La France a un incroyable talent – Marianne James : « C’est sans doute moi la jurée la plus dure, je ne laisse rien passer »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:30
Benjamin DECOIN/M6
INTERVIEW. Voilà sept saisons que la jurée à la crinière de feu s’émeut devant les numéros des candidats du jeu. Elle revient pour nous sur ce qui fait le sel de ce programme

Depuis le lancement de cette saison 19, on vous a vue tour à tour bouche bée, les yeux écarquillés, les larmes aux yeux… Après tant d’années de service, vous arrivez encore à être touchée ? 

Marianne James : Comment voulez-vous que nous soyons blasés ? C’est mon devoir de ne pas l’être, je suis payée pour ça. J’ai une capacité d’émerveillement assez simple : quand j’arrive sur le plateau, mon âme est légère, et je me laisse surprendre. Et puis, avec mes camarades, nous essayons aussi de nous mettre à la place des candidats. Nous savons ce qu’ils ressentent au moment où ils se présentent à nous. On se doit d’être là pour eux. 

Il paraît que vous avez assisté à des choses que vous n’aviez jamais vues auparavant, comme cette troupe de danse qui a proposé un tableau dénonçant la maltraitance scolaire… 

Cela faisait sept ans que j’attendais ça ! En 3 minutes, cette troupe nous a offert toute une comédie musicale, avec un message d’une force incroyable. La dernière fois que j’ai vu une performance d’un tel niveau, c’était à Broadway, dans des shows comme A Chorus Line ou Hairspray ! Ils ont travaillé comme des cascadeurs. Quelle claque ! 

À travers ce genre de numéro, des messages essentiels sont transmis. Est-ce cela aussi que vous recherchez ? 

Évidemment. Les artistes sont des transmetteurs, et un spectacle, comme un livre ou un film, est décevant s’il ne laisse aucune trace. Certains numéros sont des performances incroyables, mais s’il n’y a pas d’émotion, ça ne reste que joli à regarder, et c’est dommage. 

D’ailleurs, vous n’y allez pas par quatre chemins pour dire à certains que ce qu’ils proposent est ringard… 

C’est sans doute moi qui suis la plus dure, là-dessus. Je ne laisse rien passer. Quand j’étais petite, je trouvais déjà La Piste aux étoiles triste. Ce cirque-là est totalement dépassé. C’est violent à dire car, dans le dans le fond, tout est bien réalisé. Mais on a besoin d’herbe fraîche à brouter, et pas de nous balader sur des sentiers déjà piétinés ! (Rires) 

Et pourtant, Karine Le Marchand dit que vous êtes sans doute la plus sensible de tous… 

Probablement, oui… Mon problème, c’est que j’ai tellement avancé, dans ma vie personnelle et professionnelle, avec des masques et des costumes, tel celui de Maria Ulrika Von Glott, que je me suis façonné une carapace. Je suis si sensible que j’ai un cuir très épais pour protéger mon âme. 

Vous vous produisez actuellement dans le seule-en-scène, Tout est dans la voix. Être au théâtre ou sur un plateau télé, est-ce très différent ? 

La télé est une cour de récréation, mais je n’en suis pas la meneuse. Sur scène, oui, c’est différent. Quel bonheur de parvenir à embarquer le public dans mes délires ! 

L’an prochain, M6 fêtera la vingtième saison de La France a un incroyable talent. À quoi doit-on s’attendre ? 

Quelque chose de très fort se trame, mais je ne peux rien dire ! En revanche, nous ne savons toujours pas si le jury sera le même. 

Vous venez de perdre votre maman. Quel était son incroyable talent ? 

La ténacité. Elle ne cessait de nous répéter, à mon père, ma soeur et moi, que nous allions y arriver. Ce n’était pas une femme facile, mais tellement exceptionnelle… 

La France a un incroyable talent, mercredi 6 novembre à 21h10 sur M6

Par
Adeline Quittot