Police (France 3) : Le film avec Omar Sy et Virginie Efira est-il inspiré d’une histoire vraie ?

Publié le 8 janvier 2023 à 14:16
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La réalisatrice Anne Fontaine nous enferme toute une nuit dans la voiture de patrouille de trois flics chargés de reconduire un réfugié à la frontière. Un voyage vers la lumière, servi par des comédiens à leur meilleur.

Au générique, le mot Police s’affiche à l’envers. Comme les vies sens dessus dessous d’Erik, de Virginie et d’Aristide, des agents de police peu pressés de rentrer après le service. Ça tombe bien, il faut convoyer un demandeur d’asile tadjik à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle. Sur la route, Virginie (Virginie Efira), touchée par la détresse du prisonnier, Asomidin (joué par l’Iranien Payman Maadi), fait une entorse au règlement, en consultant son dossier. Et comprend qu’il est promis à la mort dans son pays. Le laisser s’échapper au premier feu rouge ? À l’avant, les collègues tiquent. La tension monte. Est-il un réfugié politique ? A-t-il été torturé, comme c’est précisé dans le compte-rendu de son audition ? « Ce genre d’histoire s’achète 15 euros, à Barbès », ironise Aristide (Omar Sy). La possibilité qu’il soit un terroriste ? « On n’en sait rien. Personne n’est innocent, jusqu’à preuve du contraire », sermonne Erik (Grégory Gadebois), le moins enclin à interroger sa conscience. 

ET VOUS, COMMENT RÉAGIRIEZ-VOUS ? 

Pour raconter l’odyssée humaine de ces policiers lambda face à leur propre vérité, Anne Fontaine s’est inspirée du roman éponyme d’Hugo Boris : "J’ai eu envie de suivre leur cheminement intérieur, au cours de cette mission pour laquelle ils n’ont pas été formés, et partager leurs questionnements. Comment réagirait- on à leur place ? Comme le lecteur, le spectateur devait pouvoir naviguer avec ses propres interrogations sur la désobéissance." Vous l’avez compris, le cinquième passager, c’est vous.

UNE ODYSSÉE HUMANISTE 

Le film est construit en trois chapitres, chacun dédié à un policier. Soit trois points de vue et trois histoires, qui vont influer sur leur décision : Virginie est épuisée par un premier bébé et des journées à rallonge. Elle est enceinte, mais pas de son mari, et son couple bat de l’aile. Comme celui d’Erik, chef de brigade qui porte le poids de l’uniforme comme une seconde peau et ne veut pas déroger à la règle. Quant à Aristide, il affiche une pêche à toute épreuve. Pourtant, chaque soir, il n’oublie jamais de se dévêtir sur son palier, pour « que l’odeur de toute cette merde ne rentre pas chez moi… » Comme ses collègues, des choses moches, il en a vu.

La réalisatrice, qui s’est documentée au sein de deux hôtels de police parisiens, n’oublie pas de montrer le quotidien harassant d’un commissariat, avec son lot d’affaires sordides, de violences conjugales, de bébé congelé, en passant par la répression d’un groupe de manifestants. Virginie Efira, Omar Sy et Grégory Gadebois campent ces flics de quartier en première ligne face à la détresse, avec leurs fêlures, leurs contradictions et leurs faux-semblants. C’est sans doute l’actrice de Revoir Paris qui résume le mieux la matière romanesque des trois héros : "Mener une lutte contre quelque chose que l’on pense injuste, avoir une conscience libre contre l’autorité, c’est un beau chemin à prendre. Qu’importe l’issue : essayer, c’est déjà se sauver."

Police : lundi 3 février à 21h05 sur France 3

ISABELLE MAGNIER 

Par
Isabelle Magnier