Dès le 10 janvier prochain, Olivier Delacroix sera de retour sur France 2 avec son émission intitulée Dans les yeux d’Olivier. Il a repris la route pour cette douzième saison afin de rencontrer des femmes et des hommes au destin singulier. Cette saison, le documentariste recevra plusieurs célébrités comme Chris Marques, Guillaume Canet, ou encore Jeremy Ferrari pour ne citer qu’eux. Les trois premiers sujets seront les suivants : "Peut-on échapper à son milieu ?" avec Jeremy Ferrari, "Erreurs et violences médicales : la vie après" avec Chris Marques et "Enfants victimes oubliées des violences conjugales" avec Cindy Bruna. Pour l’occasion, Télé 7 jours a pu poser quelques questions lors de la conférence de presse de l’émission. La première ? Comment les célébrités sont-elle approches pour témoigner.
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Un travail de longue haleine
"Les célébrités ne m’avaient pas spécialement parler de leur santé. Par exemple, Chris [Marques], ne m’avait pas parlé de sa santé, on n’avait pas parlé de tout ça. On avait fait connaissance sur une émission de TF1 mais je crois que Chris avait du l’évoquer dans la presse une fois au moment où il sortait son livre", débutait Olivier Delacroix. Il nous précisait ensuite : "Généralement, on choisit des thématiques qui nous inspirent et qui sont vraiment en lien avec le pouls de la société et ensuite, on trouve une personnalité". Le documentariste nous expliquait que ce n’était d’ailleurs pas une mince affaire. "Il faut montrer patte blanche, il faut expliquer notre démarche. L’avantage c’est que le programme est connu mais ça reste quand même un travail de longue haleine. Ça prend du temps et c’est plus compliqué quand il s’agit d’une personnalité publique", assurait-il. Puis de remarquer quand même : "Le fait qu’avec cette douzième saison Chris est là, Guillaume Canet, Jérémy Ferrari, Cindy Bruna… On est quand même avec des stars françaises. Du coup, ça aura un impact sur la saison d’après parce qu’il y en a d’autres qui vont avoir envie de le faire après avoir vu ces témoignages. C’est un peu comme ça que ça marche".
"C’était vraiment dur, par moment émouvant…"
On lui demandait ensuite comment il parvenait à faire la part des choses lorsqu’il reçoit des témoignages bouleversants. Olivier Delacroix commençait par nous répondre : "Je dirais que oui, j’arrive à faire la part des choses ayant moi-même vécu des épreuves violentes, difficiles… Je sais ce que c’est que de vivre une épreuve. Tout à l’heure, il y avait un journaliste de France 2 qui me demandait si pour aller chercher cette parole précieuse, il fallait, comme moi, avoir vécu des épreuves. Vraiment c’est en toute humilité que je le dis car je préférerais ne pas avoir vécu ces épreuves, mais bien évidemment que ces épreuves m’ont radicalement changé, elles m’ont transformé". "Quand on a affronté une épreuve, je pense que c’est un accélérateur de maturité, de prise de conscience des choses. Ça permet de relativiser certaines choses et de donner plus d’importance à d’autres. Ça change un homme et une femme de vivre une épreuve", soulignait-il à raison.
Et de reprendre son explication : "D’ailleurs, la plupart des témoins se renseignent d’abord sur moi avant de dire oui et ils savent ce qu’il m’est arrivé et bien évidemment ça rajoute quelque chose à la confiance qu’ils me font. Je suis moins solennel dans la vie qu’à l’écran et les gens sont surpris par ma personnalité quand j’arrive parce qu’ils se rendent compte que je suis ‘normal’. Quand on a vécu une épreuve, on sait que c’est notre épreuve et quand les autres me racontent leur épreuve, je sais que c’est la leur". L’animateur se souvenait alors d’un récent weekend passé au sein d’une famille d’agriculteurs qui a vécu l’inceste et où toute la famille a été touchée… "C’était vraiment dur, par moment émouvant… On peut même pleurer ensemble et quand je repars, les témoins ne sont jamais tristes. On est certes tristes de se quitter mais on n’est pas tristes de ce que l’on vient d’évoquer parce que souvent il y a des choses qui ont été déposées et les témoins me disent que c’est comme une séance de psychothérapie mais accélérée", détaillait-il.
Il nous confiait ensuite qu’il lui fallait un temps avant de reprendre sa routine habituelle. Olivier Delacroix nous indiquait : "Je me rappelle que quand on est rentré de ce week-end, on était dans le train avec l’équipe et il n’y en a pas un qui en décrochait une. On a passé trois heures dans le train, il n’y en a pas un qui a parlé. On était tous dans une sorte de vide comme après chaque tournage. On s’est toujours dit qu’on préférerait même aller à l’hôtel plutôt que de rentrer chez nous car il y a un truc qui se passe et qui fait que l’on a du mal à revenir directement à la vie ‘normale’ tellement c’était très intense". Quant à faire la part des choses, il se voulait toujours aussi convaincu du fait que oui, il y parvient. "Je sais faire la part des choses et aujourd’hui, peut-être parce que je suis plus vieux (rires), au moins de juin, début juillet, je suis fatigué. Il y aussi la radio en même temps qui est un moment de grandes confessions. Tous les soirs, j’entends beaucoup de choses très dures et on élargit le spectre à la solitude, à la maladie… Ça peut aller de la solitude d’un jeune homme de 32 ans qui m’a appelé il y a quelques semaines et qui est autiste Asperger à une personne de 84 ans qui est abandonnée par ses enfants et qui ne voit que le facteur une fois par semaine… donc oui, je peux avoir une part de fatigue mais je sais faire la part des choses et il le faut de toute façon", concluait-il.