Comment devient-on avaleur de sabre ?
Herwan : C’est une question qui arrive super souvent (rires). Je suis acrobate aussi et du coup, j’ai démarré par le cirque. La discipline d’avaleur de sabre, c’est aussi une vieille discipline de cirque appartenant au freak show donc mon envie première c’était de ramener une ancienne discipline et de la remettre au goût du jour.
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Ce que tu fais est très dangereux. À quel moment t’es-tu dit que tu allais te lancer dans une telle discipline ?
Il y a un réel danger, d’autant plus que je signale, parce que beaucoup de gens sont sceptiques et disent que mes épées sont rétractables, mais ce n’est pas du tout le cas. On est sur des lames en acier, bien rigides, donc en effet, c’est une discipline risquée, qui peut être dangereuse. Et en fait, je pense que j’aborde ça très différemment, parce que je viens du monde des arts du cirque, et que déjà, l’acrobatie en soi, c’est dangereux. Donc je pense que j’ai une notion du danger qui est un peu particulière (rires).
Comment prépares-tu ton corps pour accueillir une lame dans ta gorge ?
Venant de l’acrobatie, j’avais une conscience de mon corps, enfin j’ai travaillé la conscience de mon corps. C’est toujours ça dans l’acrobatie, on ressent ses muscles, on ressent sa souplesse et on sait jusqu’où on peut aller… Et en fait, ça a été le même travail, mais pour l’intérieur. Et finalement, j’avais déjà cette connexion, c’est une forme de méditation, une forme de connexion avec soi-même qui fait qu’on découvre comment ça fonctionne. Forcément, dans la préparation, il y a une question de respiration, une question de gainage, puisque j’ai la particularité de le faire en même temps que l’acrobatie.
Pourquoi mêler ces deux disciplines ?
La réponse est venue assez naturellement (rires). Étant acrobate déjà depuis plusieurs années, j’ai voulu ramener cette autre discipline au goût du jour. Au moment où je vois que ça fonctionne, je me dis qu’il faut tout mélanger car le numéro devient unique. Il existait déjà un Russe qui faisait ça, qui faisait déjà de l’acrobatie, pas spécialement aérienne. Et depuis, il y a une avaleuse de sabres de renommée aussi, qui, peu de temps après que je m’y sois mis, est passée de l’autre côté. Mais en Europe, par exemple, je suis tout seul.
Concrètement, quels sont les dangers si la lame passe mal ?
Les dangers sont importants et peuvent être vitaux, mais la prudence et la maîtrise limitent les risques même si on peut risquer jusqu’à une perforation.
Tes parents étaient dans la salle le soir de ta prestation, avez-vous débriefé ensemble ?
Alors, chacun y va de son petit point de vue (rires). Il y en a un qui me dit qu’il a peur quand je fais des enroulées, l’autres que c’est quand j’ai l’épée qui est vraiment très haute. Chacun a ses appréhensions différentes. La peur, il faut savoir la mettre de côté pour pouvoir faire ce genre de discipline. Moi, je n’ai plus peur, en quelque sorte. Je peux avoir de l’appréhension, de la concentration, parce que je connais la notion du risque.
La France a un incroyable talent, un rêve de gosse
Comment as-tu été contacté pour participer à La France a un incroyable talent ?
J’ai fait la version américaine. C’est un peu ça qui a révélé mon numéro aux yeux du monde. Et à la suite de ça, la France a un incroyable talent s’est intéressé à mon numéro. Et j’avoue que la France, ça me touche particulièrement, parce que c’était mon rêve de gosse. Je regardais l’émission quand j’étais tout petit.
As-tu ressenti du stress en montant sur scène ?
Il faut toujours un peu de stress pour faire un spectacle (rires), sinon, ça ne marche pas. Mais en général, il se transforme quand même en bon stress. A la télé, c’est accentuée, parce qu’on est sur du one-shot, on est filmé en une fois, il y a le jury. On sait que la France entière va nous regarder… Donc forcément, c’est une pression supplémentaire mais j’ai envie de dire qu’elle me nourrit plutôt (rires).
Et cette lame lumineuse à la fin ?
Les gens se posent très vite la question de se dire est-ce que c’est vrai, est-ce que c’est faux ? Et moi, je suis toujours embêté par cette question puisque, en fait, je prends tellement de risques pour le faire. Mes plus petites lames font une cinquantaine de centimètres. Et là, je viens de m’en racheter une qui a été augmentée de 15 centimètres.
Avais-tu une stratégie vis-à-vis du jury ?
J’ai tendance à vouloir que mon numéro plaise à la terre entière (rires). Et je me dis, en fait, c’est hyper intéressant d’avoir ce jury qui est complètement différent, qui vient d’un domaine différent, qui a une vision artistique complètement différente. Et c’est hyper intéressant d’avoir quatre critiques différentes. Leurs réactions ont dépassé mes attentes ! J’ai toujours envie qu’on me dise que c’était joli, mais quand on rajoute des compliments, qu’on félicite mon travail, il y a une forme de satisfaction aussi.
Comment vois-tu la suite de l’aventure ?
J’ai toujours plein d’idées. J’espère faire partie de ceux qui continueront et je prévois déjà de rajouter de l’acrobatie spécialement en l’air. Je vais faire des petits twists en changeant peut-être mes agrès. Il y a plein de possibilités et j’ai surtout beaucoup d’idées ! (Rires)
Ne tentez pas de reproduire ce numéro, réalisé par un professionnel, à la maison