S’il a résisté aux accusations de harcèlement sexuel et de dysfonctionnements au sein de l’instance, c’est finalement une critique acerbe de Zinédine Zidane qui aura précipité la chute de Noël Le Graët. En effet, comme cela était attendu, le comité exécutif de la Fédération française de football, qui s’est réuni en urgence ce mercredi 11 janvier, a décidé de la mise en retrait de Noël Le Graët de ses fonctions de président. Il devrait être mis à l’écart, au moins, jusqu’à la publication de l’audit commandé par le ministère des Sports sur le pilotage de la FFF. Conformément aux statuts de l’instance, c’est Philippe Diallo, vice-président, qui assurera l’intérim. Le dirigeant breton et Florence Hardouin, la directrice générale de la FFF qui a par ailleurs été mise à pied à titre conservatoire ce mercredi, ont été entendus par les enquêteurs de l’audit ce 10 janvier. Les conclusions devraient être remises à l’instance à la fin du mois de janvier. "Enfin, le Comex de la FFF, informé des modalités de la prolongation du contrat de Didier Deschamps à la tête de l’Équipe de France jusqu’en 2026, l’a validée à l’unanimité", précise également le communiqué de la fédération.
Noël Le Graët a été lourdement fragilisé ces derniers mois par plusieurs polémiques. En septembre dernier, le magazine So Foot publiait le témoignage de plusieurs employés ou ex-employés de la fédération qui dénonçaient les pratiques de celui qui est également membre de la FIFA. "C’est bien simple, il saute sur tout ce qui bouge", avait notamment expliqué une ancienne collaboratrice. C’est ensuite la cellule investigation de Radio France qui avait fait état de comportement inapproprié de la part du dirigeant breton, lequel s’est aussi distingué par des propos maladroits sur le Qatar, en marge de la Coupe du monde. Enfin, ce dimanche 8 janvier, Noël Le Graët avait fait scandale en taclant ouvertement Zinédine Zidane, ce qui lui avait valu des critiques unanimes du football français. Le président Emmanuel Macron en personne a été "déçu et vraiment heurté" par les propos du désormais ex-président de la FFF, selon la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra.
L.C