ENQUÊTE – J’irai dormir chez vous, Thalassa… Dans les coulisses des émissions de voyage

Publié le 22 janvier 2024 à 13:31
France 3
Avec "Thalassa" qui fait son retour à l’antenne, "Échappées Belles" qui enchante nos veillées du samedi soir, ou les tournages en cours d’"Au Bout, c’est la mer", de "J’irai dormir chez vous", des "Voyages de Nicky", la télévision mise toujours – beaucoup - sur l’évasion. Décryptage.

Dans les émissions de voyage, il y a ce que l’on voit à l’écran, et c’est pour cela qu’on les regarde : ces paysages ou ces lieux qui nous font rêver, ces rencontres peu ordinaires… Et il y a tout ce que l’on ne voit pas. Qu’est-ce qui se passe derrière l’écran, hors-champs ? "On gamberge à partir de mars sur nos futures destinations", explique Alain Goury, producteur d’Échappées Belles diffusée depuis dix-huit saisons sur France 5. "J’envoie un mail à tous nos collaborateurs en demandant : « Qu’est-ce qui vous rêvez en ce moment ? L’Estonie ? Le Rwanda ? » On établit une liste idéale qu’on affine, sachant que l’on a 35 émissions de 90 minutes à tourner entre début septembre et fin juin. Ensuite, on les dispatche entre nos trois « animateurs » historiques, à savoir Sophie Jovillard (depuis 2006), Jérôme Pitorin (depuis 2010) et Ismaël Khelifa (depuis 2019). Sans oublier Tiga qui en présente une ou deux par saison, Sabine Quindou, la cheffe Anton Cocagne et Théo Curin qui vient de nous rejoindre. Cela fait beaucoup d’agendas à coordonner." Chaque destination mobilise quatre à cinq personnes : un assistant enquêtant en amont, un JRI (journaliste reporter d’images), parfois avec un assistant, réalisant de son côté les reportages représentant 50 minutes d’antenne, et un animateur avec un cameraman l’accompagnant sur place.

La Corée du Nord ? Non !

Y-a-t-il des destinations interdites ? "Non, répond Alain. Échappées Belles n’est pas une émission politique. Mais nous n’allons que là où tout le monde peut aller : ok pour l’Arabie Saoudite, la Chine, les Îles Féroé mais pas la Corée du Nord. On s’interroge aussi par rapport à nos bilans carbone : Faut-il encore tourner en Australie, en Nouvelle Zélande ? Nous y sommes allés récemment mais je pense que c’est la dernière fois." Parmi les émissions itinérantes en France ou à l’étranger, il y a celles qui demandent des logistiques beaucoup plus légères comme Nus et Culottés (France 5) ou J’irai dormir chez vous (RMC Découverte) dont les protagonistes se filment eux même avec des dispositifs adaptés et demandent quasi zéro préparation. Ancien grand reporter de guerre, Antoine de Maximy improvise jusqu’au dernier moment. Il peut partir au Japon sur un coup de tête sans prévenir la production. Avec Des Trains pas comme les Autres (2 millions de téléspectateurs sur France 5 cet été), on est dans un entre-deux : "Nous disposons d’une très grande liberté sur le choix des destinations, explique Nicolas Boero, l’un des deux cameramen et réalisateurs. Il n’y a que la Chine qui nous est interdite sans doute parce que les trains sont considérés comme stratégiques par le régime. Mais on essaye… Chaque année." Un problème que n’a pas rencontré Faut Pas Rêver (France 3) qui a pu s’y rendre et filmer sans problème une émission spéciale sur La Route de La Soie. Mais l’Iran leur est toujours inaccessible : "J’adorerai y aller, explique Mathide Faivre, la rédactrice en chef, mais le pays s’est complètement refermé."

Par
Frédérick Rapilly