Norbert Tarayre, Le combat des régions (M6) : « Il y a quelque chose que je n’avais pas prévu… »

Publié le 25 juillet 2022 à 12:22
WILLIAM BEAUCARDET / M6
Tout au long de l’été, l’émission passe en revue la gastronomie française. Le tout dans une ambiance détendue, très chère au chef de M6… Entretien.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de prendre part à ce nouveau concept du Combat des régions ? 

Norbert Tarayre : Quand M6 m’a parlé de ce projet, j’ai tout de suite dit oui. Pour La Meilleure Boulangerie de France, on ne pouvait pas avoir ce petit côté chauvin que l’on aime bien voir en France et que j’adore. Je me suis dit que ce serait génial de regrouper toutes les régions culinaires sur un plateau pour créer une émulation et faire découvrir ainsi des produits. On se rend compte qu’il existe des plats traditionnels dont on ne soupçonnait même pas l’existence ! 

En quoi cette nouvelle émission se démarque-t-elle de tous les autres concours culinaires ? 

C’est un programme très touchant. Il y a quelque chose que je n’avais pas prévu, c’est que l’affect soit autant présent. Les candidats ont à coeur de bien représenter leur région culinaire. C’est bien plus que de la cuisine. Quand les délégations arrivent sur le plateau, elles sont d’humeur festive. Ensuite, dès la première épreuve, l’esprit chauvin prend place. Malgré ce chauvinisme, qui est constamment présent, la compétition se déroule dans une ambiance plutôt bon enfant… Toujours. C’est l’esprit que j’ai voulu insuffler à cette émission. Ce que je recherche avant tout, c’est de la bonhomie. Même si ça reste un concours, je veux que ce soit cool et que les candidats ne jouent pas leur vie. Je ne cherche pas à décerner un trophée. Je veux juste amener un vent de fraîcheur grâce à la cuisine, aux régions françaises et, surtout, aux candidats.

Quelles impressions globales vous ont donné les participants ? 

D’un point de vue technique, le niveau est très hétéroclite. Cela peut aller de l’étoilé Michelin au traiteur, en passant par le routier… C’est un vrai meltingpot de la cuisine française. Après, humainement, c’est la plus belle émission de cuisine ! Les candidats sont les stars du programme. 

Quelle connexion s’est installée entre vous et les autres membres du jury, Aurélie Chaigneau et Gilles Goujon ? 

Nous avons des désaccords, et c’est ce qui me plaît. Avec ses trois étoiles au guide Michelin et son statut de Meilleur ouvrier de France (MOF), Gilles Goujon s’attache à ce que les candidats respectent surtout la tradition et la technique. Du fait de son métier de critique gastronomique, Aurélie Chaigneau se met à la place du client. Et il y a moi, le chef « bistronomique », qui connaît aussi bien la boulangerie, la pâtisserie que le terroir. Il existe une grande complémentarité entre nous trois. 

Ça vous fait quoi de vous retrouver au côté d’un chef au restaurant triplement étoilé et MOF ? 

Certains rêvent de rencontrer des chanteurs ou des stars de cinéma, moi, ce sont les chefs comme Gilles Goujon. C’est incroyable d’avoir trois étoiles à son établissement, qui plus est, en étant à la fois chef et propriétaire, avec, en prime, le titre honorifique de Meilleur ouvrier de France. Comme avec Bruno Cormerais de La Meilleure Boulangerie…, je suis fan des personnes qui excellent dans leur domaine de compétence. À leurs côtés, je suis comme un gosse émerveillé. Ce sont des dieux ! 

Interview Benoît Lesueur 

Par