Destination X (M6) : « Je me suis donné à fond », Amin revient sur sa défaite inattendue

Publié le 7 février 2024 à 13:18
Thomas BRAUT / M6
Hier soir, mardi 6 février, avait lieu la finale de Destination X. Après plusieurs semaines à suivre les aventures des candidats à travers l'Europe à bord du X Bus, les téléspectateurs ont pu découvrir la victoire d'Hélène. Amin, qui s'est battu jusqu'au bout face à elle, s'est confié à Télé 7 jours sur cette belle aventure. 

Comment avez-vous vécu cette aventure ? 

Amin : Dans la globalité de l’aventure de Destination X, j’ai adoré. Personnellement, je n’ai eu aucun point négatif, j’ai tout bien vécu puisque je prenais ça comme des situations un peu insolites qui me faisaient rire. J’adore me challenger, j’adore vivre des choses on va dire ‘insolites’ et pour le coup, Destination X, c’était génial parce que je n’étais pas au courant de ce que j’allais faire, que tout pouvait apparaître à n’importe quel moment.

Vous aviez déjà pensé à participer à une émission de télé réalité ? 

J’aurais adoré participer à Pékin Express, et Destination X ça ressemble beaucoup à ça. Il y a aussi Koh Lanta et Fort Boyard qui me faisaient vraiment envie. C’est vraiment les bons basiques on va dire (rires). C’est toutes ces émissions-là qui m’ont toujours dit. Je me suis toujours dit : "Tiens, je vais participer". Et quand on m’a proposé Destination X, je me suis dit que c’était une émission d’aventures et que c’était l’occasion. C’est vraiment un bon mélange.

Pourquoi avoir accepté Destination X sans savoir à quoi vous attendre ? 

Alors, je vais faire une petite analogie (rires). Quand on a une boîte de chocolats, personnellement, je ne lis jamais le descriptif des chocolats et je me laisse surprendre. Je ne sais pas ce qu’il y a, donc je prends le risque de ne pas aimer, mais je prends surtout le plaisir de découvrir une saveur à laquelle je ne m’attendais pas. Si j’avais su exactement ce que l’émission allait être, peut-être je me serais fait de fausses idées qui auraient rendu l’aventure un peu moins plaisante. Là, je ne savais pas à quoi m’attendre et à chaque fois, c’était génial et incroyable ! 

D’où vous vient ce mental de gagnant ? 

Ça date de quand j’étais petit (rires). Moi je sais, que ce soit par mon éducation, par mes parents ou mes grands parents, j’ai toujours été éduqué en mode : "Tu t’en fiches de ce que les autres peuvent penser. Toi, tu dois faire les choses bien et tu vas donner le maximum que tu peux. Parce que si quelqu’un peut le faire, toi tu peux le faire. Et si personne ne l’a fait, tu seras le premier à le faire". Il y a aussi le fait que je sois un très grand fan d’anime et de mangas où le mantra, c’est "seul contre tous". Et cette mentalité-là s’est traduite par mes actions tout au long de ma vie, ce qui fait que ça a modelé mon cerveau à réfléchir de telle manière. Et c’est pour ça que je "remercie" la vie, c’est-à-dire que même les difficultés que j’ai pu avoir dans la vie, notamment en commençant en étant proche de l’obésité, je me suis prouvé que je pouvais m’en sortir tout seul, ça m’a donné confiance en moi. Et au fur et à mesure de ma vie, je me suis toujours donné des défis insolites, des objectifs qui paraissent surréalistes au tout début. Et en fait, je me rendais compte que soit j’atteignais parfaitement cet objectif, voire le dépassais, soit je n’atteignais pas cet objectif mais j’atteignais quelque chose qui était du même acabit. Je me suis rendu compte que la seule chose qui est la plus importante, c’est d’avoir l’audace de chercher plus haut, d’agir. J’ai fait énormément de sports de combat, donc c’est sûr que quand je monte sur un ring ou dans une cage, c’est pour gagner (rires). 

Pensiez-vous pouvoir perdre ? 

