Un profil HPI
Voltaire, de son vrai nom François-Marie Arouet, intègre à 10 ans le collège Louis-Le-Grand, qui forme l’élite du XVIIIe siècle. Selon Tobie Nathan, ethnopsychiatre et romancier, « Voltaire faisait un poème en trois minutes sur n’importe quoi. Ses profs et copains étaient scotchés. On dirait aujourd’hui que il est HPI ».
L’ironie est son arme
Derrière une légèreté apparente, il dénonce les travers humains et sociétaux. Notamment dans son fameux Candide ou l’Optimisme, l’oeuvre la plus lue du philosophe. Il pratique une ironie sur laquelle deux théories s’affrontent. Pour le romancier Frédéric Lenormand, « c’est une arme qui n’opprime pas, contrairement au dogme. Une arme qui blesse et, en général, ne tue pas. » Tandis que pour l’ethnopsychiatre Tobie Nathan, c’est tout le contraire : « Ses mots sont des épées, des dagues, des coups de feu. L’ironie, c’est la méchanceté qui échappe à la critique, grâce à l’humour. »
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Esprit libre et libertin
Adolescent, il rejoint la société du Temple, espace littéraire et philosophique, mais aussi haut lieu du libertinage. Un terme à nuancer, comme le fait l’historienne Cécile Berly : « Il ne faut pas oublier que la première définition du libertinage, c’est apprendre à penser de façon libre. C’est-à-dire indépendante de tout carcan, idéologie et idée préconçue. » Bel esprit, Voltaire n’est toutefois pas insensible aux plaisirs terrestres. Émilie du Châtelet, femme savante et libertine, sera le grand amour de sa vie, qu’il considérait « comme une déesse, précise la philosophe Élisabeth Badinter. Je ne sais pas combien d’épîtres, de lettres publiques, il a écrites à sa gloire ». Plus tard, et jusqu’à sa mort, il sera en ménage avec sa propre nièce, Marie-Louise Mignot, dite Madame Denis, de 17 ans sa cadette.
Un savant calculateur
Fils de notaire, Voltaire aspire à se rapprocher des plus grands, tout en conservant son indépendance. Avec son ami mathématicien Charles-Marie de La Condamine et quelques associés, il imagine une façon de remporter, à coup sûr, le jackpot de la Loterie, en achetant la totalité des billets mis en vente. Avec l’argent empoché par cette astuce, tout à fait légale, il jouera les usuriers auprès de la noblesse.
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Vénéré comme une rock star
Le 11 juillet 1791, treize ans après sa disparition, le grand homme entre au Panthéon. Le cortège funèbre entraîne des comportements hallucinants de la part de la foule, ainsi que l’explique Frédéric Lenormand : « Pendant le convoi, les gens piquaient des morceaux de Voltaire, qui avait été momifié. Arrivé à Paris, il lui manquait un pied. Deux dents avaient été volées, et revendues en pendeloque. »
Les Docs de La Grande Librairie, mercredi 11 juin à 21h05 sur France 5