Les Routes de l’impossible (France 5) – Comment les habitants du désert irakien résistent aux caprices de la nature

Publié le 18 juillet 2025 à 7:55
©Tony Comiti Productions
Leur survie est menacée par le changement climatique et l’assèchement des marais. Pour subsister, la population brave tous les dangers en empruntant des routes… impossibles. 

Survivre dans le désert 

« Avant, il y avait des sources ici. Aujourd’hui, la terre est asséchée. Nous en souffrons beaucoup, ma famille et moi », se lamente ce Bédouin installé dans le désert de Samarra, situé à une bonne centaine de kilomètres de Bagdad, la capitale du pays. Ses dromadaires sont la seule richesse de ce chamelier. Hélas, la crise climatique qui touche l’Irak depuis plusieurs années rend son quotidien de plus en plus difficile. « L’eau, il faut aller la chercher très loin. » Les plus riches louent des camions. Les plus pauvres, à l’instar de ce nomade du désert, se débrouillent avec les moyens du bord. Aujourd’hui, il est temps de remplir les citernes pour abreuver son troupeau de camélidés. Et c’est le fils de 15 ans qui s’y colle. « Mon rôle est de lui enseigner tout ce qu’un homme doit savoir pour affronter cette terre de désolation », explique le chef de famille. Si l’adolescent maîtrise parfaitement le bétail, il est encore trop jeune pour piloter sa moto et risque sa vie, à tout moment, sur les pistes défoncées. Mais il n’a guère le choix s’il veut prendre la relève de son père. Dans le désert, c’est comme ça. Chacun doit pouvoir compter sur l’autre…

Un peuple en détresse 

On les appelle les Arabes des marais ou peuple des roseaux. Les Madanes (ou Maadans) vivent au sud du pays, dans la région des grands marais du delta du Tigre et de l’Euphrate, les deux fleuves de Mésopotamie. Dans les années 1970, ils étaient environ 250 000. De nos jours, ils ne seraient plus que quelques milliers. En cause ? La pollution, les sécheresses à répétition, les barrages turcs et iraniens. Cet immense territoire humide, censé avoir jadis accueilli le jardin d’Éden, s’est transformé en océan de boue. Seules quelques étendues d’eau subsistent, reliées entre elles par des canaux qui serpentent à travers les hautes plantes aquatiques. Pour les derniers hommes des marais, il devient compliqué de s’orienter et de naviguer dans ce labyrinthe aquatique. « Le niveau de l’eau est bas. Il faudrait qu’il soit plus élevé pour avancer normalement », se plaint Samir, l’un des derniers habitants des lieux. Avec sa famille, il résiste, mais pour combien de temps encore ? 

Des montagnes à haut risque 

Si le désert fait partie des environnements extrêmes, les montagnes du Kurdistan irakien, situées au nord du pays, ne sont pas sans dangers. Virages en épingle, risques d’éboulement… Au volant de sa voiture, un agriculteur, contraint de traverser cette route impraticable pour rejoindre ses champs, n’en mène pas large. « À chaque trajet, la peur m’envahit et ne me lâche plus, jusqu’à l’arrivée ! » Mais la route de cette grande région n’est pas le seul danger. Si les Kurdes d’Irak ont obtenu l’autonomie, ce n’est pas le cas pour ceux de Turquie, dont l’une des branches armées mène une guérilla depuis ces montagnes situées à la frontière… 

Les Routes de l’impossible, vendredi 18 juillet à 20h55 sur France 5

Par
Caty Dewanckèle