Claire Chazal : « Je n’ai pas l’intention d’arrêter ma vie de journaliste… »

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 14:40
FRANCOIS ROELANTS / FTV
INTERVIEW. En compagnie d’André Manoukian, Claire Chazal consacre une soirée à Dalida, depuis le prestigieux Opéra royal de Versailles, où chanteurs et proches de l’artiste se sont succédé pour lui rendre hommage.

Vous dédiez votre émission à Dalida. Étiez-vous fan d’elle ? 

Claire Chazal : Des personnes de sa génération, ce n’est pas celle qui comptait le plus pour moi : j’écoutais Brel, Brassens, Aznavour… Mais je la trouvais très émouvante, elle a eu un destin bouleversant. C’était aussi une femme courageuse, partie seule très jeune d’Égypte pour exercer le métier dont elle rêvait. 

Son frère Orlando, Dave ou Pascal Nègre apportent leurs témoignages. Apprend-on encore des choses sur Dalida ? 

Oui, comme le raconte Orlando, elle ne tombait amoureuse que d’hommes fragiles, dont elle voulait s’occuper. Ayant perdu son père très jeune, elle le cherchait dans chacun de ses amants. On raconte aussi son engagement pour la cause homosexuelle, pour la gauche, quand elle prend parti pour Mitterrand, pour les radios libres, menacées de disparaître en 1984… 

Quelles prestations, parmi toutes celles données ce soir, vous ont le plus marquée ? 

J’admire les interprétations de Barbara Pravi, qui a une voix lyrique extraordinaire. Eddy de Pretto m’a aussi beaucoup touchée, car il n’était pas dans son univers ; il y a eu des moments très puissants. 

Comment qualifieriez-vous le duo que vous formez avec André Manoukian ? 

Nous sommes très complémentaires. Il ne cherche pas à être l’animateur. André est là pour raconter ses propres histoires avec les artistes, pour les mettre en valeur. En plus, il est toujours de bonne humeur, souriant et adorable. 

"J’ai été attristée par l’arrêt de Passage des arts"

Vous présentiez, jusqu’en 2023, Passage des arts, une émission qui avait une diffusion hebdomadaire sur France 5. Celle du Grand Échiquier reste irrégulière. N’est-ce pas un peu frustrant pour vous ? 

J’ai été attristée par l’arrêt de Passage des arts, où je présentais l’actualité culturelle de la semaine, mais le temps a passé. Le Grand Échiquier, c’est différent, c’est une belle émission dédiée à la musique, avec un grand orchestre, dans laquelle on raconte une histoire. Mais j’ai aussi un rendez-vous chaque vendredi à 23 h sur Public Sénat, avec Au bonheur des livres, dans lequel je reçois de grands auteurs. 

Plus récemment, vous avez aussi lancé votre chaîne YouTube, Chez Claire, dans laquelle vous menez de longs entretiens avec des artistes… 

Oui, c’est une petite aventure sur le plan de l’audience, mais une grande pour moi. C’est un fonctionnement nouveau par rapport aux médias traditionnels. C’est beaucoup plus souple, puisque c’est moi qui décide, mais il n’y a pas d’économie réelle, puisque l’on ne se paie pas ! Je reçois des artistes qui sont avant tout des amis, pour un entretien de 45 minutes. On est chez moi, à la maison, c’est informel, agréable et, surtout, gratuit ! Je travaille avec le YouTubeur Gaspard G : je lui apporte le lieu, les artistes, le contenu, et lui, il gère les caméras et le montage. 

Dalida chantait qu’elle voulait « mourir sur scène, devant les projecteurs ». Et vous ? 

Je la comprends très bien. Je n’ai pas l’intention d’arrêter ma vie de journaliste, tant que l’on me fait des propositions. Donc, je pourrais dire la même chose, mais ce n’est pas mon genre de dramatiser. 

Le grand échiquier, mardi 18 à 21h10 sur France 2

Par
Corinne Calmet