Pouvez- vous vous présenter ?
Maxime : Je m’appelle Maxime, j’ai 22 ans, je suis encore étudiant en école d’ingénieur et je pratique l’aéromodélisme depuis maintenant une petite quinzaine d’années et les compétitions depuis une dizaine d’années à peu près.
Sébastien : Moi, c’est Sébastien, j’ai 23 ans, je viens de Moselle. Je pratique l’aéromodélisme depuis maintenant 11 ans et ça va faire 10 ans que j’en fais en compétition. Je suis technicien soudeur en service qualité dans le secteur de la chaudronnerie alimentaire pharmaceutique.
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En quoi consistait l’aéromodélisme ?
Sébastien : La finalité de l’aéromodélisme, c’est de faire voler des avions radio-commandés, donc des modèles réduits d’avions qui existent. Ce n’est pas juste faire voler un avion, il y a toute la partie avant, notamment celle de la construction et du développement. Par exemple, les avions qu’on a utilisés pour la prestation, ce sont des modèles faits maison par Maxime.
Maxime : Exactement, ce sont des avions qu’on fait entièrement nous-mêmes. On part vraiment d’une feuille blanche, on dessine la forme de l’avion jusqu’à arriver à sa construction finale et à ses tests en l’air. Typiquement, l’avion qu’on a utilisé durant l’émission, c’est l’avion que moi, j’ai utilisé lors des derniers championnats du monde qui se sont déroulés en Lituanie cette année.
Comment vous est venue cette passion peu commune ?
Sébastien : Depuis tout petit, je suis passionné d’aviation et d’aéronautique, que ce soit au niveau historique, au niveau du modèle réduit ou des avions grandeur nature. Je me rappelle quand j’allais en vacances avec mes parents, mon moment préféré, c’était vraiment être à l’aéroport. C’était ça le moment préféré. À 12 ans, avec mes parents, on était à un meeting d’aéromodélisme, une exhibition d’un club voisin. C’est là que j’ai découvert le modélisme. La semaine d’après, j’étais inscrit au club (rires).
Maxime : Pour moi, c’est un peu différent. On va dire que ça ne s’est pas fait en une semaine (rires). C’est avec mon père qu’on s’est plongé là-dedans. Quand j’étais petit, à l’âge de 6-7 ans, il cherchait un passe-temps à faire avec moi, de manière à ce qu’on ait une passion commune entre père et fils. Lui, il a toujours été passionné de technique et d’ingénierie, il a donc cherché une passion pour qu’on puisse pratiquer une technique ensemble. Et donc, dans ma jeunesse, on est allé à plein de petites manifestations… Ça pouvait être du train électrique, de la voiture radio-commandée et également des modèles réduits d’avion sur des meetings aériens. Et en fait, on s’est dirigés vers là parce que c’est la passion qui nous a le plus plu à lui et comme à moi.
Comment passe-t-on, dans votre cas, de concurrent à coéquipier ?
Maxime : On est encore concurrent (rires) ! Ce qu’il faut savoir, c’est que les compétitions d’aéromodélisme, ça reste quand même assez bon enfant. C’est une passion qui n’est pas très répandue, peu de personnes la connaissent, ce qui fait qu’elle est très peu médiatisée et donc ça reste des compétitions de haut niveau, même si on ne joue pas notre vie. On est tous une grande bande d’amis, de copains mais bien sûr, il y a l’esprit de compétition entre nous. Et du coup, avec Seb, maintenant, ça fait presque dix ans qu’on a commencé les compétitions ensemble, qu’on a fait plein de championnats de France ensemble et on s’est vraiment lié d’amitié ce qui explique notre collaboration pour La France a un incroyable talent.
Comment avez-vous préparé votre passage dans l’émission ?
Sébastien : On s’est préparé différemment que pour aller en compétition. Voler ensemble, en patrouille, on sait faire, on le fait depuis des années et des années. Voler sur de la musique, c’est une catégorie en compétition, donc ça aussi, on sait faire. Maintenant, là où ça a été différent, c’est de penser le numéro pour une émission de télé, donc le présenter de façon différente devant un grand public, devant des jurés qui sont face à nous, dans une salle de théâtre. On s’est dit autant mettre plus l’appui sur le côté artistique et élégant que sur l’aspect technique en compétition. On a plus réfléchi à ça comme une chorégraphie.
Ce n’était pas trop compliqué de prévoir un tel spectacle dans un théâtre ?
Maxime : Généralement, on a l’habitude de voler dans des grands gymnases avec nos avions, mais vraiment les gymnases taille XXL où on n’a beaucoup de place. Là, justement, on a dû un peu revoir notre numéro, notre manière de piloter pour voler dans des petites salles… On s’est également entraînés dans un gymnase, mais de dimension réduite, en essayant d’adapter notre domaine de vol typiquement au domaine d’une salle de spectacle. Ça a été un gros challenge, rien qu’aux répétitions sur place, déjà, de prendre les dimensions de la salle dans nos têtes, de bien se concentrer sur ça… C’était presque plus dur de gérer la salle, de gérer tous les obstacles qu’il y avait dans la salle de spectacle que de piloter les avions à proprement parler.
