Pourquoi avez-vous souhaité vous inscrire à Koh-Lanta ?
Cécile : C’était un rêve d’ado. Depuis toujours, depuis la première saison, je rêvais de participer à Koh-Lanta (rires). Et je suis comme ça dans la vie, c’est-à-dire que j’adore les défis, les challenges. J’avais vraiment envie de le faire, même si j’avais conscience que je ne serai pas la meilleure sur les épreuves physiques, etc. Je savais que j’avais le mental pour y aller, pour y arriver. Donc j’en rêvais et voilà, j’ai réalisé un rêve en y allant.
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Vous êtes-vous "préparée" pour participer à l’émission ?
Dormir dehors ? Non, jamais (rires). Je ne me suis pas préparée à ça, je dois l’avouer. Mais oui, bien sûr, j’ai essayé, pour tout vous dire, dans des conditions pas terribles chez moi, dans mon évier de faire du feu. J’ai regardé des tutos, comme la plupart de mes copains, je crois mais après, quand on est sur place, ce n’est pas exactement la même chose (rires). En tout cas, on avait la technique en termes de théorie, mais un peu moins sur la pratique. Et physiquement, bien sûr, je me suis préparée. Après, la réalité, c’est que je ne suis pas une grande sportive au quotidien. Malgré tout, j’ai une condition physique, je m’entretiens régulièrement et donc je n’étais pas non plus complètement à la ramasse. Je n’étais certes pas une sportive de haut niveau comme certains de mes camarades mais ça allait.
Comment avez-vous vécu l’inconfort ?
Je me suis hyper bien acclimatée et ça me surprend encore de le dire aujourd’hui (rires). Mon cerveau s’est mis dans un mode de survie et même par rapport au manque de ma famille, de mes proches, de mon confort, de mon quotidien, j’ai réussi à me mettre dans une bulle de survie où vraiment, c’est comme si je n’avais pas le choix. Et quand on n’a pas le choix, on ne peut pas se poser la question. Donc je me suis habituée facilement au manque de confort et au manque d’hygiène. On s’habitue à tout finalement.
Prête alors à partir en camping avec votre famille ?
Très sincèrement, là-bas, j’étais en mode survie, donc j’ai tout accepté. J’ai déjà fait du camping plus jeune, ça m’est arrivé quelques fois dans des festivals ou des choses comme ça mais de là à partir avec ma famille, je vous avoue que ce n’est pas quelque chose qui me plaît particulièrement (rires). En réalité, la vie sauvage, ce n’est pas non plus quelque chose dont j’ai envie. Après, peut-être que je le ferai un jour avec mes enfants pour rigoler, mais c’est vrai que ce n’est pas non plus quelque chose qui m’attire.
Pensiez-vous pouvoir aller aussi loin dans Koh-Lanta ?
Au début non, et au fil du temps, sincèrement, et ce que je vais vous dire va paraître très prétentieux, mais je me voyais aller sur le poteau. Je ne me voyais pas du tout sortir. Alors bien évidemment, j’avais quand même l’objectif de viser la réunification en me disant : "T’as un fort caractère, donc vas-y doucement, fais ce que tu peux, n’en fais pas trop, etc". La présence des caméras m’a aidée à faire profil bas et je dirais même que je me suis un petit peu impressionnée. Même si c’est vrai qu’au bout d’un moment, mon caractère a repris le dessus parce qu’on s’habitue à tout, aux gens, on finit par se connaître par coeur les uns et les autres. Les caméras, on les a presque totalement oubliées et du coup, on est davantage nous-mêmes et dans des conditions qui ne sont pas évidentes. Donc forcément, ce n’est pas la meilleure partie de nous qui émerge.
"C’était incroyable"
Comment avez-vous vécu la réunification ?
Plutôt bien. Je me suis tout de suite très bien entendue avec tous les jaunes. C’était un changement. Donc en réalité, c’est vrai qu’on a une forme de routine et parfois, on a envie de sortir de cette routine quelque part. Et j’étais hyper contente de rencontrer de nouvelles personnes. Je suis quelqu’un de très sociable, donc c’était juste du bonheur. C’était une superbe étape et un nouveau départ que je voyais plutôt positivement. Ça a tout bouleversé, en revanche et ça, on s’y attendait pas…
Vous êtes finalement éliminée lors du conseil. C’est une surprise ?
