Une grand-mère esclave
Le romancier tient son nom de sa grand-mère paternelle, Marie-Cessette Dumas, une esclave d’origine afro-caribéenne. Elle fut la compagne du marquis Alexandre Antoine Davy de La Pailleterie, un aristocrate désargenté venu chercher fortune aux Antilles. Le couple eut trois enfants, dont Thomas Alexandre Dumas, né en 1762, futur général de la Révolution française et père du célèbre écrivain.
Sa soif de revanche sociale
Alexandre Dumas n’a que 3 ans et demi lorsque son père meurt, en 1806, d’un cancer de l’estomac. Le général Dumas laisse sa veuve et son fils dans une gêne matérielle. En effet, Bonaparte, devenu empereur, nourrit, depuis la campagne d’Égypte, de la jalousie vis-à-vis de ce gaillard de plus d’1,87 m. Dans l’armée d’Orient, celui-ci bénéficiait d’une popularité auprès des troupes et des populations locales, ce qui faisait de l’ombre à l’ambitieux Corse. Ce dernier refuse d’accorder la pension de retraite de général à sa veuve. On pense que l’injustice, l’adversité et la jalousie dont fut victime ce père adoré inspirèrent à Dumas Le Comte de Monte-Cristo.
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Ses débuts de dramaturge
Alexandre Dumas doit son premier succès non pas à un roman, mais au théâtre. Sa pièce Henri III et sa cour, présentée à la Comédie-Française en 1829 (un an avant Hernani, de Victor Hugo), remporte un énorme succès. Il devient, à 27 ans, la coqueluche du Tout-Paris.
Le romancier feuilletoniste
Toujours en quête d’argent, l’auteur décide de se lancer dans l’écriture de romans historiques. La découverte des Mémoires de Monsieur d’Artagnan, de Gatien de Courtilz de Sandras, lui donne l’intrigue des Trois Mousquetaires. En 1844, il s’associe avec Auguste Maquet, un professeur d’histoire érudit, qui lui apporte son expertise historique. Les deux hommes collaborent simultanément à un autre roman à succès, Le Comte de Monte-Cristo, dont l’histoire est inspirée d’un fait divers réel survenu en 1807 : la veille de son mariage, François Picaud, un cordonnier nîmois, fut accusé par des proches jaloux d’être un espion anglais. Publiés respectivement dès 1844, dans Le Siècle et Le Journal des débats, les deux ouvrages lancèrent le genre du roman-feuilleton.
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Racisme, médisance et adversité
Le succès phénoménal d’Alexandre Dumas suscite bien des jalousies parmi la bonne société parisienne. On l’attaque pour plagiat, lui reprochant l’utilisation de nègres littéraires. Reproche-t-on aux grands maîtres de la Renaissance d’employer des apprentis pour poser les aplats ? Les caricaturistes s’en donnent à coeur joie. On accentue ses traits (lèvres lippues, cheveux crépus, allure simiesque). L’écrivain Eugène de Mirecourt le décrit comme « un nègre se faisant passer pour un aristocrate ». Dumas a de la repartie. Lors d’un dîner, un convive lui lance : « Vous devez vous y connaître en nègres, avec tout ce sang noir ! » Flegmatique, le romancier lui répond : « Mon père était un mulâtre, mon grand-père un nègre, mon arrière-grand-père un singe. Vous voyez, Monsieur, ma famille commence où la vôtre finit. » En 2002, date du bicentenaire de la naissance de l’écrivain, le président Jacques Chirac fit transférer ses cendres au Panthéon.
Secrets d’histoire, mercredi 21 février à 21h10 sur France 3