« Je trouvais ça bien de laisser ma place aux autres » : Philippe Etchebest évoque ce changement majeur dans Top Chef

Publié le 2 mars 2024 à 7:00
ABACA
Entre le lancement de la saison 15 de Top Chef, la diffusion d’un épisode inédit de Cauchemar en cuisine, suivi d’un nouveau volet d’Un chef au bout du monde en Louisiane, Philippe Etchebest est toute la semaine sur M6 et toujours à temps plein derrière ses fourneaux.

C’est votre dixième participation en tant que juré dans Top Chef. Que représente ce programme, vous qui êtes si occupé dans vos établissements bordelais ?

Philippe Etchebest Top Chef est une petite récréation que l’on partage avec les autres membres du jury. Il nous permet aussi d’enrichir nos cultures culinaires, car nous venons tous d’horizons différents et avons chacun notre style. Et puis, grâce à ce concours, j’ai la chance inouïe de rencontrer des chefs de renommée internationale, que je n’aurais jamais pu croiser autrement. Ce qui fait la beauté de notre métier, c’est que nous sommes toujours en apprentissage. On apprend de ces confrères aux profils si singuliers, mais aussi des candidats qui ont tous des approches spéciales et une culture portée sur le monde, grâce aux outils qu’ils ont à leur disposition et que les cuisiniers de ma génération n’avaient pas.

En une décennie, avez-vous noté une évolution dans la manière de faire des candidats ?

C’est indéniable, notamment dans la façon de vouloir exercer ce métier. L’émission a créé des vocations et a aussi permis de rendre visible une cuisine qui semblait hermétique à une partie de la population. En la montrant à la télévision, cela permet de l’expliquer et de faire comprendre au public quelle est notre profession. C’est une bonne chose, car il est important de rappeler que c’est un métier passion, technique et émotionnel, dans lequel il faut faire preuve d’abnégation si l’on veut évoluer et réussir.

Cette saison, vous serez un peu plus en retrait en ne participant plus, entre autres, à l’épreuve « Qui peut battre Philippe Etchebest ?» Était-ce une volonté de votre part ?

Je relève ce défi depuis neuf ans et je trouvais ça bien de laisser ma place aux autres ! Paul (Pairet) et Glenn (Viel) (chefs cuisiniers, membres du jury du concours, ndlr) m’ont d’ailleurs bien fait rire. Pour eux, l’imprévu n’est pas possible et durant cette séquence, il n’y a que ça ! Je les avais pourtant prévenus en leur disant que rien ne se passerait comme ils le voudraient. Les voir dans cette situation était jouissif !(Rires)

Cette semaine, vous êtes aussi dans Un chef au bout du monde, en Louisiane.

Oui ! J’adore ce programme qui m’a aussi conduit en Islande et m’emmènera bientôt vers deux nouvelles destinations. Je voulais montrer une autre facette de moi, loin de la caricature du gueulard dans laquelle on a pu me cataloguer, car je ne suis pas comme ça, même si mon rôle dans Cauchemar en cuisine l’exige ; c’est un travail mental et psychologique nécessaire à la prise de conscience. Ça paraît violent, mais je ne fais jamais ça dans mes établissements. J’ai beaucoup d’empathie pour les gens et j’aime apprendre des autres. Et ce programme permet de me révéler tel que je suis.

Par
Adeline Quittot