux lutter contre : tel est l’objectif de cette soirée spéciale, animée par Jamy Gourmaud et Marie Portolano.

Mesdames, avez-vous parfois l’impression que les hommes vous coupent la parole en réunion ? Et vous, Messieurs, ressentez- vous la pression d’être « virils » ? Dans ce prime time événement, Marie Portolano et Jamy Gourmaud mettent en lumière les mécanismes inconscients à l’origine des stéréotypes sexistes, qu’ils visent les femmes ou les hommes. Pour cela, 50 volontaires participent – à leur insu – à des expériences scientifiques, adaptées pour le programme. Les résultats sont analysés avec le conseiller scientifique de l’émission, le psychosociologue Sylvain Delouvée, et commentés par la comédienne et humoriste Caroline Vigneaux, qui aborde régulièrement la question du sexisme dans ses spectacles. 

LES STÉRÉOTYPES DE GENRE 

Le résultat de la première expérience se révèle édifiant. La consigne est d’associer spontanément un métier aux images présentées : trois femmes dans un bloc opératoire, une au téléphone et une autre en uniforme à l’entrée d’un avion. Les réponses fusent : infirmière, secrétaire, hôtesse de l’air. Les mêmes scènes sont ensuite proposées avec, cette fois, des protagonistes masculins. Et là, les métiers attribués changent : chirurgien, businessman et pilote d’avion… Un constat sans appel, qui met en évidence à quel point les stéréotypes de genre sont ancrés et comment nous associons, par automatisme, certains métiers symboles de « puissance » aux hommes, tandis que ceux dits de « soutien » ou de « subordination » sont davantage attribués aux femmes, explique Sylvain Delouvée.

DES PRÉJUGÉS DÈS L’ENFANCE 

« On ne naît pas avec ces idées préconçues, souligne le conseiller scientifique. Mais les préjugés de genre s’installent très tôt, dès l’âge de 4 ans, sous l’influence des parents, mais aussi de l’école. » Au cours de l’émission, des enfants de 7 ans ont été interrogés, et leurs témoignages illustrent de façon frappante l’appropriation de ces stéréotypes. « Les garçons sont plus courageux », lance la petite Emma, tandis que pour Emmie : « Les filles, c’est plus calme, les garçons ça fait la bagarre. » Pour les frères Nathan et Benjamin : « Les filles peuvent faire du sport, mais elles ne sont pas vraiment sportives. » Toutefois l’espoir reste permis avec Owen : « Je ferai le repassage, la vaisselle, le ménage… comme ça mon amoureuse n’aura pas beaucoup de travail. » 

MÂLES EN DÉTRESSE 

Biberonnés d’injonctions à la virilité, au contrôle émotionnel et à la performance, les hommes sont maintenus dans des rôles de dominants. Ceux qui s’en écartent s’exposent au jugement et au mépris. Une expérience filmée en caméra cachée illustre parfaitement ces stéréotypes. Une comédienne sanglote, seule sur un banc public, et, spontanément, plusieurs passants s’arrêtent pour la consoler ou lui proposer de l’aide. La même situation est rejouée avec un comédien qui, lui, suscite nettement moins d’empathie. Personne ne s’intéresse à son sort, à l’exception de deux jeunes femmes… qui se moquent de sa tristesse ! 

Sommes-nous tous sexistes ?, mardi 24 février à 21h10 sur France 2

Par
Sarah Ibri