Touche pas à mon peuple. Tel est le nom du livre de Claire Sécail sorti ce vendredi 5 janvier. Dans cet essai, la chercheuse du CNRS "s’adresse à celles et ceux qui douteraient encore du projet idéologique de Vincent Bolloré, comme à ceux qui n’acceptent plus la banalisation de la violence des échanges humains, la dépolitisation des échanges citoyens, et l’abrutissement du débat public", précise sa maison d’éditions (SEUIL).
Interrogée par Télérama, Claire Sécail explique par exemple que l’animateur de Touche pas à mon poste a "investi les questions de discrimination" pour "réparer son image (…) après avoir dégringolé dans le classement des animateurs préférés des Français". Mais pas que. Il s’agit aussi pour elle d’une volonté "d’invisibiliser les modérés" et ainsi "mener la guerre de civilisation attendue par Vincent Bolloré".
Accusant l’animateur de C8 de populisme, elle souligne "qu’il pratique l’anti-élitisme intellectuel et médiatique". "Toute critique de sa personne ou de son émission vous donne un statut d’adversaire. Personnellement, j’ai par exemple été qualifiée de « chercheuse qui n’a jamais rien trouvé », de « complotiste » ou de « militante politique » dans TPMP (après avoir publié une étude montrant la surreprésentation de Zemmour et de l’extrême droite dans les émissions d’Hanouna pendant la précampagne présidentielle, ndlr) Plutôt que de répondre sur le fond, on assiste à la construction de figures génériques type les « journalistes », les « intellectuels bobo », les « donneurs de leçon »… Des formules que répètent ensuite comme des perroquets les chroniqueurs", précise-t-elle à Télérama.
"En dévoyant les principes les plus élémentaires du débat public et en s’abritant derrière l’excuse du divertissement, le « populisme hanounesque » est bel et bien une entreprise de désinformation", clame la chercheuse qui revient aussi sur le Complément d’enquête consacré à Cyril Hanouna. "Vu les problèmes rencontrés par la journaliste pour regrouper des témoignages, tout n’a pas pu être traité. Mais l’émission a le mérite d’avoir formulé Hanouna comme un « problème », ce qui amènera peut-être à la libération de la parole d’autres personnes, comme on le voit dans des affaires de violences sexistes et sexuelles", conclut-elle ainsi.