Je suis attristé de l’issue du jeu parce que j’étais vraiment déterminé et beaucoup sont juste venus pour essayer. Il n’y avait vraiment que Maxime, Julien et moi qui disions : "Je veux gagner". D’ailleurs, dès le début du jeu, je me suis dit : "Bon bah la finale ça va être Maxime et toi". Et en réalité, c’est une question complexe que vous me posez parce que ce n’est pas aussi simple que dire "oui" ou "non". Pour être honnête, il n’y a eu aucun moment où je visualise ma défaite. Je ne pouvais pas la visualiser parce que ça voudrait dire que je laisse une porte d’entrée à la défaite et si j’entrevois un tout petit peu de choses négatives, ça risque de faire un bruit mental qui va me déranger. Par contre, je ne suis pas non plus stupide ou alors en confiance excessive de là à me dire que je suis le meilleur. Ça serait de l’inconscience et c’est ne pas savoir réaliser ses capacités. Et c’est d’ailleurs pour ça que je me suis efforcé durant toute la finale de tenir bon. Je n’ai vraiment rien à regretter parce que j’ai tout donné et on était au coude à coude avec Hélène. J’ai perdu sur une épreuve que j’étais le seul à avoir gagnée plus tôt dans le jeu (rires). Et ce n’est pas parce que je l’avais déjà gagné que je me suis reposé sur mes lauriers, au contraire ! Je n’étais pas en situation de confiance, je me suis dit qu’il fallait que je me concentre et que je me donne à 100%.

Et justement pensiez-vous qu’Hélène pourrait être finaliste face à vous ?  

Quand on était dans le trio, je dois avouer que je pensais faire cette finale plutôt face à Angie. D’ailleurs, je n’ai pas compris quand elle m’a dit qu’elle avait joué Berlin au lieu de Munich… Du coup, pour Hélène, oui c’était une réelle surprise et à vrai dire, même si ça avait été contre Angie, ça aurait été aussi une surprise pour moi au début du jeu parce que je me voyais franchement face à Maxime. Donc ça a finalement été contre Hélène, je ne m’y attendais certes pas mais en vrai, je ne m’attendais à rien (rires). Je m’étais fait plusieurs scénarios et puis c’est tombé face à Hélène dont allons-y ! Peu importe mon adversaire, je me donne toujours à 100%, ne serait-ce que par respect pour la personne. Je ne m’amuse pas à sous-estimer les autres, je fais juste ce que je peux et ce peu importe la façon en face. 

Quels candidats redoutiez-vous dans l’aventure ? 

Il y a vraiment personne que je redoutais. Sincèrement, la seule personne face à laquelle j’ai eu une sorte d’alarme qui s’est déclenchée, c’était Maxime parce que je me disais : "Face à lui, il faudra que tu fasses attention aux erreurs que tu peux faire". Pour repartir sur une analogie pour expliquer mon ressenti face à Maxime, on pourrait parler de pierres précieuses. Je ferais allusion au niveau de rareté et à comment la pierre est taillée par le joaillier. Pour moi, Maxime c’est une émeraude, bien taillée, il est très cultivé et performant. Quant à moi, je me comparerai à un diamant brut, je suis au point en termes de capacités mais la culture ce n’est pas mon fort (rires). 

Vous avez eu chaud après l’épreuve de l’escape game mais finalement, vous êtes le premier à être qualifié car le mieux placé. Vous dites-vous que ça y est, vous allez gagner ? 

À aucun moment. Je sais que lors de cette phase, j’ai été premier, point. Je ne vais pas me faire encore une fois des scénarios parce que ça va me faire du bruit mental. À chaque étape, je repartais de zéro même si on ne savait pas notre classement, sauf à Venise, pour ne jamais me reposer sur mes lauriers. 

"Une caresse, une claque, cette aventure", qualifiez vous Destination X. Vous avez souvent eu l’avantage sur vos concurrents, vous sentiez-vous quand même challengé ? 

