Julian Bugier orchestrera cet événement entouré de nombreux intervenants. Quel sera votre rôle ?
Stéphane Bern : Décrypter au mieux le moment. Ce qui m’importe, c’est de donner du sens, d’apporter une information rigoureuse afin que les téléspectateurs comprennent tout ce qu’il se passe. Car chaque rituel, chaque regalia – les couronnes, les épées ou les sceptres – a une signification propre.
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Charles III est déjà roi. Que va changer cette cérémonie ?
Il s’agit de la transfiguration d’un roi profane en un roi sacré. L’archevêque de Canterbury, chef de l’Église d’Angleterre, va procéder à l’onction du saint chrême à différents points du corps du souverain. Et celui-ci va devenir le lieutenant du Christ sur terre, selon la tradition biblique. À partir de là, les sujets feront allégeance au roi sacré. Les rituels, qui puisent leurs racines dans la nuit des temps, font écho en chacun de nous, que l’on soit croyant ou pas.
En quoi le couronnement de Charles va-t-il être différent de celui de la reine Élisabeth II, il y a soixante-dix ans ?
Ce sont deux salles, deux ambiances, car la monarchie a beaucoup évolué. Le nouveau roi souhaite envoyer un signe fort de simplicité et de sobriété. Parce que l’on est en temps de crise, il a réduit la voilure : très peu d’aristocrates sont invités. En revanche, il a convié de nombreux scientifiques et historiens, qui seront aux premières loges aux côtés des représentants de toutes les religions du pays. Charles a toujours dit que, contrairement à sa mère, il ne serait pas le défenseur de la seule foi anglicane, mais celui de toutes les fois.
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Autre changement : le couronnement de Camilla !
C’est un symbole fort, la victoire de la seconde chance et une belle revanche sur la vie. Voilà deux êtres qui s’aiment depuis cinquante ans et qui ont fini par se retrouver. Cette femme, surnommée la « Rottweiler », sera bientôt couronnée selon le voeu d’Élisabeth II. Cette histoire est improbable ; même Barbara Cartland n’aurait pas osé l’écrire.
Est-ce également le sacre de la nouveauté ?
Oui, de nombreux chefs d’État seront présents, et c’est une première pour un tel événement. Charles veut en faire une grande réunion diplomatique. Mais c’est surtout l’occasion pour lui d’unir un peuple divisé depuis le Brexit. Il a aussi décidé d’oeuvrer pour l’unité de sa famille et a donc tendu la main à son fils Harry, en l’invitant. Charles a des convictions humanistes. Ce couronnement, qui est à la mesure de sa personnalité, va le montrer.
Un mot sur l’absence de Meghan Markle, l’épouse de Harry…
Elle était invitée, mais, selon moi, elle a calculé qu’elle avait plus à perdre en venant qu’en s’abstenant. Car elle n’aurait pas eu le premier rôle. Or, quand on est une actrice, comme elle, on évalue toujours sa place dans le scénario avant de s’engager…
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Ce couronnement est-il aussi celui de votre carrière ?
N’exagérons rien. (Rires) C’est un peu comme la comète de Halley, il ne faut pas rater l’occasion. Cela restera un moment important de ma vie.
Couronnement de Charles III, samedi 6 mai à 9h20 sur France 2
INTERVIEW KATIA DE LA BALLINA