Thierry Ardisson n’a jamais eu sa langue dans sa poche. Et il l’a une nouvelle fois prouvé ce matin lorsqu’il a été interrogé par Léa Salamé sur France Inter. Un entretien qui lui a permis de rappeler ce qu’il pensait de la télévision d’aujourd’hui. "Ce n’est pas pour jouer les vieux boomers mais c’est vrai qu’aujourd’hui la télé est plus frileuse", a-t-il assuré.
Et pas question pour lui de qualifier de "transgressifs" Pascal Praud et Cyril Hanouna. Bien au contraire. Pour lui par exemple, l’animateur de Touche pas à mon poste (C8) "ne dit rien de transgressif et ne dit que des conneries". "Ce n’est pas pareil de dire des choses transgressives, d’essayer de faire avancer les idées et puis de faire ce qu’il fait tous les soirs (…) Déjà on avait eu Alessandra Sublet qui ne savait pas en quelle année avait commencé la guerre de 40, sur la Cinq qui était quand même la chaîne de la culture, de la connaissance bon. Là j’ai vu Moundir nous expliquer que c’est grâce aux arabes qu’on a gagné la guerre de 40..", a-t-il poursuivi en pointant du doigt le manque de qualité des débats dans certaines émissions télé, et en particulier dans TPMP.
Que pense Thierry Ardisson de Vincent Bolloré ?
Si Thierry Ardisson s’attaque à Cyril Hanouna, il ne prend pas de gants non plus pour critiquer Vincent Bolloré, l’homme d’affaires à qui appartient C8, Canal + ou encore Europe 1, CNews et le JDD. "Je veux bien que Vincent Bolloré veuille être encore plus milliardaire que ce qu’il est milliardaire mais comment peut-on laisser sur sa chaîne dire des conneries pareilles ?", a-t-il expliqué en soulignant qu’il se posait cette question alors même qu’il connait Vincent Bolloré.
"Qu’est-ce que je ferai aujourd’hui si je faisais Salut les terriens (l’émission qu’il présentait sur Canal + puis C8, ndlr)’, je serai obligé de faire comme Pascal Praud, de dire que je vais à la messe le dimanche pour me faire bien voir de mon patron ?", a-t-il poursuivi remonté en pointant du doigt la droitisation de la chaîne. Interrogé sur les audiences de CNews qui devancent désormais celles de BFM TV, Thierry Ardisson pense qu’il y a un "vide" sur le petit écran. "Dans le PAF, il manquait un contrepoids à France Inter, au service public".