La France a un incroyable talent (M6) : Pourquoi Jonathan Vero va-t-il jouer avec le feu ce soir ?

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 22:19
Julien THEUIL / M6
Les auditions pour La France à un incroyable talent continuent ce mardi 21 novembre dès 21h10 sur M6. Ce soir, un des candidats prévoit de mettre le feu sur le plateau dans tous les sens du terme. Télé 7 jours s’est entretenu avec Jonathan Vero, sapeur-pompier et artiste du feu. Paradoxal, vous avez dit ?

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Jonathan Vero, j’ai 39 ans. Je suis sapeur-pompier professionnel à Lille depuis maintenant plus de 20 ans. Depuis quatre ans, je suis aussi Fire Performer reconnu au niveau européen et mondial puisque j’ai tourné dans des séries, dans des films. J’ai deux records du monde inscrits au Guinness Book en qualité de torche humaine intégrale. J’ai participé à plusieurs émissions et je performe que ce soit aussi bien pour le public que pour le privé dans tout ce qui touche au feu. À côté de ça, je suis papa de deux enfants qui ont quatre ans et sept ans.

Comment avez-vous choisi votre métier ?

Depuis enfant, j’ai toujours été altruiste et tourné vers les gens. J’ai toujours voulu aider, assister que ce soit les gens, les animaux, bref, n’importe quel âme en détresse. J’ai toujours été vers l’autre pour l’aider et l’assister. J’ai toujours eu cette attirance et cette passion pour le feu depuis mon plus jeune âge. Je pense que ça a démarré aux alentours de mes sept ans, où j’ai commencé à découvrir le feu. De cette attirance pour le feu et de ce côté empathique et altruiste que j’avais déjà en moi, j’ai décidé de devenir pompier professionnel à l’âge de 18 ans.

Est- ce qu’on peut dire que c’est paradoxal d’être pompier et d’être en quelque sorte ‘pyromane’ ?

Il y a un vrai paradoxe. C’est d’ailleurs ce paradoxe qui est souvent retenu et soutenu lorsqu’on le me présente devant la foule. Il y a d’un côté, celui qui éteint les incendies et de l’autre, la personne qui ‘joue avec le feu’, que ce soit en crachant du feu, en avalant du feu, en jonglant avec, en utilisant des lances flammes, en utilisant de la pyrotechnique ou encore en étant torche humaine. Forcément, il y a un vrai paradoxe. C’est vraiment ce qui plaît aux gens. Après, de là à aller jusqu’à la pyromanie, ça me semble être un terme compliqué et difficile. Un pyromane, sa volonté, c’est de détruire, il veut détruire les objets, il veut détruire la vie, il veut tout détruire. Tandis que moi, c’est l’inverse. Je vais émerveiller, je vais donner de la magie aux gens. En gros, il y a un lien réel qui existe entre ma profession de cœur qui est le métier de sapeur-pompier et le fait d’être artiste du feu ou fire performer.

Justement, ce n’est pas trop risqué de jouer avec le feu ? N’est-ce pas prendre des risques ‘inutiles’ ? 

Bien sûr que ce que je fais est très risqué. D’ailleurs, ce n’est pas tout le monde qui, d’une part, pourrait le faire et d’autre part, si des personnes souhaitent le faire qu’elle se rapprochent de professionnels. Le risque est bel et bien réel, il est calculé et il est choisi. C’est-à-dire que moi, lorsque j’évolue en qualité de Fire Performer, on est au même titre qu’un athlète qui va s’entraîner très dur pour atteindre des niveaux de plus en plus hauts de compétition et devenir meilleur dans ce qu’il fait, on est toujours proche de la blessure. Moi, c’est pareil. Plus j’évolue et plus je me rapproche de la brûlure, des problèmes respiratoires, des problèmes digestifs… Maintenant, est-ce qu’on peut parler de risques inutiles ? Non, parce qu’on est vraiment face à des performances de haut niveau. C’est vrai que le public lambda peut dire ‘Mais à quoi ça sert ? À rien’. Mais en même temps, lorsqu’ils regardent un beau film où il y a des belles cascades dans tous les sens, où des mecs chutent, tombent, se battent, courent en feu et tout ça. Quelque part, on se dit ‘Le film, il était canon parce qu’en plus des effets spéciaux, il y avait des super cascades’. Donc en gros, ce n’est pas de tant prendre un risque inutile, c’est vraiment aller chercher le dépassement de soi sur des performances personnelles, sur des performances mondiales. Je peux concevoir que certains puissent ne pas comprendre, mais vraiment, l’idée, c’est de repousser toujours un peu plus loin ses propres limites en se disant : ‘J’ai réussi ça. Maintenant, je vais placer la pierre un peu plus loin et je vais m’entrainer pour’.

Comment vos collègues ont-ils réagi quand vous leur avez annoncé que vous vouliez devenir Fire Performer ? 

Au départ, j’ai commencé il y a quatre ans en qualité de cracheur de feu. Au début, les collègues prenaient ça un peu à la rigolade. Après, disons qu’ils ont toujours su que j’étais un être assez libre, assez rebelle, qui aimait bien le risque, le danger… Il se sont dit ‘Ça va lui passer’, et en fait, non, ça ne m’est pas passé et ça a même évolué. Au final, et au fur et à mesure de l’évolution, ils se sont rangés derrière moi et me soutiennent en me disant par exemple que c’est magnifique ce que je fais. J’ai énormément de photos avec les sapeurs-pompiers. Et en plus, j’ai toujours un clin d’œil, malheureux, à tous nos collègues qui sont tombés au feu, puisque je suis aussi mécène de l’œuvre des pupilles. 

Et votre famille, pas trop inquiète ? 

Par chance, ils m’ont toujours connu comme ça (rires). En gros, ça ne les surprend pas. Dans chaque famille, vous avez un spécimen, on va dire ça comme ça (rires). Je suis un peu le spécimen de ma famille, c’est-à-dire celui qui va un peu à contre-courant, celui qui fait un peu les choses différemment. Ils ont toujours su que j’aimais le risque parce que j’ai pratiqué des sports de combat et j’ai souvent été blessé. J’ai toujours aimé les films d’action et le fait que je parte dans le feu et que j’aille prendre des risques, ça ne les a pas surpris, pas du tout. Même aujourd’hui, ce que je fais de plus, ça ne les surprend pas. Mais effectivement, je reste leur enfant, leur père, leur papa… Et fatalement, au-delà du côté magnifique et magique que je peux produire lors de mes prestations, ils ont toujours une grosse part de stress et d’anxiété en pensant à ce que je fais. 

Rendez-vous ce soir à 21h10 sur M6 pour découvrir la prestation enflammée de Jonathan Vero dans La France a un incroyable talent

Par
Kahina Boudjidj