“Ils ne travaillent que 35 à 40 jours par an !” : France Télévisions balance sur Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard Des chiffres et des lettres

Publié le 25 août 2022 à 6:42
Gilles GUSTINE / FTV 2016
Nouvel épisode dans la polémique Des chiffres et des lettres. Alors qu’Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard demandent une requalification de leur contrat en CDI, France 3 a levé le voile sur le rythme de travail des deux acolytes.

L’émission Des chiffres et des lettres n’aura jamais aussi bien porté son nom. Depuis quelques jours, Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard et France Télévisions s’affrontent en effet par communiqués interposés au sujet du départ des deux complices, de leur contrat pour l’émission et de leur cachet. « Ce qui est désigné pudiquement comme un désaccord contractuel a surgi car France Télévisions a exigé une baisse de notre salaire de l’ordre de 60 % et a refusé de nous accorder le CDI que nous avons eu l’outrecuidance de réclamer », ont par exemple déploré les deux figures historiques de l’émission de France 3 dans un communiqué diffusé le 22 août dernier.

Présents respectivement depuis 36 et 47 ans dans l’émission, Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard reprochent ainsi au groupe audiovisuel public des décennies de contrats précaires. Les deux animateurs sont en effet employés en CDD dit d’usage, un type de contrat court en vigueur dans l’audiovisuel (et dans une poignée de secteurs) pour des tâches précises, ponctuelles et temporaires. « Concrètement, les deux visages du jeu de France 3 signaient un nouveau CDDU pour chaque nouveau tournage de l’émission », précise Le Parisien/Aujourd’hui en France.

Interrogée par nos confrères, Me Juliette Mascart, l’avocate d’Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard, dénonce ainsi un « enchaînement de CDDU parfaitement irrégulier » : « Il est impossible de pouvoir un emploi de manière permanente avec ce type de contrats ». Attaqué sur sa longue utilisation de ces contrats, France Télévisions n’a pas pris de gants pour répliquer et clamer haut et fort que le Code du Travail avait bien été respecté. « Madame Boulin-Prat et Monsieur Renard ont travaillé environ 35 à 40 jours par an, regroupés en 6 à 8 sessions. Ils n’ont donc pas collaboré dans les conditions d’un CDI à temps plein », a asséné le groupe public dans cet article de nos confrères.

France Télévisions avait déjà réagi à la polémique autour du départ d’Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard dans un communiqué : « Il leur a été proposé une augmentation de leur cachet pour compenser une part significative de la baisse du nombre d’émissions. Madame Boulin-Prat et Monsieur Renard l’ont refusée (…) Ces modalités contractuelles ont été reconduites d’année en année d’un commun accord. Madame Boulin-Prat et Monsieur Renard n’ont auparavant jamais sollicité de CDI ».

Clara Kolodny

Par