Le Monde de Jamy (France 5) – Peut-on encore voyager en avion à l’heure du dérèglement climatique ?

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 15:47
© Elephant Doc
Pour préserver notre planète, va-t-on devoir renoncer à se déplacer en voiture et en avion ? Jamy Gourmaud enquête, dresse un constat et évoque des solutions

“Dans les années 70, la voiture, c’était cool…", rappelle le journaliste Jamy Gourmaud. Outil d’émancipation et de liberté, elle a pris une place centrale dans notre vie. En cinquante ans, le nombre de véhicules en France est passé de 13 à 39 millions. Cette augmentation du parc automobile entraîne de plus en plus d’embouteillages, qui ont un impact considérable sur l’environnement. 

Depuis des années, on nous parle de voitures électriques, souvent qualifiées de « zéro émission ». Une technologie qui avance à pas de géant, mais peine encore à convaincre les conducteurs. Aujourd’hui, seulement un automobiliste sur sept, roule à l’électrique. Premier frein ? Son prix : 10 000 euros en moyenne de plus qu’un véhicule thermique. 

Avec l’éclairage de spécialistes, Jamy Gourmaud fait le point sur ces véhicules à nouvelle énergie. Sont-ils plus écologiques ? Qu’en est-il du recyclage des batteries lithium-ion ? Quelle est leur durée de vie et leur autonomie ? Enquête auprès d’experts de tous bords, à Millbrook, en Angleterre, dans l’un des plus grands centres d’homologation d’Europe. 

UNE ALTERNATIVE AU KÉROSÈNE 

Si l’avion a aussi bouleversé notre vie, il reste le mode de transport le plus néfaste pour le climat. Lors d’un aller-retour Paris-New York, un passager émet 2 tonnes de CO2 (la quantité maximale que chaque Français devra émettre par an, à partir de 2050). Et ces émissions ne sont que la face émergée de l’iceberg de l’impact climatique du transport aérien. Les traînées de condensation, qui se forment à la sortie des réacteurs, seraient toutes aussi nocives que le CO2.

Malgré le contexte climatique, certains voyageurs séduits par les tarifs attractifs des billets n’ont pas l’intention de renoncer à l’avion. Le trafic devrait même doubler ces vingt prochaines années. Quelles sont les alternatives pour réduire l’empreinte carbone ? Plusieurs pistes sont à l’étude. L’avion à hydrogène devrait être un levier majeur pour décarboner l’aviation. C’est aussi un défi de taille, qui implique de revoir l’organisation des aéroports et le design des avions pour stocker et transporter ce gaz… 

VIVE LE TRAIN ! 

Pour les courtes et moyennes distances, le train est, sans conteste, le mode de transport le moins polluant. Ainsi, sur un Paris-Barcelone, un passager émet 3,2 kg de CO2, contre 215 kg en avion (soit 67 fois plus). Si le transport ferroviaire présente des avantages flagrants en termes de bilan carbone, son prix décourage les voyageurs. 

Mais pourquoi le train est-il plus cher que l’avion ? La TVA représente 10 % du prix. Une taxe inexistante sur les vols internationaux. S’ajoute l’électricité, taxée à hauteur de 20 %, qui ne s’applique pas au kérosène. Sans compter les infrastructures (rails, aiguillages, signalisation) financées par un droit de péage (jusqu’à 40 % du prix du billet). Malgré tout, le train reste le mode de transport préféré des Français. Un tiers d’entre eux seraient même prêts à abandonner l’avion pour leur voyage en Europe. Excellente nouvelle ! 

Le monde de Jamy, lundi 9 décembre à 21h05 sur France 5

Par
Caty Dewanckèle