Grâce à On n’demande qu’à en rire, Laurent Ruquier a changé la vie de nombreux humoristes. Arnaud Tsamère, Kev Adams, Florent Peyre, Ahmed Sylla, Artus… L’ex-animateur de France 2 a révélé de nombreux talents à travers son émission humoristique. Parmi eux figure également Jérémy Ferrari. Ce dernier s’est rapidement distingué par son humour noir, que le public a pu apprécier dès le premier passage du comédien en octobre 2010 avec pour sujet : Privé de crémation pour cause d’obésité. Un véritable succès pour le comique né à Charleville-Mézières, qui a même obtenu la note de 17/20 de la part de Laurent Ruquier pour ce sketch.
Invité de l’émission Culture Médias ce mardi 10 octobre sur Europe 1 pour parler de son spectacle Anesthésie générale, Jérémy Ferrari est revenu sur son premier passage dans On n’demande qu’à en rire. À l’époque, l’humoriste, au pied du mur, n’espérait rien de son passage à la télévision : "À ce moment-là de ma vie, j’ai 25 ans, j’ai des gros problèmes d’argent. Je viens d’une famille assez modeste. Mes parents avaient un petit commerce d’alimentation dans un quartier populaire, le magasin vient de couler. Ils n’avaient déjà pas grand-chose, là ils n’ont plus rien du tout. Ils pouvaient m’aider un tout petit peu, là ils ne peuvent plus m’aider. Donc là, je suis dans une situation financière qui est catastrophique. Je dors avec des pulls parce que je ne peux pas chauffer l’appart… C’est vraiment une cata."
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"Et d’un point de vue professionnel, c’est un néant total", poursuit Jérémy Ferrari, qui ne parvenait pas à faire décoller sa carrière. "Je suis arrivé à Paris, j’avais environ 17 ans. J’ai toqué à toutes les portes, j’ai fait tous les castings, il n’y a rien, rien qu’il se passe ! Je cumule plusieurs jobs pour louer des petits théâtres, je joue devant quatre personnes qui ne rient pas… Donc il n’y a vraiment aucune lueur d’espoir !" Finalement, l’Ardennais se faire repérer par Laurent Ruquier, friand d’humour noir : "Il y a cette émission qui arrive. Au début, je ne veux pas trop la faire. Et puis Laurent Ruquier entend parler de moi. Laurent se dit qu’il y a un manque d’humour noir dans cette émission. Il me fait venir dans l’émission par des gens qu’on a en commun."
Sans grande conviction, Jérémy Ferrari se rend sur le plateau d’ONDAR : "Honnêtement, je me dis, c’est la dernière chance. Je suis convaincu que je vais me faire buzzer, convaincu que personne ne va rire et je suis convaincu que ma carrière va s’arrêter-là. Donc j’y vais avec une décontraction déconcertante. Les premières minutes du sketch, les gens ne rient pas, parce qu’ils se disent : « Mais il est complètement fou ». Ça va tellement loin. Et en fait, je suis tellement décontracté, parce que de toute façon pour moi c’est terminé… Et les gens se mettent à rire. Et là, Laurent va vraiment changer ma vie, parce qu’en plus de me mettre des bonnes notes et de me soutenir, et de me laisser une totale liberté d’expression, il va expliquer aux gens que c’est de la dénonciation." Au total, Jérémy Ferrari a joué plus de 80 sketchs dans l’émission, en étant même désigné meilleur humoriste de la deuxième saison.