Nous sommes au lendemain du match PSG-Real Madrid. Dans la pièce Les Grandes Ambitions, tandis que vous êtes en train de jouer au baby-foot, vous vous exclamez : "Allez, Kylian !" Vous avez dû apprécier son but…
M Pokora : J’ai beau être un fervent supporter de l’OM, je suis pote avec Kylian Mbappé. Alors j’ai fait ce petit clin d’œil le soir où il est venu voir la pièce. Depuis, je l’ai gardé parce que ça faisait rire les gens.
Parlons de la pièce. Comment ce projet vous est-il tombé dessus ?
L’été 2020, je déjeunais en famille à la plage, à Sainte-Maxime. Philippe (Lellouche, ndlr), que je connais depuis quinze ans et qui habite dans le coin, déjeunait au même endroit. Quand il m’a vu, il est venu me proposer de jouer avec lui. Dans la journée, je lui envoyais un selfie, pleurant de rire en lisant les premières pages du texte. Une fois les contraintes liées à la pandémie passées, on s’est mis au travail un an après.
Qui sont Yvan, votre personnage, et Fred, interprété par Philippe ?
Deux losers au grand cœur. Les Grandes Ambitions : cette pièce porte bien son nom. Chacun met la barre à son niveau. Pour eux, c’est une grande ambition d’ouvrir un karaoké, même si ce ne sont pas les standards de Charlotte (Estelle Lefébure), la femme de Fred. Ça les rend touchants et profondément humains.
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On sent que vous aimez incarner Yvan, à travers lequel vous n’hésitez pas à écorner votre image…
Yvan, c’est l’ami qu’on rêverait d’avoir, toujours là, contre vents et marées. Il est seul, un peu simplet. On lui accorde peu d’intérêt. Mais, lui, fait attention aux autres et à tout ce qui se passe autour de lui. Sa gestuelle maladroite, ses tocs, je les ai ajoutés au gré des représentations. Beaucoup de gens venaient pour le chanteur. Au contraire, j’ai voulu sortir de l’image que je renvoie au public, montrer ce que j’avais dans le ventre.
Vous passez avec aisance de la franche rigolade à des scènes d’émotion pure, notamment face à Estelle Lefébure…
Faire rire, c’est le plus compliqué. Mais avec Philippe comme coach, et de bonnes punchlines, ça aide. J’avais débuté la comédie par un rôle plus dramatique, face à Muriel Robin, dans Le Premier Oublié (téléfilm pour TF1, en 2019). Ce registre-là est beaucoup plus facile à jouer. Surtout face à quelqu’un de doux, très à l’écoute et hypersensible comme Estelle. Je sens qu’elle reçoit comme une décharge électrique quand je m’adresse à elle. Ça m’aide à me mettre encore plus dans la peau de mon personnage. Ce que j’aime dans cette pièce, c’est que l’on passe par toutes les émotions.
À propos d’émotion, le fait de jouer en direct à la télé ajoute-t-il de la pression ?
C’est sûr. D’autant qu’on a fait une pause de trois mois entretemps. Souvent, je n’aime pas quand mes concerts sont filmés, parce que je pense trop à la trace qu’on va laisser. Pour la pièce, je vais essayer de ne pas me brider ni d’en faire trop. Juste prendre autant de plaisir que sur les précédentes représentations.
Interview Frédéric Lohézic