Delphine Ernotte, la présidente du groupe France Télévisions, a été sollicitée par la chaîne de télévision ukrainienne UA:PBC ce jeudi 24 février, quelques heures après les premières attaques russes. En tant que présidente de l’Union européenne de radiotélévision (UER) depuis le 1er janvier 2021, Delphine Ernotte se voit demander dans un communiqué – quelques heures après l’invasion de la Russie en Ukraine – l’exclusion des médias russes au sein de l’UER comme une "réponse puissante" à l’invasion russe. Cette organisation internationale organise l’Eurovision en plus de régir les droits de diffusions de grands événements (Coupes du monde, tournois de l’UEFA, Jeux Olympiques…).
La chaîne télévisée ukrainienne qualifie les médias russes d’"instruments de propagande politique", les accuse de "désinformation" et d’être "un élément moteur de la guerre de l’information du gouvernement russe contre l’Ukraine et le reste du monde civilisé". Ils ne respecteraient ainsi pas la charte de l’UER qui veille à garantir "la liberté d’expression et d’information". UA:PBC estime en ce jour tragique que la Russie "a ignoré le droit international, la charte des Nations Unies, et a violé la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Etat ukrainien. (…) Le concours Eurovision de la chanson a été créé après la Seconde Guerre mondiale pour unir l’Europe. Dans cette optique, la participation de la Russie en tant qu’agresseur et violateur du droit international à l’Eurovision de cette année sape l’idée même de la compétition".
D’ailleurs, l’UER avait suspendu en mai 2021 l’adhésion de la télévision publique biélorusse BTRC en raison de "la détérioration progressive de la liberté des médias au Bélarus". Depuis, l’état ne peut plus participer à l’Eurovision.
Hugo Mallais