C’était une source de stress quand même, non ?
Sébastien : Il y avait bien sûr une part de stress. Ce qui me faisait stresser de mon côté, ce n’était pas tellement vraiment le pilotage en lui-même. Je savais que tout ce qu’on avait prévu de faire, c’était des choses que nous deux, on sait largement faire par rapport à ce qu’on a l’habitude de faire. Mais c’était plutôt les problèmes des obstacles qui me stressaient parce que si on heurte quoi que ce soit, comme une perche de caméra, le plafond, ou un quelconque obstacle dans la salle, ça peut très vite finir en drame pour notre numéro.
Quel était votre objectif en participant à La France a un incroyable talent ?
Maxime : De base, ce n’était pas prévu. C’est une opportunité qui est arrivée à nous. On nous a contactés et j’avoue qu’à l’origine, on n’y avait pas pensé. Au final, on a sauté sur l’occasion parce que rien que pour l’expérience, ça nous change de notre quotidien des compétitions qu’on a l’habitude de faire. Là, ça représentait un nouveau challenge. C’était quelque chose d’excitant, de palpitant et c’était vraiment intéressant pour nous.
Sébastien : Moi, c’était vraiment ce côté nouveauté qui m’a intéressé rien que pour l’expérience. Après, ce qui me plaît aussi, je pense que Maxime sera d’accord là-dessus, c’est que c’est une passion qui est peu commune. Je pense que beaucoup de gens l’ont découverte hier soir. C’est un gros coup de projecteur sur notre passion et ça, ça fait vraiment plaisir parce que j’espère qu’on a réussi à générer une belle publicité et à bien représenter notre passion.
Vous êtes champion du monde dans votre discipline. C’est déjà une consécration alors pourquoi participer à l’émission de M6 ?
Sébastien : On voulait vulgariser l’aéromodélisme. En allant à l’émission, on était un peu dans l’inconnu donc on n’avait pas vraiment d’objectif. On ne savait pas vraiment où on allait. Donc, on a essayé de faire quelque chose, comme on l’a dit avant, au mieux, axé plus sur l’aspect spectaculaire, chorégraphique, moins sur l’aspect technique. On s’était dit qu’au bout du premier passage, on verra ce que ça donne, on verra les retours et peut-être que là, on se fixera des objectifs.
Est-ce que vous appréhendiez les réactions des jurés lors de votre passage ?
Sébastien : Je ne les appréhendais pas trop, dans le sens où on a quand même pas mal de retours à force des compétitions. On sait que c’est des choses qui plaisent assez au public. Moi, j’étais assez curieux, par contre, de voir, par exemple, les retours qu’on allait avoir sur l’aspect un peu plus artistique, comme par exemple la mise en scène, la présentation par rapport au public. Est-ce qu’on avait bien fait les choses à ce niveau-là notamment. C’est important de souligner que présenter en compétition un numéro et le présenter dans ce registre artistique, c’était assez différent.
Maxime : Au départ, on était quand même un peu dans l’inconnu. On avait certes l’expérience de nos concours, mais sur un plateau télé, on n’avait jamais présenté un numéro de ce type- là. On savait que ce qu’on faisait, généralement, c’était des choses qui plaisent, mais on avait quand même une petite appréhension au sujet des réactions du jury sur notre numéro.
Au final, le jury est conquis. Ils vous disent que c’est très élégant, que c’est magique… Que ressentez-vous face à tous ces compliments ?
Sébastien : C’était une grande satisfaction parce que ça nous a permis de comprendre qu’on ne s’était pas trompé, qu’on avait vu juste sur la manière de construire le numéro. On avait misé sur quelque chose d’assez simple par rapport à ce qu’on sait faire et on s’est dit que là, il y a vraiment moyen de faire quelque chose de très bien pour la suite, de monter vraiment le niveau d’un cran pour encore plus impressionner le jury.
Que nous concoctez-vous pour la prochaine fois ?
Maxime : On a encore moyen de faire énormément de choses avec nos avions, surtout de faire découvrir aux jurés de nouvelles figures avec de nouvelles technologies sur les avions, de manière à faire des figures plus impressionnantes qu’on n’a même pas l’habitude de voir, notamment dans l’aviation réelle. Les avions peuvent vraiment faire des figures propres aux modèles réduits et qui sont assez spectaculaires à voir. En parallèle de ça, il y a moyen de rajouter énormément d’artifices et d’effets spéciaux sur les avions qui permettront d’éblouir un peu plus le jury !