Guerre en Ukraine : La Russie exclue de l’Eurovision 2022 ? On en sait plus

Publié le 25 février 2022 à 14:52
Zuma/ABACA
Alors que l’Ukraine demandait que la Russie soit sanctionnée et exclue du prochain concours de l’Eurovision, les organisateurs ont refusé. Mais d’autres voix s’élèvent pour écarter le pays alors que l’invasion continue en Ukraine.

Le prochain concours de l’Eurovision, organisé en mai prochain, se fera-t-il sans la Russie ? Quelques heures après la décision de Vladimir Poutine d’envahir son voisin ukrainien et de lui déclarer la guerre, la chaîne publique ukrainienne UA : PBC a demandé à Delphine Ernotte, présidente de l’UER (Union européenne de radiotélévision), d’exclure les chaînes russes Channel One et VDTRK de cette instance rassemblant 116 organisations de 56 pays – et par là d’empêcher l’équipe russe de se présenter au concours.

Dans son courrier, la chaîne ukrainienne a rappelé qu’en mai 2021, l’UER, qui chapeaute l’organisation de l’Eurovision mais pas que, avait décidé de suspendre la BTRC, la chaîne de télévision publique biélorusse, en réaction à « la détérioration progressive de la liberté de médias » dans le pays et à la « diffusion d’interviews visiblement obtenues sous la contrainte ». Une décision qui a écarté le pays de l’Eurovision. UA : PBC a donc demandé la même sanction pour la Russie en soulignant que le pays dirigé par Vladimir Poutine « ignorait le droit international ainsi que la charte des Nations Unies » et « violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Etat ukrainien ». La chaîne a également accusé ses équivalentes russes d’être un « outil de propagande » de l’état, d’être diffuseuses de « désinformation », de ne pas respecter « l’éthique journalistique » et d’être les « porte-paroles du Kremlin » dans sa « guerre d’information contre l’Ukraine et le reste du monde civilisé ». Autant de points qui sont en contradiction avec la charte de l’UER.

Face à la chaîne ukrainienne qui demandait « une réponse forte » aux « actions agressives et illégales inacceptables de la Russie », l’UER a rappelé dans un communiqué que le concours de l’Eurovision était un « événement culturel apolitique unissant les nations et célébrant la diversité à travers la musique ». Soulignant que les membres de l’UER russes et ukrainiens s’étaient engagés à participer à cette édition 2022, l’instance a confirmé qu’elle « prévoyait d’accueillir les deux pays en mai prochain » même si elle « continue d’analyser de près la situation ».

Une réponse qui n’a pas convaincu tout le monde. La chaîne publique suédoise SVT a ainsi demandé, dans le journal Göteborgs-Posten, que l’UER « réfléchisse à nouveau à sa décision » car même s’il s’agit d’un événement non-politique, la « situation en Europe est extrêmement grave ». Même position pour la chaîne publique danoise DR qui juge, à travers la voix du producteur de l’émission de sélection de l’Eurovision, que la Russie ne « peut pas participer dans de telles circonstances ». Un avis qui est le même pour la NRK, la chaine norvégienne, ainsi que pour la chaîne hollandaise AVROTOS et pour la Lituanie.

Clara Kolodny

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