Avez-vous tout de suite été séduite par cette histoire ?
Clémentine Célarié : J’ai eu un coup de foudre pour le scénario. J’étais en tournée quand je l’ai lu dans le train, et je l’ai trouvé à la fois drôle et très bien écrit. Pour moi, ce n’est pas une série sur le cancer, mais sur le dépassement de soi. Comme j’ai moi-même souffert de cette maladie, dont je suis aujourd’hui guérie, j’ai trouvé miraculeux de pouvoir retraverser ça dans cette transcendance qu’est la création.
Avez-vous eu ce même coup de coeur pour votre personnage, Noémie ?
J’ai aimé Noémie parce qu’elle a une caractéristique que j’ai retrouvée chez moi : celle de s’être forgé une carapace pour se défendre contre la maladie. Elle est dure, car le cancer peut rendre dure. Comme il faut tout le temps se battre, on fabrique une armure absolument démente. Elle est aussi très attachante, comme toutes les autres héroïnes de la série. C’est très rare d’avoir des choses aussi fortes à jouer, et à vivre.
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En même temps, vous estimez que Noémie ne vous ressemble pas vraiment…
La seule différence, c’est que moi, j’aime les hommes, alors que Noémie a un problème avec eux ! (Rires) Même si je suis très heureuse du mouvement de libération de la parole des femmes, j’estime qu’il ne faut pas fermer la porte aux hommes. Je ne veux pas les mettre tous dans le même panier. Pour certains, ils font de leur mieux. Noémie, elle, est radicale. Mais c’est ça qui est drôle. J’aime qu’elle soit excessive.
Dans votre livre, Les Mots défendus (Albin Michel), vous abordez votre bataille contre le cancer. Vous aviez déclaré : « Ce n’est pas du cancer que je veux parler, mais de ce qu’il a provoqué, du bien qu’il a fait naître. » La série n’est-elle pas dans ce même esprit ?
Si. J’ai rencontré des femmes qui sont devenues des amies. Même si ça fait longtemps que l’on ne s’est pas vues, nous sommes liées à jamais par cette maladie. Quand on en guérit, on en ressort grandies, sans jamais pouvoir s’en débarrasser complètement. Ça, je l’ai découvert après. C’est pourquoi, plus j’en parlerai, plus je me sentirai bien. C’est la raison pour laquelle mon livre va avoir droit à une adaptation, dans laquelle je vais jouer.
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Une complicité évidente règne avec vos partenaires de jeu…
J’ai rencontré cinq femmes extrêmement généreuses, et il y avait énormément de bienveillance et d’humilité sur le tournage. On s’est toutes mises, inconsciemment, au service de cette cause qu’est le combat contre le cancer, comme si on le traversait toutes. Nous ne nous sommes pas bien entendues, nous nous sommes rencontrées.
Avez-vous suivi une préparation physique avant de partir ?
Ayant eu des problèmes d’embolie pulmonaire à cause de mon cancer, j’ai passé des tests médicaux en amont. J’avais une petite appréhension, mais le médecin m’a dit que je pouvais y aller sans problème. Quand on guérit du cancer, il est important de pratiquer un sport, comme la marche. Le tournage est donc tombé à pic.
Les randonneuses, lundi 15 mai à 21h10 sur TF1
INTERVIEW CAMILLE SANSON