Exercer un sport à haut niveau, c’est vivre pour sa discipline et se soumettre dès le plus jeune âge à une forte pression. Cet univers de compétition peut conduire à des situations difficiles, à des abus de faiblesse, mais aussi à des violences psychologiques, physiques ou sexuelles. Quatre sportifs évoquent leurs blessures et leurs failles…
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Marion Sicot, 30 ans, a le cyclisme dans la peau. En 2018, elle signe un contrat pro dans une équipe belge. Mais sous prétexte de l’aider à perdre du poids pour être plus performante, son directeur sportif lui demande de lui fournir des photos d’elle, dénudée. "T’es grosse, bonne à rien, me répétait-il. L’estime de soi n’était déjà pas bien grande, là, ça a été la chute libre." L’Orléanaise veut à tout prix obtenir un podium aux Championnats de France 2019 pour, pense-t-elle, sortir de ce cauchemar. "En quelques clics, je me retrouve à acheter de l’EPO sur Internet." Contrôlée positive, elle est suspendue jusqu’en 2024.
Après avoir songé au suicide, elle libère sa parole et porte plainte contre son bourreau, pour harcèlement sexuel, puis moral. "Moi, j’ai payé. Mais il fallait que lui aussi." Aujourd’hui, elle se reconstruit en coachant des adultes et des enfants, avec l’idée de recourir, sainement et sereinement : "La flamme de la compétition m’animera tout au long de ma vie."
Dans les yeux d’Olivier : lundi 30 janvier à 22h55 sur France 2
Frédéric Lohézic