Les Routes de l’impossible (France 5) : Sur les pistes les plus dangereuses d’Inde

Publié le 4 juillet 2023 à 11:27
© Tony Comiti
Derrière l’agitation des grandes villes de ce pays, des coutumes ancestrales et des modes de vie d’un autre temps sont à découvrir dans ce film documentaire.

Eau, mon dieu !

La tribu des Jaintia ne pratique pas l’hindouisme, le courant religieux majoritaire en Inde. Cette minorité ethnique vénère son propre dieu et les esprits de la nature. Chaque année, au mois de juillet, une procession est organisée pour invoquer les pluies de la mousson. Les hommes érigent ainsi un "Rath", une tour de 100 kilos d’une vingtaine de mètres, qu’ils font défiler dans les rues du village. La tour, à l’équilibre précaire, est conduite sur la Place sacrée, ou plutôt dans une mare de boue, qui symbolise la Terre Mère. Là, les Jaintia dansent et s’arrosent de cette eau. Comme par miracle, quelques gouttes de pluie viennent percer le ciel… 

Radeau fagot 

On les appelle les Mising ou "peuple du fleuve". Ils ont des talents de navigateurs et sont devenus les rois de la descente en radeau de bambou du fleuve Brahmapoutre (dans l’Est de l’Inde). "Il ne faut surtout pas fixer les bambous les uns à côté des autres, sinon on ne flotterait pas, explique l’un d’eux, c’est pour ça qu’on les attache en fagots." Aujourd’hui, ils doivent se rendre à Jorhat, soit 20 kilomètres en deux jours de descente. Bancs de sable, courants, troncs d’arbres… les obstacles ne manquent pas sur leur parcours. "Le radeau est très fragile, il faut faire attention à ne rien heurter, sinon on coule."

À couper le sifflet… 

C’est l’une des pistes les plus vertigineuses de la vallée de Pangi, située à l’extrême nord de l’Inde. À l’intérieur du bus, qui emprunte cet étroit chemin de 30 kilomètres à flanc de montagne, les passagers affichent des visages fermés, certains font même leur signe de croix. "Je n’aime pas prendre cette route, mais c’est toujours mieux que de voyager à pied", confie, avec pragmatisme, une voyageuse. Et parmi ces personnes, il y a aussi un homme qui guide le conducteur à l’aide d’un sifflet : "Un coup de sifflet, il avance, deux coups, il s’arrête…"

C’est le pont-pont 

L’État du Meghalaya, dans le Nord-Est de l’Inde, est l’un des endroits les plus humides de la planète. Il y tombe en moyenne 12 mètres de pluie par an. Un climat favorable aux cultures et rendu possible par la préservation de la forêt. Ici, les Khasis, ce groupe ethnique qui peuple la région, n’utilisent aucune machine, aucun ciment ni même des lianes tressées pour construire routes et ponts. Ils travaillent le Ficus elastica ou arbre à caoutchouc, réputé pour sa solidité, afin de bâtir n’importe quel édifice. Dans les forêts, certains ponts ont plusieurs siècles d’existence !

Petits pois, grande marche 

Tenzin est agriculteur à Killar, un village perché à 3 000 mètres d’altitude dans la vallée de Pangi. Aucune piste ne dessert ce lieu reculé du Nord du pays. Seul un téléphone satellite lui permet de communiquer afin de faire marcher son commerce. Le projet de route a été abandonné pour préserver la forêt. Alors, pour aller vendre leur récolte de petits pois, Tenzin et ses employés sont obligés de marcher 24 kilomètres, aller et retour, par jour. Des mules portent sur leur dos les sacs de petits pois fraîchement récoltés, qui seront donnés à un transporteur en bas de la vallée.

Les Routes de l’impossible, mardi 4 juillet à 21h00 sur France 5

THOMAS GAETNER 

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