Honnêtement, avec du recul, je ne m’y attendais pas vraiment. Je ne considérais pas que j’étais pas en danger, mais parce que je ne m’attendais pas à tout ce qu’il y a eu autour… En fait, je n’ai jamais voulu accepter. Tout le monde avait beau me le dire et David a dit qu’il se passait des choses, qu’il y avait des choses qu’on voyait pas, qu’il se doutait que quelqu’un était un peu en train de trahir les rouges, etc. Je ne l’ai jamais vraiment accepté. J’étais tellement dans mon esprit, certaine qu’on était une famille indestructible et que malgré tous les clashs, on restait soudés que je n’ai rien vu venir. Donc oui, j’avoue que je suis tombée un peu des nues… Même quand je pars, je n’ai pas encore totalement conscience que Meissa ait pu s’allier au jaune. C’était tellement inconcevable dans mon esprit.
Avez-vous des regrets par rapport au fait que vous n’avez pas écouté Mégane ?
Bien sûr que j’aurais dû l’écouter. La réalité, c’est qu’à ce moment-là, quand elle me parle, je n’ai pas tous les tenants et les aboutissants. C’était vraiment ma grande copine de l’aventure avec David, c’était mes deux grands copains. Encore aujourd’hui, on est très copains. Mégane ne m’a pas dit tout ce qu’elle savait depuis un moment. Elle me le dit juste en partant au conseil. Dans l’épisode de ce soir, il y a eu pas mal de rebondissements et on a changé notre fusil d’épaule un peu au dernier moment… Du coup, je me dis : "Non, mais c’est pas possible, c’est encore Meïssa qui essaie de nous faire changer de vote, etc". Et comme Meïssa ne voulait pas du tout voter pour Amri au début, qui était la raison pour laquelle on était partis sur Pauline, mais que finalement, il nous en reparle, je me dis qu’il regrette peut-être. Et au final, c’est moi qui regrette de ne pas avoir fait totalement confiance à Mégane.
La stratégie des ex-rouges bat quelque peu de l’aile, non ?
Sur cet épisode, c’est moi qui n’ai pas été lucide. J’ai presque un peu oublié de me remettre dans le jeu. C’est-à-dire que je pensais vraiment humain et famille (rires). J’étais un peu dans le monde des Bisounours à ce moment-là et je ne voyais pas le mal qui est arrivé, ni les trahisons qui ont pu arriver. Je n’arrivais même pas à y croire. La réalité, c’est que bien sûr, on n’a pas été très stratégiques sur ce coup-là. Moi, ce que je pense aussi, c’est qu’on n’a jamais eu une chance d’y arriver. Je pense qu’à partir du moment où la réunification est arrivée, les trahisons ont fait que de toute façon, quel que soit le nom que l’on aurait choisi de notre côté, on n’aurait eu aucune chance de s’en sortir, malheureusement. On avait beau être plus nombreux, à partir du moment où il y a eu quelqu’un qui donne les infos aux jaunes, on perd toutes les chances de s’en sortir.
Que souhaitez-vous retenir de cette aventure ?
C’est une aventure émotionnellement hyper intense. On vit des choses très, très dures donc quand on est là-bas, on se dit : "Mais pourquoi je fais ça ? Pourquoi je m’inflige ça ?". Et puis, une fois qu’on est rentré, on a comme une espèce de petit syndrome de Stockholm (rires). C’est des émotions tellement fortes qu’on vit là-bas dans le dur, comme dans le bon, comme dans l’excitation, les poussées d’adrénaline, que c’est vraiment unique. Je retiens vraiment ça. J’ai presque un manque, depuis que je suis rentrée, dans le besoin de ressentir à nouveau ces émotions-là. C’est vraiment quelque chose de très, très fort. On apprend beaucoup de choses, autant dans la trahison que dans les amusements (rires). Si je dois retenir un moment, je sais que la première émotion très, très forte qu’on a eue, c’est la première fois qu’on a gagné une épreuve. C’était incroyable.