« Je me demande s’il est encore lucide » : La lourde charge Patrick Anton, président du Conseil national de l’éthique de la FFF, sur Noël Le Graët

Publié le 1 février 2023 à 10:10
Ruhaut Sandra/Icon Sport/ABACA
Alors que Noël Le Graët a dernièrement été mis en retrait de ses fonctions de président de la Fédération française de football, Patrick Anton, le président du Conseil national de l'éthique de la FFF, a partagé ses doutes sur la capacité du Breton à revenir un jour à son poste...

Noël Le Graët est encore plus poussé vers la sortie. Le 11 janvier dernier, le comité exécutif extraordinaire de la Fédération française de football a décidé de la mise en retrait du président de la FFF de ses fonctions. Cette décision fut prise notamment en raison de la sortie critique du dirigeant à l’encontre de Zinédine Zidane et des accusations de harcèlement sexuel de l’agente Sonia Souid. Cette mise à l’écart devrait durer au moins jusqu’à la publication de l’audit commandé par le ministère des Sports sur la gouvernance de la FFF. Ainsi, c’est Philippe Diallo, son vice-président, qui est aujourd’hui en charge de l’instance.

Le 30 janvier dernier, des éléments du rapport de l’audit ont été dévoilés par RMC Sport. Noël Le Graët est entre autres épinglé pour sa gestion de la Fédération française de football mais aussi pour son attitude avec les femmes. Interrogé sur ces premières révélations par RMC Sports, Patrick Anton, le président du Conseil national de l’éthique de la FFF, n’a pas semblé être surpris : "L’audit vient confirmer la décision qu’on avait prise au Conseil national de l’éthique de demander le retrait du président Noël Le Graët. Cette décision au comité d’éthique, nous l’avons prise à partir du moment où il y a eu l’interview dans l’émission de Marion Bartoli et qu’on a vu de quelle manière une légende du football français, Zidane, était considérée. Ce n’était pas un fait isolé, ça vient se rajouter à d’autres faits."

Alors que Noël Le Graët est déterminé à garder son poste, Patrick Anton n’a pas caché ses doutes quant aux capacités de l’homme de 81 ans à assumer son rôle, qui plus est avec les lourdes accusations qui pèsent sur ses épaules : "Je me demande si Noël Le Graët est encore lucide pour prendre une décision de manière totalement rationnelle. Je crois qu’il est encore dans le déni et qu’il ne veut pas reconnaître les fautes qu’il a commises. Je crois que l’audit sur ce point-là est assez clair et la parole s’est libérée. Quelques jours après l’interview de Sonia Souid, on a vu plusieurs personnes se plaindre de Noël Le Graët. S’il n’y a plus cette lucidité, ce que je crois, je crains qu’il ne s’accroche encore à son poste et juridiquement personne ne peut le déloger. Le problème est maintenant de savoir combien de temps il va rester, et ça personne ne le sait pour le moment."

Afin de remédier aux problèmes de gouvernance pointés dans l’audit, Patrick Anton a suggéré plusieurs changements au sein de l’instance : "Je trouve qu’il faut passer à un autre stade avec une gouvernance démocratique, il ne faut plus de liste bloquée. Une opposition doit exister à l’intérieur de la gouvernance avec des nouvelles voix et des idées nouvelles. De lire que le Comex n’est qu’une chambre d’enregistrement, on est très loin du fonctionnement que l’on peut attendre de la première Fédération de France. Il faut supprimer ces listes bloquées avec une dose de proportionnelle et des candidats d’opposition. On peut raisonner comme en politique. En politique il y a des contre-pouvoirs, ça serait peut-être bien d’en instaurer à la FFF. Le président ne peut pas de manière dictatoriale imposer ses décisions."

N.O

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