C’est une annonce qui a provoqué la stupeur et la consternation des inconditionnels du jeu Des chiffres et des lettres. Mi-août, France Télévisions a révélé qu’Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard, les deux acolytes du présentateur Laurent Romejko, allaient quitter l’émission après – respectivement – 47 et 36 ans de bons et loyaux services.
Si la chaîne laissait penser qu’un simple désaccord avait séparé les deux parties et que la rupture s’était faite en douceur, les deux principaux intéressés ont donné une toute autre version dans un communiqué mis en ligne sur les réseaux sociaux. « Bien loin de vouloir partir ou quitter l’émission, c’est bien France Télévisions où nous avons travaillé si longtemps qui choisit de se séparer de nous (…) Ce qui est désigné pudiquement comme un désaccord contractuel a surgi car France Télévisions a exigé une baisse de notre salaire de l’ordre de 60 % et a refusé de nous accorder le CDI que nous avons eu l’outrecuidance de réclamer », ont-ils notamment affirmé.
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Selon Le Parisien/Aujourd’hui en France, Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard touchaient auparavant 240 euros brut par émission, soit 4 583 euros brut par mois. Avec le changement de diffusion, l’émission passant uniquement le week-end, ils auraient ainsi été rémunérés 2 000 euros brut par mois, soit 56 % de moins. « Il leur a été proposé une augmentation de leur cachet pour compenser une part significative de la baisse du nombre d’émissions », a expliqué France Télévisions en précisant que le groupe avait proposé de passer le cachet à 300 euros brut par numéro enregistré.
Interrogée par nos confrères, Me Juliette Mascart, l’avocate des deux animateurs, est revenue sur ce volet financier de ce départ mouvementé et inattendu. « Contrairement à l’intérim, il n’y a aucun gain financier avec ces CDDU (CDD d’usage, le contrat signé par les deux plaignants, ndlr). Il n’y a pas de prime d’ancienneté, ni de prime de précarité ni d’accès aux avantages sociaux de France Télévisions », a-t-elle lancé en précisant que ses clients n’avaient désormais ni travail ni revenu.
Affirmant que Bertrand Renard a bien demandé à plusieurs reprises un CDI depuis 2003, elle a précisé que des discussions étaient en cours avec France Télévisions pour trouver un accord à l’amiable et qu’ils pourraient se tourner vers les Prud’hommes si ça n’aboutissait pas. « On demandera l’intégralité des sommes possibles en allant bien chercher dans les coins », a-t-elle assuré.
Clara Kolodny