Quel était votre but en participant à Koh-Lanta ?
Julie : Mon but premier, quand je me suis inscrite à Koh-Lanta, c’était d’être 50 jours sans mon téléphone (rires). C’était une aventure très égoïste. Voilà, je me suis dit : ‘Je vais tout lâcher et puis je vais pouvoir souffler’. Je voulais de nouvelles de personnes. Je n’avais pas d’objectifs particuliers, je me suis que je m’inscrivais et que je verrai bien où ça me mènerait. Je me disais : ‘On va vivre une vraie aventure de vie et on va pousser son corps à l’extrême et voir les limites’. L’objectif, c’était de me remettre en question, sur moi, sur ma vie en France et aussi de rester le plus longtemps possible pour comprendre pourquoi et pour changer ce qui n’allait pas.
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Vous êtes vous préparée physiquement pour intégrer l’émission ?
Non, aucune préparation physique. Après, avec mon petit, on préparait Compostelle, donc c’est vrai qu’on a lu tous les livres de Mike Horn [l’aventurier sud-africano-suisse, ndlr], des choses de survie, mais sinon, aucune préparation. Il y a d’ailleurs une phrase que Mike Horn écrit à plusieurs reprises, c’est que le manque de nourriture ne se comprend qu’au bout de troisième jour. Et c’est vrai qu’au bout trois jours, votre corps est plus du tout le même quand vous n’avez pas reçu de nourriture. Et ça, c’est vrai que ça m’a beaucoup marqué dans l’aventure, parce que j’avais déjà été dans des états de fatigue extrêmes de par mon intensité de travail. Mais c’est vrai que le manque de nourriture, on ne peut pas l’expliquer tant qu’on ne le vit pas. On peut pas le comprendre.
À certains moments, votre état semblait préoccupant, avez-vous eu peur pour vous-même dans l’aventure ?
Non, je n’ai jamais eu peur pour moi parce que je connais quand même mes limites et je sais que j’étais dans un état de faiblesse, mais je sais que ça n’allait pas avoir d’incidence sur ma santé. Même si je mangeais très peu, j’avais quand même à manger (rires), donc voilà, en aucun cas, j’ai eu peur pour moi et puis, la production fait tout pour qu’on soit accompagné donc il n’y a eu aucun souci à ce sujet.
Avez-vous déjà songé à abandonner en raison du manque de nourriture, de confort, d’hygiène et autres ?
Alors moi, je rêvais de tartiflette et de jambon-beurre (rires). J’en rêvais tous les jours ! Mais je me suis dit : ‘Non, comme dans la vie, tu ne lâcheras rien’. Et je n’ai rien lâché. Mais c’est vrai que oui, je rêvais de nourriture… C’était assez impressionnant d’ailleurs (rires).
"Je suis fière d’être allée au bout"
Comment avez-vous géré le manque de vos enfants ?
Alors, ma réponse va peut-être vous choquer (rires), mais ils ne m’ont pas manqué du tout. Je me consacre tellement à eux et je donne tellement tout pour eux, que là, vraiment, je n’ai fait cette aventure que pour moi. Je suis partie en connaissance de cause et eux, ont l’habitude. Et je savais qu’ils étaient bien car j’avais tout mis en place pour. J’ai pris un coffret Lego à mon fils de 9 000 pièces pour qu’il le fasse pendant mon absence et parce qu’il est passionné de Lego. J’avais acheté un bouquet en Lego à réaliser pour ma fille et je leur avais caché des petits mots partout dans la maison, dans les chaussettes, pour qu’ils voient que j’étais quand même là sans être là (rires). Donc non, j’ai vraiment fait cette aventure pour moi et en connaissance de cause. Je savais que j’allais rentrer donc non, ils ne m’ont pas manqué plus que ça.
Vous êtes allée au bout de l’aventure, personne ne vous attendait aussi loin. Fière ?
En fait, ça, c’est le reflet de ma vie aussi. Quand j’étais potière-céramiste, ma prof, quand j’ai fini, elle m’a dit : ‘Je ne mise pas un euro sur toi’. J’ai tenu 10 ans avec une super poterie où je me suis éclatée. Quand je suis devenue taxi, je n’étais jamais montée dans un taxi (rires). Je me suis dit : ‘Je veux faire ça’, mais du coup, personne pensait que j’allais y arriver. Et bien quand j’y suis arrivée, tout le monde voulait me voir partir et j’y suis arrivée. Donc en fait, c’est ma vie qui est comme ça (rires). Il faut en tirer de bonnes conclusions et se dire que quand on se bat, on peut toujours y arriver dans la vie.
