Mina Blue (The Voice) se confie sur son passé douloureux : « Je ne voulais pas en parler… »

Publié le 22 février 2025 à 21:13
TF1/ITV
Dans les auditions à l'aveugle sur TF1, la nouvelle candidate originaire d'Italie a convaincu les quatre coachs de se retourner lors d'une performance 

Vous jouez dans la rue depuis près de dix ans…

Mina Blue : Oui, et je joue toujours dans la rue aujourd’hui. C’est comme ça que je gagne ma vie. Ça me permet aussi de voyager, ce que j’adore faire, et de me faire connaître dans différentes villes, être engagée pour faire des concerts… J’ai commencé à jouer dans la rue en 2015 et j’arrive assez bien à en vivre. Avant cela, j’étais professeure de chant et je donnais des concerts à Rome. Là-bas, j’étais plus stable, mais dans la rue je gagne suffisamment pour vivre et je suis libre de bouger et me faire connaître partout.

Quel genre de musique jouez-vous dans la rue ?

C’et principalement un répertoire pop rock. Surtout rock. Normalement, je préfère chanter mes chansons. Je suis productrice et compositrice. Je préfère l’électro-pop. Mais pour la rue, je voulais jouer un genre de musique qui donne de l’énergie avec des chansons très connues. C’est un beau répertoire, je m’amuse beaucoup et ça attire l’attention des gens.

"Je dois être honnête, je n’aimais pas du tout ce type de programme"

Pourquoi avez-vous accepté de faire l’aventure The Voice cette année ?

Au début, je n’aimais pas du tout ce type de programmes, je dois être honnête. The Voice m’a contacté deux fois, en 2019 puis en 2021 mais j’avais refusé. J’avais dans ma tête l’image de The Voice of Italy et des autres émissions de mon pays qui ne sont pas vraiment focalisées sur les artistes. Donc je ne voulais pas. Ils m’ont rappelée en 2024, et je me suis dit que cette fois, c’était peut-être un signe de l’univers. S’ils voulaient vraiment que je participe, c’était peut-être qu’ils avaient quelque chose à m’apporter cette fois. Et je me sentais prête, après avoir auto-produit mon album en 2022.

Vous avez choisi de chanter Strong de London Grammar car vous vouliez parler des femmes fortes…

Je voulais aussi démonter que la femme forte, elle a aussi un côté fragile, comme les autres. Je ne sais pas si en France c’est pareil, mais en Italie, il y a beaucoup de féminicides. Je pense que la société patriarcale n’est pas en adéquation avec l’évolution de la femme. Elle peut avoir le pouvoir qu’elle n’avait pas avant. Beaucoup d’homme s’en sentent menacés, c’est pour ça qu’il y a autant de problèmes. C’est une vengeance de l’homme qui ne veut pas accepter ça et préfère éliminer le problème. Pour moi, c’est important, parce qu’en tant que femme très forte, j’ai eu beaucoup de problèmes avec les hommes. Je n’arrive pas à avoir une relation normale avec un homme, je ne suis jamais aimée pour ce que je suis. Je suis née dans une famille matriarcale et j’attire des hommes qui sont fragiles, comme mon père. C’est dur encore maintenant d’accepter que les hommes ne m’aiment pas car j’ai trop de personnalité.

Les quatre coachs se sont retournés, dont trois très rapidement !

J’étais trop contente. Je voulais faire passer des émotions aux autres et partager ce moment avec tout le monde, car c’est une opportunité énorme. Je voulais donner le meilleur de moi-même.

Mina Blue : "Ma mère a été très dure avec moi"

Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre l’équipe de Zaz ?

Zaz a chanté dans la rue, elle est comme moi, féminine mais pas Barbie. C’est une vraie femme, cool, joyeuse, énergique… On a un parcours similaire,  elle peut comprendre la vie d’une artiste de rue, les sacrifices que j’ai fait. 

Zaz a ressenti votre passé difficile, mais vous avez préféré ne pas l’évoquer sur le plateau.

J’ai eu des moments durs dans ma vie mais je ne voulais pas en parler. Je ne voulais pas "commercialiser mes problèmes". J’ai eu des soucis familiaux, une famille dysfonctionnelle. Je suis née "par accident", j’étais la troisième fille et mes parents n’en voulaient que deux. Ils m’ont dit ça… J’ai entendu toute ma vie qu’ils n’étaient pas contents de m’avoir car je créais trop de problèmes financiers. Mon père travaillait dans une usine, ma mère était mère au foyer… Ma mère était très dure avec moi, très violente avec les mots. Elle m’a dit beaucoup de choses terribles psychologiquement quand j’étais petite. J’ai grandi avec des problèmes psychologiques, j’ai fugué quand j’étais petite plusieurs fois car je ne voulais pas rester là-bas.

Par
Hugo Mallais