« Ce tournage m’a beaucoup éprouvé » : Olivier Delacroix se confie sur le nouveau numéro de « Dans les yeux d’Olivier »

Publié le 20 février 2023 à 9:38
NATHALIE GUYON-FTV
A l’occasion de la diffusion, ce lundi 20 février, d’un nouvel épisode de "Dans les yeux d'Olivier", consacré aux troubles psychiques, Olivier Delacroix a accepté d’évoquer avec Télé 7 Jours cette thématique et son émission.

Pourquoi avez-vous choisi de parler du sujet des troubles psychiques, dans le numéro de ce lundi 20 février ?

Je trouve qu’on entend trop peu parler des troubles psychiques. Ça reste quelque chose de tabou en France. La parole des personnes qui souffrent de ce type de maladies est encore trop rare alors que malheureusement cela touche beaucoup de monde. Nous avons tous des personnes dans notre entourage qui sont touchées par des troubles psychiques, notamment la bipolarité. Les personnes qui vivent cette vie-là ont un énorme courage et j’admire beaucoup ceux qui osent raconter ce genre de choses. L’émotion était vraiment particulière durant ce tournage.

Pendant longtemps, on ne parlait pas des maladies mentales. Mais depuis quelques années, des célébrités comme Gringe, qui apparaît dans l’émission, ou le Prince Harry, n’hésitent pas à évoquer librement cette thématique. C’est une bonne chose, selon vous ?

Oui bien sûr. Pourquoi la parole qui concerne ces troubles psychiques devrait-elle rester taboue ? Tout ce qui peut mettre en lumière et permettre de mieux comprendre les personnes qui souffrent est bénéfique. La maladie psy fait encore peur et cela contribue à mettre les personnes souffrantes en marge de la société

Une des témoins, Alix, qui souffre de bipolarité, explique que le sujet des troubles psychiques est aussi tabou car il est synonyme de faiblesse. Mais pour elle, "on n’est jamais faible lorsqu’on parle de sa souffrance". Vous partagez son point de vue ?

Alix est une force de la nature. Elle a bien évidemment compris combien il était important de parler de sa maladie, de la faire partager pour être perçue telle qu’elle était. Si vous croisez Alix et que vous ne savez pas qu’elle souffre de bipolarité, vous allez peut-être être moins patient avec elle, vous allez la trouver exaltée. Alors que si vous connaissez la nature de ce dont elle souffre, que vous acceptez qu’elle vous en parle, cela change tout.

Avec les descriptions des maladies qui sont faites dans l’émission, on se dit que de nombreuses personnes souffrent probablement de troubles psychiques sans le savoir… Selon vous, qu’est qu’un diagnostic pourrait changer dans leur quotidien ?

Le diagnostic, lorsqu’il est posé, aide déjà à une compréhension de son comportement. On finit par analyser pourquoi on est comme on est. Il a la vertu d’expliquer les choses. De mettre en lumière nos manières d’agir et de réagir. Cela fait quatre ans que je fais la libre antenne d’Europe 1 et j’ai souvent recueilli le témoignage de personnes qui souffraient de bipolarité et qui ne le savaient pas. Connaissant bien ce trouble pour avoir des personnes dans ma famille qui ont été diagnostiquées, notamment un cousin qui m’est très cher, j’identifie assez bien les symptômes. La médecine est assez performante sur le trouble bipolaire, les régulateurs d’humeurs rendent leur vie à ces patients et leur permet d’être stabilisés. Le diagnostic donne accès à un traitement.

Ce numéro s’attarde aussi beaucoup sur le regard des proches sur la maladie. C’est sans doute, contrairement aux problèmes physiques, quelque chose que l’on partage malgré soi avec les siens ?

Complétement. Je peux vous dire que c’est une angoisse de tous les jours pour les proches. Tant qu’il n’y a pas de diagnostic, de stabilité, des médicaments régulateurs, cela peut-être très compliqué. Quand le trouble s’emballe, c’est le gouffre, l’abîme pour les familles car elles n’ont aucune emprise sur celui qui souffre.

Quel est le tournage qui vous a le plus marqué cette saison, et pourquoi ?

C’est celui-là. Il m’a beaucoup éprouvé. Quand j’ai tourné avec eux, j’ai toujours ressenti que ces formidables témoins, que sont Alix, Rémi, Stéphanie et Guillaume, souffriraient à vie de tout ça. Quelque part, j’ai du mal à accepter cette sorte de défaite, même si ce n’est pas une défaite de les entendre témoigner, de voir le courage qu’ils déploient et les résultats. Recueillir la parole lumineuse de ces personnes, mais avoir en arrière-plan la possibilité de la rechute, c’est une sensation qui ne m’a pas quitté.

Avez-vous des projets de sujets pour la prochaine saison ? Des thèmes que vous aimeriez aborder ?

Il y beaucoup de sujets vers lesquels j’aimerais me diriger. J’ai peu exploré la mort, l’amour, la famille, le couple. Rencontrer l’autre, aimer l’autre, c’est quelque chose d’immense. Je ne suis pas allé sur ces terrains-là. J’espère que j’aurai les moyens et le temps de le faire.

Dans les yeux d’Olivier, Troubles psychiques : leur combat au quotidien : Lundi 20 février à 20h55 sur France 2

L.C

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