Pourquoi avez-vous souhaité participer à Koh-Lanta ?
Meïssa : J’ai voulu participer à Koh-Lanta parce que déjà, c’est une émission que je regarde depuis tout jeune, c’est mon émission préférée. C’est une émission qui regroupe beaucoup, beaucoup de valeurs, notamment humaines. Le dépassement de soi, la survie, l’inconfort, se battre… C’est vraiment pour toutes ces raisons que j’ai voulu participer à Koh-Lanta.
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Quel était votre objectif en entrant dans la compétition ?
Quoi qu’il arrive, si je me suis inscrit, c’était pour aller au bout (rires). J’avais déjà ce mental en m’inscrivant et une fois qu’on y est, on se fixe des objectifs petit à petit. Personnellement, avant d’y entrer, mon but, c’est le ‘tunnel vision’ comme je dis (rires). Je rentre dans le tunnel et j’en ressors au bout. Et voilà, ça c’est la mentalité pour aller le plus loin possible. J’ai la chance que ça ait pu se réaliser, mais c’était bien grâce à la mentalité ‘tunnel vision’.
Comment vous êtes-vous préparé en amont de Koh-Lanta
Une petite préparation spécifique ? Je dirais que je me suis préparé mentalement, dans le sens où j’ai travaillé sur ma discipline. J’allais tous les matins au sport. Je faisais plus de sport, et j’en faisais d’ailleurs déjà, mais je m’y suis mis à un rythme un peu plus intense et surtout de manière plus disciplinée.
Pendant l’aventure, vous avez souvent regretté que votre équipe, les Rouges, ne soit pas forcément à l’écoute. Comment avez-vous vécu cela ?
Sans mentir ? C’était des moments difficiles à passer. C’était difficile, surtout dans la tête. C’était pas vraiment parce que j’ai passé beaucoup de jours avec eux, c’est surtout qu’on est dans un groupe où on est censé être peu ‘puissant’. Je sais que quand les Rouges veulent qu’on reste entre ex-Rouges, c’est aussi pour la stratégie, pour avancer le plus loin possible. Donc, à partir de là, je me dis que la stratégie des ex-Rouges est bonne pour qu’on reste soudé pour avancer, bien sûr. Le problème, c’est que la vision de l’aventure des ex-Rouges, à la longue, je ne la comprenais pas du tout… Pour moi, c’était vraiment des choix, une logique qui nous emmenaient tout droit dans le mur. J’ai essayé de faire ce que je peux pour pouvoir dévier la route de ce bateau des ex-Rouges, mais je n’avais pas trop l’impression d’avoir le pouvoir et de m’être fait entendre. Donc, à partir de là, je préférais faire cavalier seul.
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Par rapport à votre stratégie, avec-vous des regrets ?
Ah non, pas du tout ! Je ne dis pas que je n’aurais pas dû. Je dis juste que bizarrement, on ne voulait pas m’écouter, donc j’ai choisi les gens avec qui avancer. J’ai le sentiment que j’avais un certain pouvoir dans l’équipe et que je n’ai pas pu en faire profiter aux ex-Rouges. La stratégie, ça ne date pas de la réunification, c’est d’abord venu du fait que Ricky m’a passé le collier. J’ai protégé Cécile lors du conseil qui suivait. On m’a reproché par la suite de ne pas en avoir parlé avant d’avoir le collier, puis après, au jeu de confort avec le tir à l’arc. J’ai reçu beaucoup de négativité donc je n’ai aucun regret. C’était, pour moi, le choix nécessaire afin d’avancer dans cette aventure.
Ça vous fait quoi que vos camarades vous aient accusé de trahison ?
Ça ne me fait ni chaud ni froid (rires). Encore une fois, on était 22 aventuriers, donc on a 22 vérités différentes. Si quelqu’un prend ça comme une trahison, c’est qu’on n’a pas la même vision du jeu ou la même définition du jeu de ce qu’est Koh-Lanta, puisque je n’aurais jamais utilisé ces termes-là, mais maintenant, quelqu’un qui les utilise, je peux l’entendre. On a tous des feelings différents, on a une vision du jeu différente. Je l’entends et je l’accepte, il n’y a pas de souci.
Avez-vous lu ce qui se disait sur vous sur les réseaux sociaux ?
Oui, je suis parti regarder, je mets mon nez partout (rires). J’ai vu, il y a plein de messages qui me font beaucoup rire d’ailleurs. Et puis après, j’ai toujours ce décalage dans le sens où je sais que tout ce qu’on peut voir sur internet, sur Twitter, c’est l’œil d’un téléspectateur qui apprécie ou qui n’apprécie pas la personnalité de l’aventurier. Donc moi, j’ai toujours ce décalage, que ça soit des avis positifs comme négatif.
"C’était quelque chose d’incroyable"
On vous arrête dans la rue ?
Pour être honnête avec vous, il n’y a pas une seule personne qui m’a dit : ‘Oui, mais’. Tout le monde que j’ai croisé dans la rue est super content, très fier. Je vois des étoiles dans les yeux, des façons de me regarder… Des fois, je me dis : ‘C’est incroyable’. On m’appelle parfois dans la rue comme si j’étais une connaissance qui date (rires) alors que je ne connais pas la personne. C’est que du positif et ça fait chaud au cœur.
Vous avez brillé lors des dernières épreuves. Quel est votre ressenti par rapport à votre fin de parcours ?