L’heure est au bilan. Comment avez-vous vécu cette aventure ?
Je ne remercierai jamais assez la production de m’avoir sélectionnée. Franchement, c’était une aventure inoubliable pour moi, personnellement, humainement. J’ai vu des paysages magnifiques… Si je repense à la période finale de l’aventure, je n’en pouvais plus, j’ai tout donné, je suis allée au bout du bout. Et avec le recul de quelqu’un qui a vu l’émission, qui a vécu et qui a vu, je me dis : ‘Je suis très fière de moi’. Je suis restée calme, je suis restée discrète et je suis allée du premier au dernier jour. Donc pour moi, c’est une aventure magnifique. Je n’ai pas gagné les 100 patates (rires), mais j’ai quand même vécu une aventure incroyable.
Y a-t-il une aventure qui vous a donné plus de fil à retordre ?
Moi, c’était vraiment l’épreuve dans l’eau où on devait rester en apnée. Je n’ai pas eu de chance dans ma vie… Une fois, on m’a étranglée et depuis je suis traumatisée donc j’avoue que cette épreuve m’a fait paniquer. J’ai détesté, je n’arrivais même plus à écouter Denis, de savoir s’il fallait que je m’émerge de l’eau ou rester. J’étais vraiment paniquée…
Et votre plus beau souvenir ?
Les poteaux (rires). Vraiment, mon plus beau souvenir, c’est les poteaux. C’est tenir deux heures alors qu’on est dans une fatigue extrême, dans une faim extrême. Et c’était une super finale. Franchement, on n’en peut plus et on est là jusqu’au bout du bout, donc les poteaux sans hésiter.
Comment est-ce que vous avez vécu le fait de chuter en premier ?
Plutôt bien parce que je suis allée jusqu’au bout du bout du bout (rires). Plus, c’était de la gourmandise, donc je ne regrette rien parce que j’ai été jusqu’au bout. Je ne me dis pas que j’ai lâché trop tôt mais que je suis fière d’être allée au bout de ce que je pouvais, donc aucun regret.
Avez-vous lu ce qui s’est dit à votre sujet sur les réseaux sociaux ?
Eh bien non (rires). J’ai lu quelques trucs mais j’ai ma meilleure amie qui regarde sur moi et qui me dit parfois : ‘Oh non, c’est abusé, il y a trop de méchants’. Après, elle me fait un petit topo mais sinon, il y a des gens qui ont des vrais problèmes, des vrais soucis, donc ce qu’on dit de moi, ce n’est rien à côté. Pour moi, les réseaux, ça peut apporter une vraie vitrine, mais après, vous savez, les gens qui critiquent, il y en a tout le temps. On peut pas plaire à tout le monde (rires). Ceux qui m’aiment, tant mieux, puis ceux qui ne m’aiment pas, tant pis.
Vos enfants vous ont-ils regardée à la télé ? Sont-ils fiers de votre parcours ?
Mes petits sont très fiers de leur maman, d’autant plus qu’ils ne pensaient pas du tout que j’avais fait Koh-Lanta (rires). Ils pensaient que j’avais fait Pékin Express. D’habitude, je m’absente, mais je les appelle mais là, ils ont compris que je ne pouvais pas. Ils ont vu que maman était comme dans la vie, qu’elle ne lâchait rien, et toujours fidèle à ses valeurs et toujours à dire ce que je pense. Donc voilà, ils sont très fiers de leur maman.
Qu’est-ce que Koh-Lanta vous a apporté ?
L’aventure m’a apporté beaucoup de confiance en moi. Je suis plus sûre de moi. Du coup, j’ai vraiment pu remettre à l’endroit ce qui n’allait pas dans ma vie.
Le mot de la fin ?
Toutouyoutou ? (Rires). Je plaisante mais je retiendrai le fait que je réussis à rester joyeuse dans tous les cas de figure et ça c’est beau et encore une fois, merci à la production de m’avoir choisie !