La France a un incroyable talent (M6) : « Je connais les risques puisque je suis pompier », Jonathan revient sur sa prestation enflammée

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 22:19
Julien THEUIL / M6
Hier soir, Jonathan Vero a épaté le jury et le public de La France a un incroyable talent. Qualifié pour la prochaine étape, il est revenu pour Télé 7 jours sur sa prestation qui a mis le feu au plateau.

Suite à votre prestation hier soir, comment vous est venue l’idée de battre le record du monde de jumping jack en torche humaine intégrale ?

Votre question est hyper intéressante et hyper pertinente parce que vous êtes la première à me la poser. Ma volonté est d’aller chercher des records du monde pour remercier, notamment, celui qui m’a formé au Torchman : l’Autrichien Joe Todling. Pour me former à la torche humaine, je suis allé le rencontrer directement une première fois en Autriche et une seconde fois en Allemagne. Il est multi recordman mondial au Guinness Book et je crois qu’il doit avoir cinq ou six records du monde qui y sont inscrits. Lorsqu’il m’a vu brûlant en torche humaine la première fois, il a vu en moi quelqu’un de déterminé qui pourrait un jour battre des records du monde. Je voulais lui prouver que j’étais capable de lui donner raison. En réalité, avec mon équipe, on s’est entraîné, on a répété des stratégies, on a répété des mécanos et on s’est lancé sur les deux premiers records du monde que j’ai battus, qui sont le 100 mètres sprint, le plus rapide en torche humaine intégrale et la plus longue distance parcourue en tant que torche humaine. Ce sont des records qui n’avaient jamais été battus et qu’on a pulvérisés littéralement.

Est-ce que vous avez une liste de records à atteindre ?

Justement, j’avais établi par la suite une fameuse liste avec plusieurs autres records que j’aimerais soit battre, soit établir, puisqu’au Guinness Book, il y a deux possibilités. Soit tu décides de battre un record existant, soit tu décides de proposer un record du monde. Ce sont eux qui te disent que si ça vaut le coup ou non. Dans cette fameuse petite liste, j’avais le record du monde, qui existe, des jumping jacks en torche humaine intégrale. Lorsqu’on en a parlé avec la production de M6, on s’est dit : ‘Ça pourrait être pas mal comme idée. Est-ce qu’on peut faire une torche humaine sur le plateau ?’. Ils m’ont répondu ‘Bien sûr que oui’ et on est partis sur cette idée-là. 

C’est la production de l’émission qui vous a contacté pour participer à La France a un incroyable talent ?

Oui, ce sont directement les équipes de casting de l’émission qui sont venues me chercher via mes différentes pages et mes différents réseaux sociaux. Mon objectif en réalité était très simple en acceptant. Je voulais d’abord pouvoir battre un record du monde dans des conditions idéales. Et, dans un second temps, faire aussi la fierté de tous les gens qui me suivent depuis le début, que ce soit mes amis, les membres de ma famille, que ce soit des collègues de travail et puis tous les gens qui m’ont formé de façon professionnelle, pouvoir le dire ‘vous voyez, c’est grâce à vous que j’en suis là maintenant et je ne lâche rien, je continue d’avancer’. 

Le fait d’être formé pour être une torche humaine vous aide-t-il dans votre profession quand vous devez combattre les flammes ?

Alors en réalité, c’est complémentaire. Ça veut dire que ce sont deux approches complètement différentes du feu. L’approche de sapeur-pompier, c’est qu’on va apprendre ce que c’est que le feu, c’est-à-dire, comment ça fonctionne, comment ça vit… Chez les sapeurs-pompiers, vous entendrez toujours dire que le feu a une âme. Ça veut dire que nous, on considère que le feu est un élément vivant qui déborde et que l’on doit combattre. Chez les sapeurs-pompiers, on a toujours la vision et la mécanique d’aller à l’assaut d’un ennemi pour le mettre à bas et pour éviter les dégâts matériels et corporels. Ça, c’est la vision de sécurité. De l’autre côté, en tant qu’artiste du feu, moi, j’ai plutôt la vision ‘Maintenant, je vais prendre cet élément, mais c’est moi qui vais le générer cette fois-ci et je vais jouer avec lui pour émerveiller les gens. Je connais les risques puisque je suis pompier. Quand je vais utiliser tel ou tel matériel ou tel ou tel produit, je connais les risques pour moi et pour mon entourage. Ça, c’est le côté sécurité qui m’aide et qui rassure les gens pour qui je travaille. Puis, le côté d’être artiste du feu et d’avoir cette vision ultra proche du feu en l’utilisant, en le manipulant, ça m’aide aussi dans ma profession parce que ça retire parfois une forme d’anxiété qu’on peut avoir dans certains incendies. En se disant ‘Maintenant, je suis torche humaine, je me trimballe avec des flammes sur moi, donc demain, prochain feu d’appartement, prochain feu de maison, je suis beaucoup moins anxieux à vraiment rentrer dedans, rentrer dans les flammes. C’est vraiment complémentaire.

Hélène Ségara vous a demandé si vous ne preniez pas votre revanche sur le feu en étant Fire performer. Qu’en pensez-vous ? 

