La grande librairie – Augustin Trapenard : « Je redoute toujours qu’un écrivain meurt vingt minutes avant la diffusion… »

Publié le 12 avril 2023 à 14:15
AUBERT Christophe
Lancé en 2008 par François Busnel, le grand rendez-vous littéraire de France 5, aujourd’hui animé par Augustin Trapenard, réunit chaque semaine entre 300 et 400 000 fidèles, amoureux des livres. Nous avons assisté à la préparation de l’émission…

Sud de Paris, 17 h. Le studio Valin se cache dans les profondeurs d’un immeuble moderne appartenant à France Télévisions, non loin de la Seine. On y accède par un ascenseur, puis un labyrinthe de couloirs. Là, sur le plateau de La Grande Librairie, baigné par l’éclairage orangé des projecteurs, Augustin Trapenard – chemise blanche, jean et boots – attend, avec deux hommes et deux femmes, des collaborateurs qui vont « jouer » les invités du soir. C’est parti pour ce que l’on appelle, dans le jargon de la télé, une filée. Notes à la main, s’aidant parfois du prompteur dont s’occupe Sylvia, le présentateur se lance, répétant l’émission du soir, qui se déroulera en direct. De temps en temps, il s’interrompt pour échanger, via l’oreillette, avec Adrien Soland, le réalisateur, anticipant les réactions des auteurs. « Là, je poserai telle question, et il répondra peut-être ça. Il faudra envoyer telle image. Et peut-être que Truc prendra la main de Machin, à sa droite… » La Grande Librairie est comme une pièce de théâtre : tout est répété et millimétré, mais tout peut arriver… 

UNE MACHINE BIEN HUILÉE 

18 h 30. Dans la loge d’Augustin, c’est le grand débriefing habituel, à huis clos. Une dizaine de personnes sont là (techniciens, journalistes…), parmi lesquelles Adrien, et Emmanuel Perreau, l’un des producteurs. Occupé ailleurs ce jour-là, François Busnel, qui produit toujours le programme, est absent. Mais, généralement, l’ancien présentateur se trouve dans les parages. On corrige, on reprend le « conducteur » de l’émission, ce document qui permet à chacun de savoir où l’on en est pendant le direct, quelle séquence est en cours (interview, reportage, images d’archives…). Une cinquantaine de personnes travaillent sur La Grande Librairie. Pas à plein temps, mais régulièrement. La crainte d’Augustin ? Ce qui n’a pas été anticipé : « Je redoute toujours qu’un écrivain meure vingt minutes avant la diffusion… » 

EN AVANT LE DIRECT ! 

21 h 01. En régie, située au sous-sol de l’immeuble principal de France Télévisions, le générique coloré du programme se termine, et Augustin Trapenard, avec ses quatre invités du jour (trois écrivains français, et un Italien francophone), apparaissent, démultipliés sur la centaine d’écrans que surveillent quatorze techniciens. Installés derrière leur pupitre, sur trois rangs, comme s’ils assistaient au lancement en direct d’une fusée, ils contrôlent tout, dirigés en douceur par Adrien Soland : le son, l’image, les caméras… Le producteur, Emmanuel Perreau, est assis sur la gauche. Attentif et relativement silencieux. C’est parti pour 89 minutes de direct ! Ce soir-là, un écrivain déclamera des textes, accompagné par un rockeur à la guitare électrique, des auteurs se prendront par la main (comme l’avait prévu Augustin) et se donneront même une accolade… Un beau moment de télévision, que l’équipe de La Grande Librairie s’attache à recréer quatre fois par mois, pour le plaisir de son public. 

La grande librairie, mercredi 12 avril à 21h00 sur France 5

FRÉDÉRICK RAPILLY 

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