Une fierté immense ! Pour moi, je l’ai fait à un moment qui est difficile, c’est la fin de l’aventure, on était passé par tous les sentiments. Et lorsque je gagne ma première immunité face à Seb, qui était un aventurier redoutable, justement, en plus, après son retour, donc il est revenu avec la hargne et tout, ça m’a moi-même poussé à redoubler d’efforts, donc, oui, ça a été un sentiment incroyable, la fin de l’aventure et une fierté immense.
Quand votre papa vous rejoint, comment vous vivez ce moment touchant ?
C’était très, très fort. C’était la première fois que je n’avais aucun contrôle sur ce qu’il se passe… Je n’arrivais pas à arrêter les larmes de monter (rires). C’était une première devant mon père, ça ne m’était jamais arrivé. On n’a pas ce genre d’échange entre nous, donc il y a une certaine pudeur et là, l’émotion était incontrôlable. On passe par des émotions incontrôlables à Koh-Lanta mais je ne sais même pas si j’ai le mot adéquat pour dire à quel point j’étais fier et heureux. Je suis passé par tous les sentiments quand il me regardait dans les yeux et qu’il me disait qu’il était fier. Ce n’est pas quand je rentrais de l’école qu’il me disait être fier (rires) donc là, de l’entendre à l’autre bout du monde et dans ce programme qu’est Koh-Lanta, c’était quelque chose d’incroyable.
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Quelle a été l’épreuve la plus difficile ?
Il y en a deux. La première, c’était l’épreuve où on est parti chercher environ 50 kilos de sable mouillé dans l’eau et qu’on devait le sortir d’une cage pour, à la fin, le porter au-dessus de la tête pour aider Julie à pouvoir empiler les boules. Alors, il y a celle-ci qui physiquement était atroce, il faisait très chaud et c’était très, très dur. Et la deuxième, je dirais, quand je prends mon premier totem, à savoir les étapes sur l’eau.
A contrario, quel a été votre plus souvenir ?
Forcément, le confort avec mon papa. C’est LE souvenir de l’aventure. Je me suis dit : ‘Qu’est-ce qu’il fait aux Philippines, mon père ?’. Ça a été vraiment le souvenir marquant, l’élément phare de cette aventure pour moi. C’est ce qui m’a aussi redonné beaucoup de carburant pour bien finir l’aventure. Je sais que les paroles de mon père, pour me donner le moral, c’est les meilleures (rires).
Vous êtes finaliste. Qu’est-ce que ça vous fait d’être arrivé là ?
Encore une fois, c’est une immense fierté. Je sais que quand je suis dans l’aventure et que je suis en finale, je me dis : ‘Je l’ai fait’. Mon frère m’a dit avant de partir : ‘Meïssa, écoute, c’est ‘tunnel vision’. Tu rentres dans le tunnel, tu continue jusqu’à la fin’. Là, le 38ème jour, du tunnel, je vois enfin la lumière, ça y est, c’est bon ! Je me dis que Denis Brogniart ne pourra pas éteindre la flamme (rires), donc j’étais tellement fier. C’était vraiment ce sentiment d’avoir fini le jeu qui est enivrant.
Vous vous retrouvez face à Léa et Julie sur les poteaux. Dans les deux cas, pensiez-vous que vous aviez vos chances de gagner ?
En toute honnêteté, j’avais l’espoir que mon côté stratège soit récompensé. J’avais cet espoir parce que je savais pas à quel point le jury final serait frustré… J’étais gonflé à bloc, je me suis dit : ‘J’ai grave des trucs à leur expliquer’. J’étais fier de mes stratégies, de par où je suis passé, mes galères, mes victoires… Pour moi, il y avait un mérite qui méritait d’être valorisé. Et je ne voyais pas pourquoi ils seraient frustrés après avoir dit ce que j’avais à dire. Donc non, j’étais très content et très fier d’aller leur raconter tout ça. Mais oui quand, on prend en compte leur frustration, effectivement que je sois face à Léa ou à Julie, mon sort était déjà un petit peu condamné.
Frustré d’être arrivé si près du but et que votre stratégie ne soit pas forcément valorisée ?
Non, vraiment aucune frustration. Pour moi, l’aventure, on se la fait. C’est à nous de nous battre, d’aller chercher notre place. Après avoir fait tout ça, que le jury final ait de la frustration, je suis prêt à l’entendre. Est-ce que ça va se refléter sur moi ? Pas du tout. Je crois que même dans un an, on en reparle j »aurais toujours le sourire aux lèvres en en parlant. Donc, vraiment, il n’y avait aucune place pour de la frustration. Je suis très heureux pour Léa parce qu’elle le mérite grave ! Ils ont fait un choix et un choix, ça se respecte. Et puis voilà, il faut féliciter Léa, mais aucune frustration, vraiment que du bonheur et de la fierté.
Le mot de la fin ?
Ce que je compte retenir de cette aventure, c’est le partage. Le partage déjà entre nous, les inventeuriers, entre les gens de la prod, donc depuis les étapes de la sélection, le corps médical qui est toujours présent pour nous, Denis qui a toujours la bonne phrase pour nous remotiver. Vraiment, toute l’équipe de production, ça fait du côté production, médical, assistant, vraiment, vraiment toute l’équipe. Et c’est ça qui est Koh-Lanta, c’est fort. C’est une très grosse production qui nous permet à nous, avant de charrier, de passer l’aventure d’une vie et de découvrir quelque chose qui nous était inconnue auparavant. Dormir dans la forêt avant. Mais moi, pour ma part, je suis arrivé en tant que petit citadin au bout du monde et j’ai tout découvrir des facettes de ma personnalité que sans Koh-Lanta, je n’aurais jamais pu découvrir. Donc vraiment, c’est ça que je tenais à souligner sur Koh-Lanta.