Alors absolument pas. Hélène Ségara est quelqu’un de tout à fait charmant et qui a tendance à vraiment s’inquiéter pour les candidats. Mais non, il n’y a pas une question de prendre une revanche sur le feu puisque de toute façon, moi-même, je sais que cette revanche, elle est perdue d’avance, puisque de toute façon, le feu sera toujours plus fort que moi. C’est-à-dire que moi, je pars du principe que le feu est un être vivant à part entière. C’est comme ça que je le considère. C’est même un ami, lorsque je performe mais si je déconne, c’est lui qui gagne donc je dois le respecter. Je dois évoluer avec lui en le respectant mais voilà, il n’y a pas de revanche sur le feu. Par contre, derrière, elle a dit quelque chose qui est très vrai et qui est très fort pour nos collègues décédés en service. On a tous une pensée à chaque fois quand on performe sur des événements pareils. 

Par rapport à votre sécurité, comment ça s’est passé pendant votre prestation ?

En réalité, tout est protégé. Il y a une chose que vous ne saviez pas, c’est que sur moi, je portais 30 kilos de protection, tout confondu. C’est-à-dire qu’en réalité, en qualité de torche humaine, on se doit de porter des vêtements ignifugés. C’est des sous-combinaisons et combinaisons qui proviennent du monde du rallye, de la course automobile, parce que c’est des vêtements qui, déjà, de base, sont ignifugés. Puis, tous ces vêtements sont trempés dans un gel retardant. C’est ce fameux effet glace que l’on pouvait voir à l’écran. Ce gel retardant a été imprégné pendant plusieurs heures dans les vêtements et a été réfrigéré avec de la glace. C’est-à-dire que lorsque je m’équipe, je suis d’abord dans des vêtements qui sont à 3-4 degrés. Lors de la première phase, j’ai fait une minute de cracheur de feu pour vraiment rendre hommage aux arts de rue et à tous ceux qui m’ont formé. Puis, sur la deuxième étape, sur la phase transitoire, on m’a rajouté des gants et des cagoules qui eux-mêmes étaient imprégnés en gel inflammable. Au niveau de mes yeux et de mon visage, on a mis une pellicule de gel spécifique, c’est du gel de cascade qui a pour but, justement, de protéger les yeux et le visage. La seule problématique, c’est que la position que j’ai adoptée pour faire la torche humaine, c’est-à-dire en restant droit comme un i, en restant debout, est la pire position pour une torche humaine parce que les flammes viennent littéralement te dévorer le visage en continu. C’est pour ça que j’étais un peu rouge à la fin. Normalement, une torche humaine, on la verra toujours en déplacement mais pour cette performance, je devais rester droit puisque des jumping jacks, ça se fait droit (rires).

Est-ce que vous vous attendiez à ce que le jury soit aussi surpris ?

Quand tu parles de torche humaine, forcément, les gens sont toujours surpris, ils ont peur, parce que pour eux, les torches humaines, ce n’est qu’au cinéma ou à la télé. Derrière, aussi, il y a toujours cette idée d’immolation par le feu en lien avec les suicidés… Et c’est vrai que le feu, lorsqu’on le manipule, c’est beau mais quand on se brûle avec, c’est autre chose. On va avoir une sensation de peur. Quand j’ai expliqué au jury que j’allais me mettre en torche humaine intégrale, il y a eu un silence de mort dans l’assemblée et tout le monde s’est dit ‘il plaisante’. Et c’est bien Éric Antoine qui a dit : ‘Écoutez, c’est un professionnel, il sait ce qu’il fait, on le laisse faire ‘. Donc forcément, il y a toujours une appréhension que les gens soient très inquiets mais comme je me présente en ma qualité de sapeur-pompier, ça les rassure. Ils se disent : ‘C’est un mec qui, dans sa tête, doit être droit et doit être carré’. C’est vrai qu’aujourd’hui, ce que j’ai fait sur le plateau, ce sont des choses qu’on ne voit qu’à la télé ou au cinéma et qu’on ne peut pas voir comme ça en live. Il y a forcément cet effet de surprise partagé avec de la peur et de l’excitation, parce que ça reste tout de même magnifique de voir des flammes et un mec performer en toute aisance. 

Pour la prochaine étape, prévoyez-vous de battre un nouveau record ?

Il n’y aura pas dans le raisonnement l’idée de battre un nouveau record, puisque comme dit lors des auditions, leur crainte, c’était que j’aille un peu plus loin dans la folie. Il y avait cette fameuse crainte latente, surtout de la part d’Hélène Ségara et de Sugar Sammy qui se sont dit ‘Le mec, si on le garde, est-ce qu’il va pas finir grillé comme une merguez sur le plateau ?’ (Rires). Pour le coup, pour la suite, on laisse de côté l’idée des torches humaines et celle de battre des records du monde, histoire de calmer un peu le jeu. Et puis, de toute façon, la torche humaine, on l’a déjà faite donc je ne vais pas la refaire à chaque fois parce que ça n’aurait plus de sens… Mais là, on part sur quelque chose de beaucoup plus chorégraphié et scénarisé. Il y a toujours un côté performance et beaucoup plus de polyvalence dans les techniques de feu. On va notamment aborder le monde Viking mais je ne vous en dis pas plus (rires). Aussi, je voulais conclure sur le fait qu’il ne faut pas faire ça chez soi et si vous décidez un jour de le faire, rapprochez- vous d’un professionnel, comme moi je l’ai fait à l’époque. Je voudrais souhaiter aussi que chacun vive ses rêves, ses passions et qu’il les alimente le plus possible, qu’il ne perde pas ça. C’est le plus important. 

Par
Kahina Boudjidj