« C’est fini les interviews à l’ancienne » : Apolline de Malherbe et Maxime Switek aux commandes du débat des Européennes 2024 (BFMTV)

Publié le 27 mai 2024 à 7:26
ABACA/BFM
INTERVIEW. Les deux journalistes de BFM TV font équipe le temps d’une soirée capitale, pour aider les Français à voter le 9 juin.

Ce n’est pas la première fois que vous formez en duo sur l’antenne de BFMTV. Comment se passent les choses en général ?

Maxime Switek. C’est vrai que nous avions déjà présenté les soirées électorales après la présidentielle et les législatives…C’est toujours un régal car il y a du suspense, on attend les résultats, l’enjeu est souvent énorme et vous avez des invités en plateau qui attendent de savoir ce que leurs partis, leurs candidats vont devenir. Ce sont les soirées que je préfère ! Et nous n’avons pas beaucoup l’occasion de bosser ensemble, je suis heureux de retrouver Apolline pour ce débat autour des Européennes car c’est toujours très cool de bosser avec elle.

Apolline de Malherbe. C’est une relation de très grande confiance et de respect. On arrive chacun avec nos qualités. Moi, je suis nourrie par ce que me disent les auditeurs, ce que je fais sur RMC, les interviews politiques. On a en commun d’être à l’antenne comme on est dans la vie. On des gens spontanés, très naturels, on dit les choses comme on les pense. On est réactif. On a une manière moderne de mener les débats. C’est fini les interviews à l’ancienne, un peu ampoulées, plan-plan. Nous, on les vit de manière très spontanée, très cash, avec un ton très libre.

Vous avez une belle complicité …Quel regard portez-vous l’un sur l’autre ?

M.S Apolline est à la fois hyper bosseuse, hyper sérieuse et hyper détendue…

C’est possible ça ?

M.S Oui c’est possible ! Et c’est là où elle est très forte : elle est capable de bosser, d’être rapide, et en même temps d’avoir une espèce de décontraction jusqu’à une demi-seconde de l’antenne. Les téléspectateurs ne le voient pas forcément mais pendant un duplex, on peut même se vanner !

A.M Maxime et moi, nous sommes sur la même longueur d’onde dans notre manière de mener ces soirées-débats. On ne laisse rien au hasard. On incarne une manière de faire qui est vraiment propre à la génération BFM, celle qui a changé le ton des interviews.

"Vous ne savez jamais où l’invité va vous emmener dans l’interview"

Comment se prépare-t-on à ce moment important qu’est le débat pré-électoral ?

M.S D’abord, c’est une grosse machinerie. On a huit candidats en plateau, donc il faut que techniquement tout soit parfait, que l’image soit irréprochable. Concernant notre travail, il y a deux aspects. Sur le contenu, nous avons défini les différents thèmes et les directions vers lesquelles nous voulons emmener les candidats, les questions qu’on veut leur poser… Mais tout ça reste très théorique parce que vous ne savez jamais où l’invité va vous emmener dans l’interview. Et quand vous en avez huit, le but c’est quand même qu’ils se parlent, qu’ils se contredisent les uns les autres. Il faut que de ces joutes sortent des moments de vérité justement. La deuxième chose importante, c’est notre travail quotidien : se nourrir et se remplir de toutes les questions liées aux programmes de chacun, autour de ces Européennes. Parce qu’on sait qu’ils vont forcément aller se chercher là-dessus aussi. Il faut que l’ensemble soit le plus clair et le plus pédagogique possible pour les téléspectateurs.

A.M Effectivement, ce qui est le plus compliqué en réalité, c’est ce qui se passe sur le moment. Bien sûr qu’on a bossé comme des dingues en amont, qu’on sera les plus grands spécialistes au monde du programme de chacun. En revanche, il y a une chose qu’on ne peut pas anticiper, c’est la manière dont ça va se passer entre eux. Il y a beaucoup de contraintes pour un débat comme celui-là. Ils sont huit, cela veut dire qu’ils doivent avoir le même temps de parole. C’est une règle qui garantit la démocratie. Mais il faut qu’ils puissent se parler pour que le débat ne soit pas juste un catalogue. J’estime que notre rôle, c’est de lancer le ballon puis que les joueurs se le passent. Et s’ils ne le font pas, on va le chercher et le relancer. Un débat vraiment réussi, c’est quand on n’a même pas besoin de reprendre le ballon, que ça joue et qu’on soit éventuellement là pour faire les arbitres et distribuer les cartons jaunes.

"À la fin, il n’en restera qu’un"

Comment se prépare-t-on à gérer les éventuels éclats ou dérapages ?

M.S La grande difficulté, c’est de laisser vivre ce qui relève du débat politique et être capable de distinguer ce qui sort du débat politique : l’insulte, le mensonge, le brouhaha… Il faut que la décision, nous la prenions en une fraction de seconde.

A.M Il ne faut jamais oublier qu’on fait cette émission pour les téléspectateurs donc les électeurs. Il ne faut pas qu’ils se sentent exclus du débat.

Sentez-vous un intérêt différent des Français pour ces élections européennes ?

M.S Oui. Je pense déjà que l’exercice du débat, plaît aux téléspectateurs. C’est rendez-vous, un moment de vérité, où pendant deux heures et demie, vous enfermez huit personnes dans une pièce, et à la fin, il n’en restera qu’un. J’exagère un peu, mais c’est peu ça. Et je pense que, plus que jamais, on s’est rendu compte à quel point l’Europe avait un impact sur nos vies. La guerre en Ukraine, la vaccination contre le Covid, les plans d’aide post-confinements ou au moment de l’inflation…L’Europe est partout en réalité. Les Français, plus qu’avant, l’ont compris.

Européennes 2024, le débat : lundi 27 mai à 21h00 sur BFMTV

Par
Amandine Scherer