Camille Chamoux évoque son émission Chamouxland (Canal+) : »Le tout s’articule autour d’une enquêtrice, baptisée Élise Lucide… »

Publié le 3 juillet 2024 à 10:13
© Rémy Grandroques/Black Dynamite/CANAL+
INTERVIEW. Bienvenue dans le monde de Camille Chamoux, à qui Canal+ a donné carte blanche. Elle démonte les idées reçues sur l’humour féminin

Comment est né le concept de cette soirée ? 

Camille Chamoux : L’an dernier, un producteur m’a dit : « Mais pourquoi tu ne fais pas un “truc de filles” avec tes “copines filles” et votre “humour de filles” pour raconter des “histoires de filles” ? » J’ai trouvé ça marrant que l’humour soit genré, et j’ai eu envie de prendre ce constat à rebours. Avec Camille Moulonguet et Lison Daniel, nous avons écrit vingt sketchs et situations emblématiques dans lesquelles on peut retrouver les femmes d’aujourd’hui, que ce soit dans leurs relations amicales, amoureuses, professionnelles, etc. Le tout s’articule autour d’une enquêtrice, baptisée Élise Lucide, qui va démonter les clichés sur l’humour féminin. 

Camille Cottin, Blanche Gardin, Melha Bedia, Claudia Tagbo, Franck Gastambide, Jérôme Niel… Le casting est incroyable. Comment avez-vous fait pour réunir tous ces talents ? 

Ce sont des personnes dont j’admire le travail et que j’ai croisées tout au long de ma carrière. Par exemple, la soirée s’ouvre avec Audrey Fleurot, que je connais depuis Les Gazelles, mon premier film, de Mona Achache, sorti en 2014 au cinéma. Elle avait accepté le rôle alors qu’elle ne me connaissait pas et qu’elle avait le vent en poupe après Intouchables. Le fait qu’elle m’ait dit « oui » avait validé le projet, et je n’ai jamais oublié ça. Il n’y a que Nawell Madani que je ne connaissais pas, mais avec qui je rêvais de collaborer. Pour moi, elle a créé une zone d’humour inédite, tout comme Olivia Côte, à qui j’ai laissé carte blanche le temps d’un sketch. Ne ratez pas non plus la séquence avec Laure Calamy, qui a ajouté sa patte au rap qu’elle y déclame. 

Toutes ces personnalités sont sursollicitées. Comment ont-elles trouvé du temps dans leurs plannings ? 

Tous les artistes présents sont de grands enthousiastes, et l’enthousiasme est la qualité que j’apprécie le plus. Et elle irrigue souvent le coeur que les gens mettent dans les choses. L’idée leur a plu, les textes aussi, et la liberté qu’on leur a laissée a fini de les séduire. Et il n’y a pas de problème d’ego quand on donne aux gens la possibilité d’être libre. 

Quelle personnalité êtes-vous fière d’avoir fait venir ? 

La présence de Clémentine Célarié, que j’ai rencontrée grâce à la série Les Randonneuses (TF1), est un honneur. Cette femme « rescapée » de tout, et pas seulement du cancer dont elle a souffert. Lors du premier Sidaction, en 1994, elle avait embrassé en direct un séropositif. C’est une immense actrice qui, pendant des années, a été mise de côté et réduite à ce geste politique. Aujourd’hui, elle revient en force, et j’en suis heureuse. 

Qu’aimeriez-vous que les téléspectateurs gardent de cette soirée spéciale ? 

Du rire ! Comme je le dis souvent : « L’humour est la vaseline de la pensée ! » (Rires) Si on rit, on peut tout entendre, même des propos qui ne vont pas forcément dans votre sens, mais, au moins, le message est passé. 

Prête à remonter sur scène ? 

Je suis en train d’écrire mon prochain spectacle, en effet, ainsi qu’un long-métrage inspiré de Corinne, un des personnages de la soirée, mi-secrétaire mi-agent secret. La création engendre la création. 

Chamouxland, mercredi 3 juillet à 21h10 sur Canal+

Par
Adeline Quittot