Je ne me sentais pas challengé en termes de compétition mais plutôt concernant l’environnement de jeu dans lequel on évoluait. C’est-à-dire que ce sont des conditions particulières, on reste enfermé dans un bus et on ne sait pas ce qu’on va faire. Donc je ressentais vraiment un challenge et je me disais : "C’est quoi la prochaine épreuve ?". Ce que j’aimais bien, c’était vraiment le fait de n’avoir aucune idée de l’épreuve et de me dire que j’allais devoir me créer une nouvelle stratégie pour briller là-dessus, trouver la meilleure solution. 

Vous avez choisi Maxime pour vous aider en finale. Pourquoi ? 

Je me disais : "Il réfléchit comme toi, donc on aura les mêmes déductions". Surtout que j’imagine que si je dois l’appeler, ça voudrait dire que lui il va m’aider quelque part, il va avoir des informations que je n’ai pas et moi je serai ses yeux. Comme je l’ai dit, c’est quelqu’un qui a beaucoup de culture générale, donc je me disais que ça pourrait peut-être un plus. Je voyais vraiment ça comme un moyen de faire des raccourcis mentaux. Et finalement, avec le recul de l’épreuve, mais je n’aurais pas pu le savoir, je me suis dit que si j’avais su que c’était une course d’orientation, j’aurais peut-être choisi Jonathan, que j’aime beaucoup malgré tous les messages méchants que l’on a pu lire sur les réseaux sociaux. Les gens disaient que c’était un boulet pour moi alors que pas du tout, parce que la réalité c’est : ok, il ne gagnait pas, par contre, il arrivait à tirer toutes les hypothèses que les gens pensaient. On communiquait vraiment très bien, et on s’est même trouvé un langage en signes pendant le jeu pour échanger sans que les autres ne comprennent.

Vous avez dit garder espoir jusqu’au bout mais quand Hélène s’en va dans le van, vous dites-vous que c’est fini ?

Non, parce que pour moi en fait, dès qu’on ne me dit pas stop, je continue à y croire. Je me disais que tant que je n’entends pas Philippe me dire que c’est fini, je continue. Rien ne pouvait m’arrêter ou se mettre en travers de mon chemin (rires)

Vous avez eu un esprit de compétition incroyable tout au long du jeu. Sur la toile, on vous donnait favori. Pas trop déçu de ne finalement pas avoir gagné ? 

Je n’ai aucun regret, je me suis donné à fond. Il y a des aléas. On s’est mal compris avec Maxime, etc, mais ça arrive, c’est comme ça. On essaie de faire au mieux. Donc vraiment pas de regrets ou de déception. Il y a un mot en argot français que j’aime beaucoup et qui pourrait décrire ce que j’ai ressenti, c’est le "seum". Beaucoup voient ça comme de la haine mais en arabe, ça veut plutôt dire "poison", c’est un terme profond et qui dit beaucoup de ce qu’on peut ressentir. La haine, c’est une émotion surtout mais le seum, c’est vraiment un poison, et plus tu l’agites, plus ça devient nocif. Une victoire qui te passe sous le nez, certes c’est dur mais il ne faut pas que ça se transforme en seum justement. Il faut savoir utiliser cette émotion, la sublimer pour qu’elle soit effective dans un autre domaine, utile, comme de l’énergie. Philippe me disait : "Tu as été lucide, les jambes, les bras, etc". Mais tout ça, ça m’a valu la deuxième place, c’est-à-dire que je suis le premier des perdants (rires).

Maintenant que vous avez testé l’expérience Destination X, y a-t-il une autre émission de télé-réalité qui vous tente ? 

J’aimerais beaucoup faire Pékin Express, Koh Lanta mais aussi Ninja Warrior, sur Netflix. Vous l’aurez compris, j’aime tout ce qui est dépassement physique (rires). J’aime aussi tout ce qui permet de faire travailler l’intellect, le mental. Par contre faire de la télé-réalité à proprement parler comme ce qu’on peut voir aujourd’hui, ça ne m’intéresse pas. Je n’ai pas envie d’associer mon nom et mon image à ça pour être tout à fait honnête. 

Le mot de la fin ? 

Peu importe la défaite ou la victoire, je reste Amin-crédible (rires) [jeu de mots avec "I am incredible", soit je suis incroyable en anglais, ndlr] ! 

Par
Kahina Boudjidj